Les vidéos auraient été bloquées parce qu’elles contenaient des images de cartes d’identité ce qui est contraire au règlement de la plateforme.

YouTube est sous le feu des critiques depuis que la chaine de l’ONG Atajurt Kazakh Human Rights a été bloquée le 15 juin dernier, rapporte ZDNet. La présence d’images de cartes d’identité dans les différentes vidéos de l’ONG serait la cause de ce « strike ». C’est en tout cas l’une des raisons évoquées par YouTube pour expliquer sa décision.

Éviter le harcèlement

Plusieurs intervenants des différentes vidéos montrent en effet leur carte d’identité pour prouver leur lien avec des Ouïghours disparus dans la région chinoise du Xinjiang. Selon les règles de la plateforme, les vidéos postées ne peuvent contenir d’informations permettant d’identifier des personnes.

« Nous avons des politiques strictes qui interdisent le harcèlement sur YouTube, y compris le doxing », a indiqué un représentant de YouTube au MIT Technology Review. « Nous saluons les efforts responsables visant à documenter les cas importants de droits de l’homme dans le monde. Nous avons également des politiques qui ne permettent pas aux chaines de publier des informations personnellement identifiables, afin de prévenir le harcèlement. »

L’objectif de ce blocage était donc d’éviter tout harcèlement. Une justification qui a du mal à passer auprès de certains, notamment auprès des auteurs de l’ONG Atajurt Kazakh Human Rights. Ces derniers ont d’ailleurs fait appel du blocage et de la suppression de leurs vidéos et plusieurs d’entre elles ont pu être réintégrées.

Si le règlement de YouTube comporte effectivement une section concernant la divulgation de données permettant l’identification d’une personne, il est surtout question d’interdire cela dans le cas où cette divulgation a pour but de nuire à la personne. La politique de la plateforme interdit également de révéler des informations privées sur un individu tiers. Or, ici, ce sont les personnes elles-mêmes qui partagent des informations à leur propos. La justification de YouTube ne tient donc pas totalement la route.

Des accusations diverses et variées

Dans une interview accordée à Reuters, l’un des membres de l’ONG a indiqué que YouTube avait demandé à ce que les cartes d’identité soient floutées. Une demande à laquelle l’ONG n’a pas souhaité se conformer, car cela aurait pu ternir la crédibilité des vidéos. Pour éviter d’autres “strikes” de YouTube, l’ONG a sauvegardé son contenu sur la plateforme vidéo basée sur la blockchain Odysee.

YouTube a par la suite accusé plusieurs vidéos de la chaîne de violation potentielle de sa politique relative aux organisations criminelles. Une accusation difficile à avaler pour l’ONG qui donne justement la parole aux proches des victimes d’organisations que l’on pourrait qualifier de criminelles.

La Chine est en effet accusée de persécuter la population musulmane ouïghoure et d’autres minorités musulmanes dans des camps de “rééducation” situés dans la région de Xinjiang. Ces populations seraient également soumises au travail forcé dans des conditions particulièrement difficiles.

Plusieurs acteurs affiliés aux gouvernements chinois et kazakh se seraient d’ailleurs mobilisés pour signaler les vidéos de l’ONG, affirme le MIT Technology Review.