Financé grâce à une campagne de financement participatif sur Kickstarter, Backbone est un projet de point & click ambitieux sur fonds de polar. La première création du studio EggNut a de quoi séduire, notamment par sa direction artistique.

Backbone nous transporte dans un Vancouver dystopique, au milieu des années 50 et nous fait incarner Howard Lotor, un raton laveur détective privé qui vient d’accepter une nouvelle affaire des plus banales ; un mari se comporte bizarrement depuis un moment, rentrant tard le soir et sentant une odeur étrange. Mais cette affaire à première vue sans intérêt va le mener à enquêter sur une sombre affaire de drogue, de corruption et de pouvoir.

On se laisse assez facilement porter par le scénario du jeu qui – n’ayons pas peur de le dire – emprunte beaucoup de caractéristiques aux romans noirs. Le cadre dans lequel le joueur progresse est sombre et pessimiste, la violence est présente, de même que la corruption, la discrimination entre les races d’animaux et les jeux de pouvoir sont monnaie courante. L’ambiance de Backbone est loin d’être joviale, à l’image de son personnage principal qui se positionne plutôt en antihéros, embarqué dans une quête pour la justice bien malgré lui, mais cette dernière n’en reste pas moins plaisante. Particulièrement réussie, répondant parfaitement aux codes du genre “noir”, l’ambiance est d’ailleurs l’un des points forts du jeu.

Avec son détective privé et ses personnages anthropomorphiques, difficile de ne pas faire le parallèle entre Backbone et la BD Blacksad. La comparaison s’arrête toutefois là.

Le personnage principal, le détective privé Howard Lotor, est un antihéros des plus classiques.

Côté gameplay, on est ici face à un point & click très classique. On se retrouve ainsi à arpenter les rues et bâtiments de la ville pour interroger des personnages, récolter des indices et poursuivre son enquête.

Pour progresser dans cette dernière, il faudra discuter avec le plus d’habitants possible et faire attention aux choix de réponse. Cela peut en effet avoir une incidence sur le déroulement de l’enquête, en partie en tout cas. Car si vous ne répondez pas correctement à un personnage, ce dernier pourrait se braquer et vous envoyer balader, mais reprendre plus tard la conversation vous permettra de changer votre réponse et de poursuivre votre aventure. Les dialogues s’emboitent malgré tout assez bien, de manière organique et surtout humaine.

On regrette cependant que le choix des réponses n’ait pas plus d’impact sur le déroulement du jeu. Bien choisir sa réponse permet simplement d’accélérer la résolution de l’enquête – sachant que cette dernière se boucle en 4 heures seulement –, mais si vous vous impliquez véritablement dans le jeu, on se laisse vite prendre dans l’enquête. Tenter de faire parler un brigand sans se faire repérer, tirer des informations à un badaud du coin ou encore jouer au jeu du chat et de la souris avec des criminels sera grisant.

Backbone propose une aventure principalement narrative, basée sur les dialogues entre les différents personnages.

Il faudra cependant avoir une bonne maitrise de l’anglais pour ne pas faire d’erreur lors des dialogues. Disponible uniquement dans la langue de Shakespeare, Backbone utilise en effet un vocabulaire et des tournures de phrase soutenus qui compliqueront la tâche aux anglophobes.

Le jeu met en tout cas plus l’accent sur le côté narratif que celui de l’énigme. Les puzzles et l’enquête en général sont loin d’être complexes et ne demandent pas une véritable réflexion de la part du joueur qui sera d’ailleurs aidé par des fenêtres contextuelles.

Les décors, détails et jeux de lumière sont particulièrement réussis dans Backbone.

Si Backbone propose une aventure classique, mais tout de même bien ficelée, le jeu dévoile toute son originalité au niveau de sa direction artistique. L’environnement pixel-art dans lequel le joueur progressera est en effet particulièrement beau et travaillé. Le jeune studio EggNut est parvenu à développer une ambiance sombre dans les décors, tout en proposant des touches de lumières et de couleurs très belles.

On a été époustouflé par les détails des décors, mais aussi leur diversité, ainsi que les jeux de lumière. Difficile de ne pas s’arrêter pour admirer la devanture du cinéma ou l’entrée du bar. Backbone propose en effet des effets de lumières dynamiques et des animations particulièrement bien réalisées, notamment au niveau de la pluie ou du brouillard, etc. C’est beau, on en a plein les yeux du début à la fin.

Si le jeu ne propose aucun doublage, les développeurs ont tout de même apporté une attention toute particulière à la bande-son du jeu. On se retrouve ainsi à entendre très régulièrement des musiques de jazz très agréables qui viennent renforcer le contexte des années 50. Les développeurs ont également pris soin de peaufiner les bruitages. On entend la pluie, les passants, les voitures, etc. Malheureusement, ces moments en rue ne sont pas accompagnés de musique ce qui provoque une coupure trop nette avec les passages musicaux. Or, vu qu’on passe beaucoup de temps à arpenter les rues, nos oreilles s’ennuient grandement.

Conclusion 

Première création d’un tout petit studio, Backbone se présente comme un point & click classique dont l’histoire nous est présente sous la forme d’une enquête. Reprenant beaucoup d’éléments aux romans noirs, le jeu propose une ambiance sombre particulièrement soignée qui met plus que jamais en avant certaines thématiques comme la corruption ou la discrimination des races. On se laisse totalement prendre au jeu du chat et de la souris pour mener une enquête qui gagne en intensité et en profondeur. Backbone vaut surtout le détour pour sa direction artistique en pixel art absolument superbe, et son univers atypique. Les développeurs ont porté une attention toute particulière aux décors du jeu ainsi qu’aux jeux de lumière. Le divertissement n’est toutefois pas bien long puisqu’il ne vous faudra pas plus de quatre petites heures pour en voir le bout. A 24,99€, c’est un peu cher l’heure de jeu, mais le titre a le mérite d’être intégré au Gamepass.

Backbone

7.2

Gameplay

6.5/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

8.5/10

Les + :

  • Une direction artistique particulièrement léchée
  • Une ambiance sombre parfaitement maîtrisée
  • Une histoire bien ficelée
  • Une bande-son soignée

Les - :

  • Pas de traduction française
  • Une durée de vie un peu courte (4h)
  • Un prix élevé en dehors du Gamepass (24,99€)