L’entreprise de Mark Zuckerberg aurait sciemment menti aux annonceurs pour maximiser ses profits.

Facebook est à nouveau au centre d’un scandale. Cette fois-ci, il n’est pas question d’une nouvelle faille de sécurité ni d’une exploitation abusive des données personnelles de ses utilisateurs, mais bien d’un mensonge destiné à maximiser ses profits. Selon plusieurs documents juridiques consultés par le Financial Times, l’entreprise de Mark Zuckerberg aurait en effet délibérément gonflé pendant plusieurs années les estimations d’audience potentielle, afin de rassurer les annonceurs concernant l’efficacité des campagnes de publicité ciblée sur sa plateforme dans le but de maximiser ses profits.

Selon l’un des employés du réseau social, l’audience annoncée par Facebook était tellement haute qui lui était presque impossible à atteindre. L’outil utilisé pour mesurer l’audience des campagnes de publicité ciblée, Potentiel Reach, était mis en cause. « Facebook savait que son Potential Reach était gonflé et trompeur. (…) Facebook savait que le problème était largement causé par des faux comptes et des doublons. (…) Des dirigeants ont empêché des employés de réparer le problème parce qu’ils pensaient que “l’impact sur les revenus (serait) significatif” ».

Le principal intéressé n’a pas tardé à réagir. Le porte-parole de Facebook, Joe Osborne, a ainsi indiqué que l’outil Potentiel Reach ne proposait qu’une simple estimation d’audience pour les annonceurs. « Nous expliquons clairement comment elle est calculée sur notre interface publicitaire. Cet outil de planification de campagne publicitaire n’est jamais utilisé pour facturer les annonceurs », se dédouane l’entreprise américaine.

Ce n’est pourtant pas la première fois que Facebook est accusé de gonfler ses chiffres. Le réseau social avait déjà fait l’objet d’une plainte pour avoir sciemment surestimé le nombre de vidéos visionnées par ses utilisateurs et ainsi poussé les médias et marques à investir dans la production de vidéos.

La révélation de ces documents juridiques intervient à un moment difficile pour Facebook. Le réseau social est en effet engagé dans une guerre contre Apple depuis que ce dernier a annoncé que les applications proposées sur l’App Store devront avertir leurs utilisateurs sur la manière dont elles récoltent des informations à leur sujet en dehors de leur app. Elles devront également permettre aux utilisateurs de refuser d’être suivis ce qui ne plait pas à Facebook.