En 2025, SpaceX aura déployé 12.000 satellites dans l’espace pour couvrir le monde entier.

Le projet Starlink a été annoncé par la société aérospatiale d’Elon Musk SpaceX en 2015. Le but : offrir un service internet à haut débit par satellite abordable sur l’entièreté du globe. Les cibles sont surtout les zones moins densément peuplées, qui ne bénéficient pas de réseau ADSL ou de fibre optique.

L’internet par satellite 2.0

Les services internet par satellite existent déjà depuis plusieurs années, mais ils sont coûteux et peu performants comparés au réseau internet classique. Starlink entend donc se démarquer en offrant une vitesse de connexion rapide rivalisant avec les services terrestres de bonne qualité – de 50 à 150 Mbps – et en réduisant la latence considérablement. On parle de 20 à 40 millisecondes contre 600 millisecondes pour le satellite classique. En effet, ce dernier a tendance à avoir une latence trop élevée pour les usages modernes tels que les visioconférences ou bien les jeux en ligne.

Pour ce faire, la firme spatiale a prévu de déployer 12 000 petits satellites autour de la terre d’ici 2025, en « constellation ». Il y en a actuellement 1500 en orbite et SpaceX en envoie environ 60 par mois avec sa fusée Falcon 9. La firme ne s’arrêtera pas là, car elle a demandé l’autorisation à la FCC (Commission Fédérale des Communications américaine) d’en lancer jusqu’à 42 000. Ce nombre élevé de satellites provient du fait que ces derniers sont amovibles et déployés à basse altitude, entre 160 et 2000 km de la Terre, tandis que les satellites classiques géostationnaires résident à plus de 36 000 km de haut.

Disponible partout ?

Il y a quelques mois, le service d’Elon Musk était déjà disponible pour une dizaine de milliers d’utilisateurs aux États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et Mexique en version beta. Starlink fonctionne quasi n’importe où, à condition de posséder une antenne dédiée, et un routeur. Actuellement Starlink a annoncé son déploiement dans d’autres pays, et plus de 500 000 individus ont déjà passé commande ou versé un acompte pour recevoir le service de par le monde.

Plusieurs pays européens peuvent dorénavant également bénéficier du services de Starlink, c’est le cas de la France et plus récemment de la Belgique. Théoriquement, le service va permettre aux habitants ne bénéficiant pas d’une couverture ADSL ou 4G stable dans leur zone géographique de recevoir une connexion haut débit.

Plusieurs zones du sud et de l’ouest de la Belgique ne bénéficient pas encore d’une connexion ADSL de qualité (crédit : IBPT)

Il est cependant peu probable que Starlink concurrence si facilement les opérateurs belges, car il aura un certain coût : 499€ pour le kit d’installation DIY, comprenant la parabole, le routeur et tout ce qu’il faut pour se connecter. À cela s’ajoute les frais de port s’élevant à 59€. Il faudra ensuite payer 114€ d’abonnement par mois, du moins pour la beta. Cela peut paraître cher à l’échelle belge, mais reste concurrentiel dans certains pays où des populations n’ont pas accès aux connexions internet terrestres moins onéreuses.

Un projet controversé

Le projet a vivement été critiqué dans le domaine de l’astronomie, accusant Starlink de provoquer de la pollution visuelle. Les satellites étant déployés à une altitude relativement basse, les chercheurs craignent que la brillance du revêtement de ces derniers ne vienne gêner l’observation du ciel. Starlink a tout de même tenté de calmer les esprits en lançant des satellites au revêtement plus sombre pour éviter les nuisances. Mais, certains experts sont également préoccupés par la masse de débris spatiaux qu’un tel dispositif va engendrer. En effet, rien que pour la première fournée de satellites lâchés en orbite en 2019 – au nombre de 60 -, 10% d’entre eux étaient en panne.

Starlink n’est cependant pas le seul projet à vouloir couvrir le monde entier d’internet satellitaire rapide à basse altitude orbitale. Si le projet reste le plus avancé à l’heure actuelle, il est en lice avec le projet de constellation Kuiper d’Amazon et de OneWeb qui ambitionnent également de lancer des dizaines de milliers de petits satellites pour concurrencer Starlink dans le domaine.