Durant la pandémie, N26 a vu son nombre de clients exploser. Au niveau global, elle a gagné 2 millions de clients en 2020. 

Présente depuis quatre ans sur le marché belge, la néobanque N26 commence à prendre ses marques. Elle cumule aujourd’hui plus de 150.000 clients sur notre territoire. La moitié ont des comptes gratuits, les autres ont opté pour des formules payantes.

“La Belgique fait partie des pays où nous sommes aujourd’hui rentables” nous explique Jérémie Rosselli, General Manager de N26 en Belgique. 

L’entreprise allemande, née à Berlin il y a six ans, est parvenue à séduire le grand public avec une offre alléchante. Elle propose des comptes bancaires sans aucun frais, quantité d’avantages exclusifs et surtout, un service en ligne irréprochable. Pas de guichet ni de contact “direct” : tout se fait en ligne. De l’inscription à la vérification de l’identité. En quelques minutes seulement, il est possible d’ouvrir un compte et de commander une carte de débit Mastercard.

Une offre axée sur les jeunes

60% des clients de la banque ont moins de 35 ans. Ils l’ont principalement rejoint de façon organique. “On fait très peu de communication. Tout fonctionne sur base du bouche à oreille” assure Jérémie Rosselli. Mine de rien, cela représente une économie de 200 à 300€ par an pour les petits budgets. Les frais de tenue de comptes bancaires ont explosés ces dernières années. Le fait que N26 ne dispose pas d’un réseau d’agences lui permet de proposer une formule gratuite, qui donne même l’accès à une carte Mastercard moyennant un paiement unique d’une dizaines d’euros. Avec les comptes gratuits, les clients de N26 sont toutefois restreints à trois retraits par mois dans les banques et ne disposent d’aucun avantage particulier. Il s’agit d’un produit d’appel, destiné à séduire de nouveaux clients. La gratuité complète du compte séduit toutefois tout particulièrement les jeunes.

Avec une formule payante, le client a accès à de nombreux avantages, qui vont des retraits illimités à une couverture médicale, une assurance voyage, des sous-comptes pour mieux gérer les dépenses, des offres exclusives sur des boutiques en ligne ou encore une carte personnalisée. La banque en ligne fait évoluer continuellement son offre en ajoutant de nouveaux avantages à ses formules payantes. Le crédit, l’épargne, le partage de factures sont autant de fonctionnalités qui sont actuellement très demandées par sa clientèle et dans lesquelles l’entreprise allemande investit massivement.

Un changement de modèle économique

“Jusqu’à il y a peu, les banques investissaient très peu dans le digital” confirme Jérémie Rosselli. “Aujourd’hui, on les oblige à changer leurs habitudes. Le marché est en train de se transformer. On assiste à l’événement de banques qui ont une envergure mondiale, un véritable changement de modèle économique est en cours.” Maintenir un large parc d’agences n’est plus rentable. Pour le General Manager de N26, une agence sur deux fermera ses portes, à terme. “Rien qu’en France, il y a aujourd’hui plus de 300 banques différentes!”

L’arrivée des nouveaux acteurs a secoué le secteur. N26, Revolut et Monese ont mené la fronde, en misant sur un usage 100% en ligne et une offre gratuite. D’autres acteurs se sont engouffrés dans le secteur, à l’image d’Apple qui propose une carte de crédit à ses clients aux Etats-Unis, ou des plates-formes d’échange de cryptomonnaies, qui proposent aujourd’hui des cartes de crédit basées sur un solde en cryptomonnaies.

Ces nouveaux acteurs pèsent aujourd’hui davantage sur le secteur que les banques locales. Ils ont également une force de frappe beaucoup plus importante. Avec plus de 5 millions de clients en Europe, N26 a désormais la carrure d’un acteur majeur. La banque en ligne consacre la majorité de son budget au développement et à la sécurisation de son application, ce qui lui donne forcément un très gros avantage sur les plus petits acteurs locaux.