Test – Hood Outlaws and Legends : bienvenue dans la forêt de Sherwood

S’il n’a pas beaucoup fait parler de lui depuis son annonce, le nouveau jeu de Sumo Digital est pourtant un projet plutôt ambitieux pour le studio britannique. 

S’ils collaborent la plupart du temps avec de gros éditeurs sur des projets qui leur sont confiés, à l’image de Little Big Planet 3, Sackboy ou Crackdown 3, les Britanniques du studio Sumo Digital nous livrent également occasionnellement des productions qui leur sont propres. Hood: Outlwas & Legends est toutefois probablement leur projet “maison” le plus ambitieux à ce jour.

Le contexte de Hood: Outlaws & Legends prend part dans un univers connu de bon nombre d’entre nous. Avec 4 personnages principaux, à savoir Marianne, Robin, John et Tooke, Hood s’inspire très ouvertement de l’histoire de Robin des Bois. Dans ce jeu, vous allez devoir infiltrer des forteresses protégées par un terrifiant Sheriff. Celui-ci y stocke, précieusement gardé, un coffre rempli de pièces d’or qui fait l’objet de vos convoitises et que vous allez tenter, par tous les moyens possibles, de dérober pour en redistribuer le contenant.

Deux approches sont possibles dans la prise du butin : la furtivité ou l’attaque frontale.

Pour parvenir à vos fins et récupérer ledit coffre, vous allez devoir travailler en équipe avec vos 3 coéquipiers face à 4 individus ayant le même objectif que vous. Si la plupart des ennemis que vous rencontrerez dans le jeu sont gérés par l’IA, il faut savoir que votre équipe n’opère pas seule. Une autre équipe de brigands conduit le même objectif que vous et tentera de récupérer le butin avant vous. Il faudra être rapide et surtout protéger continuellement ses arrières. Pour ce faire, la mission se divise en trois étapes que vous rencontrerez à chaque partie : récupérer la clé du shérif, trouver et ouvrir la chambre forte cachant le coffre pour enfin extraire celui-ci au moyen d’une course contre la montre frénétique et l’emmener vers le lieu d’extraction. C’est là que tout se jouera puisqu’il faudra extraire le butin progressivement, ce qui forcera deux joueurs de l’équipe à se consacrer entièrement à cette tâche, tandis que deux autres joueurs devront les protéger de l’équipe adverse qui tentera de les éliminer. La confrontation est alors impossible à éviter et il n’est pas rare de voir plusieurs retournements de situation.

Le jeu est donc découpé en deux phases principales, avec de l’infiltration en PvE et de l’action en PvP en fin de partie. Dans la première séquence de jeu, il faudra agir silencieusement en équipe : éliminer les gardes, observer les rondes, avancer furtivement, avant de dérober la clé au shérif, puis récupérer le butin dans le coffre fort, avant de fuir jusqu’au lieu d’extraction. Les dangers sont multiples. Si les gardes gérés par l’IA ne sont pas excessivement dangereux, ils peuvent représenter une menace en nombre. Le shérif, qui rôde constamment, est également capable d’éliminer un joueur d’un seul coup… Il faudra donc sans cesse s’en méfier. L’équipe adverse est votre principal adversaire dans le jeu. Et à ce titre, on peut dire que si la partie n’est pas équilibrée, cela peut vite tourner au désastre pour l’une des deux équipes. Tout le principe du jeu repose sur la complémentarité des personnages et la coopération entre les joueurs.

Au niveau du casting, on retrouve quatre personnages. Chaque personnage dispose de ses propres caractéristiques et se joue différemment. Robin et Marianne privilégient la discrétion, tandis que Tooke et John font office de gros bras et rentrent immédiatement dans le feu de l’action. On regrettera toutefois que les deux premiers protagonistes, à savoir Marianne et Robin, ne soient plus très utiles une fois l’alarme déclenchée. En effet, les attaques à distance de Robin ne sont guère utiles face aux hordes d’ennemis tandis que Marianne ne sait absolument pas se battre ni au corps à corps ni à distance.

De leur côté, Tooke (Frère Tuck) et John (Petit Jean) se révèlent quasiment indispensables pour chaque partie. Le premier fait office de guérisseur et se montrera fort utile lorsque les membres de l’équipe seront au bord de la mort. Son style de combat, à mi-distance, est également très important lorsque vous serez submergé par l’ennemi. De son côté, John est celui qui soulève les herses pour faire passer ses alliés et massacre ses ennemis à grands coups de masse. Globalement, on pourra reprocher au jeu de ne pas être très équilibré. A distance, Robin fait un massacre, mais son espérance de vie une fois en combat rapproché est proche de zéro. Les contrôles du jeu posent également problème, notamment avec John, qui n’est pas très évident à contrôler.

L’unique mission du titre amène forcément une répétitivité lassante.

Chaque personnage peut également customisé selon ses envies dans le hub central. On aurait toutefois souhaité que ces personnalisations aient plus d’impact sur le gameplay. En effet, les modifications sont purement cosmétiques, seuls les skills à débloquer modifient sensiblement le gameplay. Le gain de niveaux semble alors assez futile, lorsque l’on sait qu’il faut monter de niveau pour obtenir telle ou telle nouvelle apparence d’arme ou de personnage.

Cela nous permet d’ailleurs d’enchaîner sur le contenu du titre, qui est, à notre humble avis, bien trop faiblard. Comme exposé plus haut, vous n’aurez le choix d’incarner que 4 personnages, et ce, au sein de 6 environnements différents. Si ceux-ci sont extrêmement bien travaillés et héritent d’un level design aux petits oignons, mais ils manquent de diversité et une fois connus, on sait précisément où se rendre et comment agir. Car oui, il n’y a dans Hood, aucune diversité au niveau de l’action. Le principe restera le même à chaque partie  et il n’existe malheureusement pas de mode de jeu alternatif. Comptez 6 à 8 heures environ pour faire le tour du propriétaire.

Les 6 niveaux sont tous plus réussis les uns que les autres.

Si le contenu du jeu est léger à la sa sortie, les développeurs promettent de nombreux ajouts ultérieurs. Une nouvelle carte et un nouveau personnage devraient bientôt être ajoutés – gratuitement – au casting. Un pass saisonnier donnera quant à lui accès à de nouveaux éléments cosmétiques. On aurait toutefois clairement pu en attendre plus d’un jeu vendu 29.99€ à sa sortie.

Qui dit jeu multijoueur, dit communauté. Et force est de constater qu’à la sortie du jeu, celle-ci n’est pas très étoffée. La bonne nouvelle, c’est que le jeu est cross-platform, ce qui signifie qu’on retrouve une seule et unique communauté. L’attente entre chaque partie n’est donc pas bien longue. Ceci étant dit, tout le succès du jeu reposera sur le suivi des développeurs et de sa communauté.

Techniquement, le titre peut se targuer d’être très réussi. Les détails des environnements et les effets de lumière sont bien mis en valeur dans des univers d’une rare qualité. Si ceux-ci ne sont qu’au nombre de 6, chacun dispose malgré tout de sa propre structure et d’un level design souvent varié et propre à chacun. Il s’agit là d’une jolie réussite pour Hood, qui nous propose des environnements librement inspirés du folklore britannique.

Le titre est très réussi visuellement.

On reprochera tout de même aux équipes britanniques de Sumo Newcastle de ne pas avoir poussé les tests d’assurance qualité au maximum. Ainsi, au lancement d’un niveau, on voit apparaître au compte-goutte certaines textures et éléments d’environnement, comme si la carte n’était pas pleinement chargée. De plus, certaines chutes de framerate sont à déplorer, en tout cas sur notre version Series S du titre.

L’animation des différents personnages n’est, pour sa part, pas très glorieuse non plus. Que ce soit en course, lorsque le “soldat” grimpe à une échelle ou en combat, l’animation des unités est bien trop hasardeuse et peu réaliste, avec parfois des positions fort surprenantes. Le constat est le même pour le ragdoll des soldats tués, qui partent vite dans tous les sens sans raison apparente après un combat perdu.

Conclusion

Truffé de bonnes idées, Hood: Outlaws & Legends est un curieux jeu d’infiltration coopératif dans lequel le joueur et trois de ses camarades doivent tenter de subtiliser un coffre rempli de pièces à un shériff sans se faire détecter. La particularité du jeu vient du fait qu’une seconde équipe, également conduite par des joueurs, a précisément le même objectif que la première et que les deux équipes seront donc amenées à s’affronter. Le concept est séduisant, mais la formule peine à convaincre sur la durée, la faute à la répétitivité de l’action et à un manque de contenu à la sortie. On ne dénombre actuellement que 6 cartes et un seul mode de jeu en tout et pour tout. Les développeurs ont toutefois déjà promis de nombreux ajouts ultérieurs… Côté gameplay, le titre séduit, avec des séquences d’infiltration qui forcent les joueurs d’une même équipe à se synchroniser face à l’IA ou à l’équipe adverse. Les commandes manquent toutefois de précision et certains affrontements peuvent vite devenir très frustrants, faute d’équilibre entre les classes. Si Hood: Outlaws & Legends est donc un jeu plutôt divertissant entre amis, et vraiment pas déplaisant à jouer, il peine également à convaincre complètement dans sa forme actuelle. Le suivi sera ici primordial. A 29,99€, le contenu qui nous est aujourd’hui proposé reste très léger. 

Hood : Outlaws and Legends

Gameplay 6.0/10
Contenu 4.5/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 6.0/10
Finition 6.5/10
6.1

On aime :

Des environnements très réussis

Fun entre amis

Assez réussi visuellement

De multiples approches possibles

La promesse de nouveaux contenus gratuits

On aime moins :

Un manque criant de contenu à la sortie

La finition peine à convaincre : bugs, ragdoll, animations

Un seul mode de jeu

Un gameplay mal équilibré