Test – Sports Card Shop Simulator : quand les stickers Panini deviennent une addiction

Gérer une boutique de stickers Panini pendant la Coupe du Monde, ça ne semblait pas être la recette du siècle. Et pourtant, Sports Card Shop Simulator est l’une des petites surprises addictives du moment.

Comme à chaque tournoi international de football, les supporters du monde entier partent à la chasse aux stickers Panini afin de remplir leur album. Le Mondial 2026 ne déroge pas à la règle, avec un album qui, cette année, comporte près de 1 000 stickers à collectionner. La folie des stickers est tellement grande que certains développeurs s’amusent même à vous plonger dans le rôle d’un marchand de vignettes Panini. Bienvenue dans Sports Card Shop Simulator.

Un énième jeu estampillé Simulator me direz-vous. Pourtant, Sports Card Shop Simulator (SCSS) est bien loin de toutes ces autres productions à la qualité plus que discutable. Certes, les moyens sont, ici aussi, limités. On sent que l’on a accès à un jeu développé avec un petit budget. Mais il y a une chose qui fait la différence : la passion des équipes d’Ultimate Game. Les développeurs ont voulu proposer une expérience qui soit la plus proche possible de l’univers du Trading Card Game, et c’est assez réussi.

Vous accumulez des cartes, pouvez les revendre, les authentifier pour leur faire gagner en valeur, mais aussi remplir votre album !

Dès le lancement du jeu nous sommes plongés dans le bain avec un rapide tutoriel faisant office d’introduction. Vous disposez d’un petit établissement (à agrandir par la suite) que vous pouvez aménager comme bon vous semble : présentoirs, étagères, décoration, caisse… Plus vous vendez des packs de stickers, plus vous engrangez de l’argent et de l’expérience qui vous permettent d’agrandir et d’acheter de nouveaux items à vendre au magasin.

Mais au fait, comment vous gagnez de l’argent dans SCSS ? Vous commencez avec un capital de départ qui vous permet d’acheter le premier mobilier et surtout du stock à vendre. Au départ, le magasin semble vide et les objets vendables peu variés. Vous achetez les premiers packs en gros et devez établir un prix de vente à l’unité en tenant compte du prix d’achat et du prix moyen sur le marché. Il faudra alors estimer une marge suffisamment bonne tout en restant dans les limites de l’acceptable. Vous vendrez alors des packs de stickers, mais aussi tout un tas d’accessoires foot pour le parfait petit supporter, comme une réplique de la Coupe du Monde, une écharpe, un maillot et même une vuvuzela. Les premiers packs que vous vendrez, eux, comporteront des cartes basiques. Plus vous avancerez, plus vous aurez accès à des packs spéciaux qui ont plus de probabilité de contenir des stickers spéciaux.

Certaines cartes atteignent des prix démesurés, vous permettant de vraiment faire exploser la boutique, en atteste cette pâle copie de Paolo Maldini.

Mais le pire, alors que l’on sait que c’est purement numérique et qu’il n’y a pas de véritable collection, c’est que l’on se surprend à chercher les stickers les plus rares et à vouloir remplir l’album. Car oui, il y a un album avec toutes les nations de la Coupe du Monde, certes, moins fourni que celui de Panini, mais c’est tout aussi jouissif et plaisant. D’ailleurs, Ultimate Games n’ayant pas les droits de la FIFA et de FIFPro (le syndicat des joueurs professionnels), on se retrouve avec des stickers de noms alternatifs de joueurs, comme à la belle époque de Pro Evolution Soccer. Et plus vous remplirez l’album, plus vous augmenterez le multiplicateur d’expérience. Vous accumulez même des doubles, et pouvez revendre des cartes dans votre boutique selon le prix que vous estimez correct ou juste. Certains cartes peuvent même se revendre à prix d’or après authentification par un expert, avec des prix atteignant plusieurs dizaines de milliers de dollars. Et en franchissant les niveaux, vous aurez donc accès à davantage de contenu. SCSS propose ainsi une mécanique très intelligente, qui oblige le joueur à passer par tous les aspects du jeu pour progresser rapidement.

Et le concept marche. C’est tellement habilement conçu que c’en devient addictif, surtout dans la première dizaine d’heures de jeu. Vous commencez seul dans votre petite boutique et devez réassortir vous-même les rayons tout en gérant la caisse. Puis plus vous progresserez, plus vous pourrez enrichir votre magasin sur base de votre chiffre d’affaires. C’est diablement addictif et plaisant, et on ne s’ennuie pas une seconde. Même quand on recrute le personnel, on passe son temps à aménager le magasin ou l’arrière-boutique, à ouvrir des packs, à passer commande… Et vous pouvez même tenir la caisse, à condition d’être bon en calculs mentaux. Le contenu est déjà conséquent, et les développeurs en promettent davantage dans les mois à venir. On parle notamment de cartes pour les clubs de foot, de l’arrivée d’autres sports voire de la possibilité de vendre des cartes en double. Enfin, une partie marketing destinée à promouvoir la boutique est également annoncée.

Vous vous ennuyez ? Gérez la caisse ou faites du réassort. Et si vous voulez juste ouvrir des packs et commander des stocks, alors laisser faire le personnel.

Mais avec un si petit budget, il y a certaines choses qui sont bien sûr difficilement évitables dans le développement d’un jeu, et notamment l’IA de nos employés. S’il n’y a pas véritablement de problèmes avec l’intelligence des clients, les employés sont, eux, plus capricieux. Vous devez leur assigner des tâches entre le réassort ou la caisse à vos employés qui, plus ils seront performants et rapides dans ces compétences, vous coûteront bien sûr plus cher. Mais on a beau leur assigner très clairement des tâches, les employés n’en font parfois qu’à leur tête, et il n’est pas rare que l’on doive nous-mêmes gérer la caisse alors que c’est l’un ou l’autre qui doit le faire.

Enfin, SCSS pâtit d’une technique assez faiblarde, mais là aussi récurrente dans ces jeux à faible budget. Les animations se résument au strict minimum, les environnements assez vilains et, surtout la bande sonore est terriblement répétitive. Ca casse un poil l’immersion, mais on imagine quand même assez mal un jeu Simulator avec des graphismes ultra réalistes.

Conclusion

Sports Card Shop Simulator est une vraie surprise : un jeu de gestion modeste qui compense ses lacunes techniques par une mécanique bien huilée et une passion communicative pour l’univers du Trading Card Game. L’IA capricieuse des employés, les animations au strict minimum et une bande-son vite épuisante rappellent les contraintes d’un petit budget, mais elles ne parviennent pas à briser l’addiction que le jeu installe dès les premières heures. Pour peu qu’on accepte l’emballage rudimentaire, c’est l’une des bonnes surprises du moment, surtout pour un peu plus d’une dizaine d’euros.

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Sports Card Shop Simulator

Gameplay 7.5/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 5.5/10
Bande Son 5.0/10
Finition 7.0/10
6.3

On aime :

Terriblement addictif

Un contenu assez généreux

Un prix doux

L'envie de les collectionner toutes

Davantage de contenu à venir

On aime moins :

L'IA des employés, catastrophique

Des animations et des graphismes datés

Une OST vite lassante