Annoncé pour la sortie de la PlayStation 5, Destruction AllStars est finalement arrivé avec trois mois de retard sur la nouvelle console de Sony. L’attente en valait-elle la peine? 

Les vétérans du gaming se souviennent sans doute de titres tels que Vigilante 8, Destruction Derby ou encore de Twisted Metal sortis au début des années 2000. Des jeux vidéo à travers lesquels le joueur se retrouvait dans une arène au volant d’une grosse cylindrée pour un véritable jeu de massacre. Un concept qui est rapidement passé de mode et qui a complètement disparu depuis quelques années. C’était toutefois sans compter sur le studio Ludic Games qui a voulu faire renaitre de ses cendres le genre avec une nouvelle licence. C’est ainsi qu’est né Destruction AllStars. Ce titre édité par Sony Interactive Entertainment propose aux joueurs de prendre les commandes d’un gros bolide et de détruire le plus d’adversaires possible en leur fonçant dessus.

Et c’est d’ailleurs de cette façon que l’on pourrait résumer le jeu dans son intégralité: un bon défouloir. Après avoir choisi son héros parmi un casting de 16 personnages, on se lance dans l’arène. Au fur et à mesure des coups et des chocs que l’on encaisse, le bolide que l’on conduit se dégrade, au même titre d’ailleurs que ceux des adversaires. Fort heureusement, le joueur pourra échapper à la mort et embarquer dans un nouvel engin et reprendre sa mission, si son bolide venait à être mis K.O. Il faudra alors fuir à grandes enjambées la scène du crime et tenter de capturer un autre bolide.

Explosions, chocs, sauts périlleux : ça vole de partout. Et s’il est plutôt jouissif de rentrer à toute vitesse dans la voiture d’un adversaire, le plaisir ne sera que de courte durée. C’est peut-être l’un des gros problèmes du jeu. Destruction AllStars est fun, mais sur de très courtes séquences de jeu.

Le plaisir ressenti lors de la destruction d’un véhicule est particulièrement bref.

Le jeu demandera un certain temps au joueur pour qu’il puisse appréhender les commandes, les temps de réaction de son véhicule – on y reviendra –, mais aussi la compétition sur le terrain. C’est assez fouillis. Les actions que l’on peut réaliser dans le jeu sont en effet un peu brouillonnes. On se retrouve parfois à rater notre cible simplement parce que notre véhicule prend une demi-seconde à réagir à une commande plutôt que par une lenteur de réaction du joueur. C’est assez frustrant.

On a été également déconcerté à plusieurs reprises par l’utilisation du joystick droit qui permet de faire des accélérations vers l’avant ou sur les côtés et ainsi fracasser un ennemi à proximité. Avec une caméra parfois trop lente, on avait tendance à vouloir la recentrer sur l’action et donc à utiliser le joystick droit. Question d’habitude.

D’ailleurs, en parlant de la manette, nul doute que le jeu a été développé pour la PlayStation 5. Destruction AllStars exploite assez bien les spécificités de la manette DualSense. On sent les vibrations lors des chocs avec les autres véhicules, pareil lorsque l’on se déplace avec son personnage. Les gâchettes adaptatives ont également leur place dans l’expérience, c’est plaisant, mais c’est tout.

Le jeu propose des phases à pieds plutôt bien réalisées, mais qui n’apportent pas grand-chose au final.

On donnera tout de même quelques bons points au jeu pour avoir eu l’idée de proposer des phases à pied. En effet, lorsque notre voiture est HS, on peut se déplacer sur la carte – en courant ou en sautant de préférence – pour récupérer divers objets, mais surtout pour embarquer dans un nouveau bolide. Le jeu se transforme alors complètement puisqu’on devient une véritable cible mouvante. On peut ainsi sauter, courir sur les murs ou encore se battre avec d’autres joueurs. On notera tout de même les capacités hors-norme de notre personnage qui peut faire des sauts périlleux pour éviter un bolide. Le concept est amusant mais malgré cette petite innovation, Destruction All Stars manque cruellement de personnalité et ne parvient pas vraiment à renouveler sa formule au fil des parties.

Destruction Al lStars propose 4 modes de jeu jouables en local ou en ligne. Dans les modes MayHem et Grinfall, le joueur affronte l’ensemble des 15 autres joueurs, alors que dans Carnado et Stockpile, il fait partie d’une équipe de 8 joueurs et affronte une équipe. Certains modes sont plus funs que d’autres, mais ils reposent tous sur le même principe : détruite les voitures des conducteurs adversaires. Dans certains modes, des challenges s’ajoutent et offrent un peu de consistance à l’expérience ce qui n’est pas plus mal.

C’est un fait, le jeu manque de substance. S’il est plutôt joli visuellement et offre un très grand nombre d’éléments de personnalisation (skins et emotes) qu’il faudra débloquer en gagnant des points et de l’expérience – ou un dégainant sa carte de crédit – l’expérience de jeu en tant que telle n’est pas franchement renversante. Le jeu propose 4 modes de jeux – ou plutôt 2 tant ils sont similaires -, seulement 3 circuits et trois niveaux de difficulté. S’il est proposé gratuitement durant le mois de février dans le cadre de l’abonnement PlayStation Plus, Destruction AllStars est également vendu 80€ dans le commerce. Un prix particulièrement élevé pour ce qui n’est finalement qu’une petite démo technique… On ne va pas vous le cacher, difficile de vous conseiller l’achat. D’ailleurs, il est peu probable que la communauté du jeu survive des années…

Il y a parfois trop d’informations à l’écran ce qui rend la lecture de l’action difficile.

La direction artistique du jeu peine aussi à séduire. On est submergé de couleurs, mais aussi d’informations – étincelles, pièces de voitures, effets lumineux, etc. –, de sorte que cela devient parfois compliqué de voir ce qu’il se passe à l’écran, surtout avec la vitesse, mais aussi lorsque tous les compétiteurs se retrouvent au même endroit pour se foncer dedans. Si le jeu reste “joli” dans l’ensemble, pas sûr que son style plaira à tous. Esthétiquement, on est loin d’atteindre les capacités de la PS5.

On retrouve le même manque de subtilité au niveau de la bande-son. Dès l’écran titre, nous sommes matraqués de sonorités plus punchy les unes que les autres. Ajoutez à cela les bruits et autres commentaires du présentateur et vous finirez assez rapidement avec la tête comme un sceau. Une chose est sûre, Destruction AllStars ne fait pas dans la subtilité ni dans la finesse.

Conclusion

Rien de surprenant finalement à ce que Destruction AllStars soit offert aux abonnés au PS Plus. Si son concept séduit dès la première partie, le jeu de Lucid Games adopte un format très proche d’un free-to-play avec son contenu minimaliste et son très haut de personnalisation. Au volant d’un bolide motorisé, le joueur doit faire en sorte de détruire le plus de véhicules en roulant à toute vitesse et en réalisant de jolies cascades. C’est fun 5 minutes, mais on en fait très vite le tour. Côté gameplay, le jeu manque cruellement de profondeur. Le contenu est également très léger avec seulement 3 cartes et 4 modes de jeu… très similaires! Inutile de le préciser : difficile de le conseiller au prix auquel il est proposé (80€!) La bonne nouvelle, c’est que le titre est offert aux abonnés PS+ en février. Vous n’avez donc aucune raison de passer à côté, et ce même si ce clone de Vigilante 8 et de Twisted Metal est loin d’être une franche réussite. On lui reconnaîtra toutefois une réalisation soignée et un joli goût du spectacle. Ce qui n’est déjà pas si mal… 

Destruction AllStars

4.9

Gameplay

5.5/10

Contenu

2.0/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

5.0/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • La diversité du casting
  • Bonnes sensations de vitesse

Les - :

  • 4 modes de jeu forts similaires
  • Un contenu très limité (seulement 3 arènes!)
  • Un prix de vente trop élevé (80 €)
  • La nécessité de payer pour la personnalisation des personnages
  • Une lassitude qui s'installe vite