Test – Returnal : la mort lui va si bien

Nouvelle création du petit studio finlandais Housemarque, Returnal est l’une des premières véritables exclusivités de la PS5, le titre n’étant pas disponible sur PS4.

Partenaire de longue date de Sony, le petit studio Housemarque avait jusqu’ici planché uniquement sur des petits projets sans grande ambition comme Dead Nation, Super Stardust ou Alien Nation. Housemarque est son premier projet réellement ambitieux. On ne parlera toutefois pas tout à fait d’un jeu triple-A ici mais davantage d’un double AA.

Avant de poursuivre, il est toutefois très important de préciser que si Returnal est dans l’ensemble plutôt un très bon jeu, il ne s’adresse qu’à un public très élitiste compte tenu de sa difficulté mais aussi de son genre. Car Returnal n’est pas un simple jeu d’action, il s’agit d’un rogue-lite, un style de niche qui se destine à une catégorie de joueurs très spécifique. Il y a, en d’autres termes, de fortes chances que vous lâchiez le pad après 1 ou 2h de jeu et une vingtaine d’essais, désabusé. C’est un fait, Returnal fera beaucoup de déçus. Le jeu d’Housemarque se destine à un public de passionnés, des gamers qui n’ont pas peur de passer des heures et des heures à recommencer les mêmes séquences de jeu. Car pour réussir, il vous faudra non seulement de bons réflexes, mais aussi du skill – le jeu se rapprochant d’un Dark Souls dans sa construction – et de la persévérance. En cas de mort ici, c’est retour à la case départ avec tout ce que cela implique : vous perdrez votre équipement, vos armes, vos bonus et vous devez recommencer le niveau de zéro… Le jeu d’Housemarque prend toutefois quelques libertés par rapport au genre. Une fois un boss vaincu, il l’est pour de bon. Dans le même ordre d’idée, il ne faudra pas reparcourir les biomes déjà traversés… Pour autant, ne vous attendez pas à une promenade de santé. Finir chaque biome requiert jusqu’à plusieurs dizaines d’essais, et cela prend du temps. Inutile de foncer vers le boss avec votre armement de base, il faudra récupérer des armes plus puissantes et renforcer son équipement avant d’aller l’affronter…

Les combats sont d’une grande intensité.

Les développeurs du jeu ont brillamment intégré le concept de rogue-lite à leur titre puisque celui-ci est justifié, narrativement. Le joueur est en effet pris dans une boucle temporelle. A chaque mort, retour à la case départ : le crash de son vaisseau sur une planète extra-terrestre. Il ne faut toutefois pas s’attendre à un scénario très riche. Returnal se veut avant out une expérience ludique. L’aspect narratif est très peu travaillé, le charisme du personnage principal frôle d’ailleurs le zéro pointé. Il y avait pourtant matière à créer quelque chose de beaucoup plus ambitieux, vu l’univers très mystérieux du jeu. On notera d’ailleurs que si globalement, le scénario de Returnal déçoit, son univers n’en reste pas moins plein de charme et le joueur aura constamment l’envie de l’explorer davantage… Sans pour autant obtenir de réponses à toutes ses questions.

Comme nous l’avons dit plus haut, chaque mort vous amènera à recommencer depuis zéro… Mais l’univers que vous explorez changera continuellement. Les développeurs ont en effet opté pour une construction procédurale, ce qui signifie qu’à chaque mort, votre environnement change. La “salle” suivante est générée de façon aléatoire, ce qui a tendance à être assez déstabilisant dans la mesure où se souvenir de la construction des niveaux n’a ici aucun sens. Les niveaux étant assez labyrinthiques, il faudra procéder à de nombreux allers-retours, sans jamais trop savoir quel est notre objectif. Assez paradoxalement, les créations sont assez limitées. Passé une dizaine de parties, vous aurez tendance à remarquer que la construction varie finalement assez peu.

Il faudra sans cesse améliorer son équipement pour progresser dans l’aventure.

Returnal parvient toutefois à séduire avec son univers mystérieux, sa jolie direction artistique et son gameplay très nerveux. On est ici face à un fast-TPS, comprenez par là un shooter à la troisième personne extrêmement intense, dans lequel il faudra user et abuser du dash pour éviter ses ennemis, se déplacer sans cesse et faire usage de ses capacités spéciales. Pad en main, le jeu est très fun et beaucoup plus technique qu’on pourrait l’imaginer. Niveau difficulté, le jeu est beaucoup plus accessible qu’un Dark Souls, mais pas forcément plus facile. Les boss sont particulièrement coriaces puisqu’il faudra étudier leurs patterns pour en venir à bout. Après quelques runs, on commence à saisir les spécificités du jeu. Il faut y prendre son temps pour faire évoluer son équipement avant de s’attaquer au boss, ce qui signifie, dans la pratique, que les joueurs qui ont tendance à aller droit au but auront beaucoup de mal avec Returnal. Si vous n’aimez pas la progression par l’échec, mieux vaut s’en tenir éloigné. D’autant plus que Returnal n’intègre aucun système de sauvegarde. Vous devez interrompre votre partie pour faire des courses? Il faudra mettre votre jeu en pause. Inutile d’espérer revenir à votre partie si vous coupez la console…

Le bestiaire est assez varié.

Si vous accrochez au concept du jeu, il y a très clairement de quoi se tenir occupé quelques dizaines d’heures… Le contenu est solide, dommage toutefois que Returnal laisse sur le carreau un grand nombre de joueurs. Ceci étant dit, notre plus gros regret à son égard concerne l’importance du loot dans Returnal. Comme nous l’avons dit plus tôt, inutile d’espérer s’attaquer au boss du niveau en cours sans le bon équipement. Même avec un niveau de skill extrême, le challenge est ardu. La difficulté nous a paru à ce titre assez mal dosée. C’est le genre qui veut ça, mais les joueurs qui n’ont pas beaucoup de patience devraient vite lâcher leur pad, et c’est bien malheureux, car en soi, on a cette curieuse sensation dans Returnal que le choix du rogue-lite est davantage lié à un manque de moyens plutôt qu’à une réelle volonté de produire un jeu de ce genre – comprenez par là que s’il avait été un TPS standard, Returnal n’aurait sans doute pas beaucoup fait parler de lui et se serait fini en ligne droite en une poignée d’heures seulement. Difficile de justifier le prix plein dans de telles conditions.

Côté réalisation, le titre est plutôt joli, sans être toutefois une claque. La direction artistique lui donne un cachet tout particulier. Les décors sont superbes, le design des créatures fantastique, mais les décors sont souvent très vides et l’ensemble manque cruellement de vie. L’optimisation est en revanche au poil : 4K, 60 FPS, Ray-tracing sont au programme. La bande son impressionne également, surtout par ses bruitages et son excellente spatialisation du son, qui exploite la technologie Tempest de Sony. On vous conseille d’ailleurs d’investir dans le casque PS5 officiel pour tirer parti des capacités de cette technologie qui fait réellement la différence en cours de partie puisque vous serez capable de dire instantanément d’où provient un ennemi. Les musiques sont en revanche en retrait.

Conclusion

Avec Returnal, le petit studio finlandais Housemarque signe son titre le plus ambitieux à ce jour. Curieux mélange de shooter et de rogue-lite, Returnal séduit par l’intensité de son gameplay et sa technicité. Les amoureux de Souls-like seront aux anges. Le challenge est là. Ceci étant dit, la difficulté peut se montrer très frustrante dans Returnal, compte tenu de l’orientation du jeu. A chaque mort, retour à la case départ. Le joueur perd son équipement et doit recommencer le niveau depuis zéro… Returnal est très clairement un jeu élitiste qui s’adresse à un public de passionnés. Son concept de boucle temporelle n’est toutefois qu’un justificatif pour cette approche rogue-lite, sans laquelle Returnal n’aurait sans doute pas vraiment brillé. S’il manque le coche sur le plan narratif et se montre très répétitif, Returnal n’en reste pas moins un jeu plein de charme. Par son univers atypique tout d’abord. Echoué sur une planète alien à la faune hostile, le joueur devra tenter de découvrir les mystères de cette boucle temporelle qui le ramène sans cesse au moment du crash de son vaisseau. Mais aussi par son gameplay intense, qui ne laisse aucune place au hasard. Pour progresser, il faudra faire preuve de beaucoup de skill, étudier les déplacements de ses adversaires et sans cesse faire évoluer son équipement. S’il ne s’adresse clairement pas à tout le monde, Returnal n’en reste pas moins une expérience qui mérite le détour. 

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Returnal

Gameplay 7.5/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 7.5/10
Finition 8.5/10
7.5

On aime :

Plutôt joli dans l'ensemble

La technicité et l'intensité des combats

Un gameplay fun et nerveux

Une optimisation au poil (4K, 60fps, Ray Tracing)

Des bruitages d'excellente facture

On aime moins :

La narration minimaliste

Une difficulté rebutante & une progression basée sur l'échec

L'aspect procédural, qui ne fonctionne qu'à moitié

Forcément horriblement répétitif

Un personnage principal sans aucun charme