La rentrée des smartphones : Galaxy S21, Redmi Note 9T et Nokia 8.3 au banc d’essai

En 2020, les ventes de smartphones ont lourdement chuté. Les constructeurs prennent aujourd’hui moins de risques et misent plus que jamais sur l’accessibilité avec des tarifs toujours plus compétitifs. Petit tour d’horizon des nouveautés disponibles au premier trimestre 2021. 

Nokia 8.3 – le raté de Nokia

Si Nokia était joliment revenu dans la course des mobiles il y a quelques années avec ses smartphones Lumia, puis des terminaux Android à la fois élégants et très accessibles, l’entreprise finlandaise semble s’être de nouveau embourbée dans ses vieilles habitudes. C’est bien simple, en trois ans on a l’impression que son portfolio n’a pas évolué. Le Nokia 8.3 en est le parfait exemple. Car s’il s’agit au demeurant d’un smartphone 5G “accessible”, sa fiche technique est malheureusement très loin de coller à son prix, qui frôlait les 700€ au moment de sa commercialisation. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la plupart des sites d’e-commerce le bradent déjà aux alentours des 500€.

Même à ce prix, difficile de craquer pour un appareil au design sans panache et aux performances de milieu de gamme. Sous le capot, on retrouve un processeur Snapdragon 765G, 8 Go de RAM et 128 Go de stockage. Une configuration correcte pour un smartphone à 400€, mais qui l’est beaucoup moins pour un smartphone à presque 700€. A ce prix, il n’est pas rare de croiser des appareils qui embarquent des composants haut de gamme.

Du côté de l’écran, même déception. Pas d’écran OLED mais un simple LCD, plutôt bien configuré, il est vrai, mais qui ne donne pas du tout l’impression de tenir en main un haut de gamme. Le HDR est forcément moins séduisant que sur un écran OLED. Le Nokia 8.3 peut toutefois se vanter de disposer d’un très grand écran de 6,8″. On le sent toutefois, Nokia ne s’est pas foulé dans sa conception. Il faudra par exemple se contenter d’un lecteur d’empreinte digitale sur la tranche et non pas sous l’écran.

Le bilan est également très sombre pour la partie audio, puisqu’on retrouve ici un seul haut-parleur qui a tendance à délivrer de sons stridents. La qualité audio est minimaliste et comparable à celle d’un appareil à moins de 200€.

Côté photo, il ne faut pas s’attendre à des miracles malgré le quadruple-capteur du 8.3. Nokia a opté pour un capteur principal de 64 MP, un second capteur ultra grand angle avec de 12 MP, un capteur de 2 MP pour la profondeur de champ et un capteur Macro de 2 MP. S’ils permettent de prendre des photos de qualité correcte, on n’est jamais bluffé par le résultat. Une fois que la luminosité baisse, la qualité des images a également tendance à chuter de façon drastique… un peu comme sur les flagships d’il y a 4 ou 5 ans.

Tout n’est toutefois pas à jeter dans le 8.3. Son autonomie est solide : le smartphone tiendra sans difficulté une journée à une journée et demie en pleine utilisation. Il doit ces performances à son énorme batterie mais aussi ce qui semble être une très bonne gestion de l’alimentation. Malgré sa fiche technique de milieu de gamme, le 8.3 offre également des performances relativement solides : l’interface est fluide, le smartphone très agréable à utiliser au quotidien. Et puis bien sûr il y a la compatibilité 5G qui est encore loin d’être un standard. Reste qu’à près de 700€, l’addition est atrocement salée pour un appareil qui n’aurait en réalité pas dû être vendu plus de 400€ en magasin. On n’a tout simplement pas le feeling d’un haut de gamme.

Les + :

  • Une bonne autonomie
  • De bonnes performances dans l’ensemble
  • La 5G

Les – :

  • Un écran LCD vieillot
  • Une facture salée pour un milieu de gamme
  • Un design sans personnalité
  • Des performances moyennes en photo
  • La partie audio
  • Très peu d’innovation

Redmi Note 9T – la 5G pour tous

Le géant chinois Xiaomi casse les prix de la 5G avec son Redmi Note 9T, un nouveau modèle de smartphone d’entrée de gamme, qui propose la 5G à un prix plancher. Avec son tarif de 269,90€, le Redmi Note 9T se positionne comme le smartphone 5G le plus accessible du moment. Mais au-delà de cette spécificité, mérite-t-il vraiment le regard?

A ce prix, il ne faudra bien sûr pas s’attendre à de grosses innovations ni à un design particulièrement audacieux. L’appareil dispose d’un design très sobre et se veut avant tout fonctionnel. La coque est en plastique strié, la prise en main très agréable.

Au niveau de l’écran, pas d’OLED bien sûr mais du LCD. Xiaomi a opté pour une dalle extra-large de 6,5″. On a tout de même droit à une résolution Full HD+ à ce prix. L’écran est également plutôt bien calibré, avec un contraste suffisamment élevé pour que l’appareil puisse être utilisé en extérieur.

Niveau performances, il ne faut pas s’attendre à un foudre de guerre en revanche. Le Redmi Note 9T embarque un processeur MediaTek et n’est épaulé que par 4Go de RAM. C’est un peu léger pour le multitâche ou pour le gaming. N’espérez pas jouer à Fortnite ou PUBG en max. Pour Angry Birds ou Hearthstone en revanche, cela ne devrait pas poser de problèmes.

Même constat pour la partie photo. Le Redmi Note 9T hérite d’un triple capteur photo qui s’en sort globalement plutôt bien pour le portait et les paysages lorsque les conditions sont idéales. Il combine un capteur principal de 48 mégapixels à un capteur de profondeur de champ et un capteur macro de 2 mégapixels. Paradoxalement, le 48 mégapixels est complètement sous utilisé ici. Le ton de l’image est plus froid qu’en mode 12 mégapixels et le rendu pas forcément meilleur, il offre juste un recadrage sur les clichés. Dans les environnements mal éclairés, le rendu est nettement moins réussi. Le lissage est également très apparent, comme souvent chez le fabricant.

Le Redmi Note 9T impressionne ne revanche au niveau de son autonomie avec sa batterie de 5.000mAh, capable de tenir sans difficulté 1 à 2 journées complètes. Il est livré avec un chargeur “semi-rapide” de 18W, plutôt une jolie fonctionnalité pour un appareil d’entrée de gamme.

Son véritable faire-valoir reste toutefois sa compatibilité avec les réseaux 5G qui lui garantit un futur bullet-proof. A moins de 300€, vous ne trouverez pas de smartphone 5G plus efficace. Reste que pour quelques dizaines d’euros de plus, on trouve de très bons smartphones qui ont beaucoup plus à offrir niveau fonctionnalités.

Les + :

  • Un prix très compétitif : 269,9€
  • Un écran LCD bien calibré et lumineux
  • La charge 18W
  • Une très bonne autonomie
  • La 5G

Les – :

  • Un design très neutre
  • Des performances moyennes
  • La partie photo, qui a du mal à convaincre

Galaxy S21 – un pas en arrière

 

Avec son Galaxy S21, Samsung fait preuve d’une incroyable audace : il nous livre un smartphone qui est pratiquement la réplique de son ancêtre, se contentant principalement de changer le processeur et le look de son modèle. S’il est 50€ moins cher que le S20 au moment de sa sortie, le S21 est privé de port microSD, n’est plus livré avec un chargeur et voit certaines de ses performances régresser avec seulement 8 Go de RAM sous le capot (au lieu de 12) et une résolution d’image inférieure. La crise du covid a certes lourdement impacté l’industrie du mobile, mais on ne s’attendait clairement pas à ce que cela puisse autant impacter le consommateur.

Alors oui, l’addition est un peu moins salée, mais si le smartphone est moins cher, il faudra encore acheter un chargeur rapide officiel et surtout, au niveau des composants, Samsung rogne un maximum pour rendre son offre plus intéressante. Pas sûr que le consommateur en sorte gagnant…

En soi, le S21 reste toutefois un bon smartphone. Côté look, Samsung lui offre un joli lifting avec un design plus moderne et coloré que son ancêtre. Les performances restent globalement les mêmes qu’avec le S20, sauf pour ce qui est du processeur, qui a droit à un joli upgrade. L’ennui, c’est que pour l’instant, tous les jeux ne sont pas encore optimisés pour cette plate-forme et vous risquez donc d’avoir de mauvaises surprises sur certains titres.

Côté écran, le S21 dispose – malgré une perte de résolution – de l’un des plus beaux écrans du marché. Samsung a opté pour une taille de 6,2″ plutôt modeste. L’appareil tient bien en main et offre un joli confort d’utilisation avec ses 120 Hz. Le tout est très fluide, mais la résolution passe tout de même de 3200×1440 à 2400×1080, ce qui n’est pas joli-joli pour un modèle haut de gamme.

Pour la photo, pas de grosse évolution par rapport au S20. Le S1 fait de jolies photos, mais on est clairement un cran en-dessous d’un P40 Pro ou d’un S21 Ultra. La stabilisation vidéo nous a même paru dans l’ensemble franchement mauvaise. On reste ici sur une combinaison de 3 capteurs de respectivement 12, 64 et 12 mégapixels. L’objectif de 64 mégapixels est utilisé pour le zoom, le dernier pour l’ultra-grand angle.

L’autre grosse déception vient de la recharge qui est limitée à du 25W en filaire, ce qui paraît un peu léger aujourd’hui face à du Oppo, du Huawei ou du OnePlus. Vu le prix de vente du S21, on pouvait clairement en attendre plus au niveau de l’innovation. On notera d’ailleurs que comme Apple, Samsung ne fournit plus non plus de chargeur avec son smartphone. Un élément à prendre en compte pour son budget!

5G et Wifi 6 sont de la partie. Il faudra en revanche se contenter du Bluetooth 5.0 sur ce modèle, le 5.2 n’étant supporté que par ses grands frères.

Pour le reste, pas de grosse surprise à l’horizon, l’interface reste très tape à l’oeil, l’autonomie est décente, sans plus, l’expérience globalement satisfaisante, même si en définitive on n’a pas vraiment l’impression d’en avoir pour son argent. Vu son prix, 849€, il n’y a pas de quoi être émerveillé. L’impression globale que l’on en retire, c’est que le S21 est finalement beaucoup plus proche d’un “flagship killer” de par sa configuration que d’un véritable haut de gamme.

Les + :

  • Le nouveau design est séduisant, même s’il ne plaira pas à tous
  • Un écran de très haute qualité
  • De solides performances en photo
  • 50€ moins cher que son ancêtre

Les – :

  • Plus de chargeur dans la boite
  • Plus de port microSD
  • Des performances au rabais par rapport au S20
  • Presqu’aucune nouveauté hardware ou software
  • Une mauvaise stabilisation vidéo
  • Une régression au niveau de la résolution d’image