Pour accompagner le lancement de sa nouvelle PlayStation 5, Sony a choisi de faire de la suite de son jeu Spiderman la star de son line-up. Un choix qui n’est en soi pas très surprenant au vu du succès rencontré par le premier volet… 

Parmi les premiers jeux PS5 présentés, Spider-Man: Miles Morales était l’un des titres les plus impressionnants présentés par Sony jusqu’à ce jour et incontestablement un titre majeur du line-up de la PlayStation 5.

Présenté dès son annonce comme un spin-off du premier volet, le jeu nous place dans la peau d’un second Spider-Man, allié de l’incontournable Peter Parker. Le studio Insomniac avait toutefois tenu à rassurer les fans : Spider-Man: Miles Morales ne serait pas une simple extension mais un jeu complet, facturé d’ailleurs au prix plein (59,99€). La réalité est toutefois sensiblement différente. Car si le titre est stand-alone (il ne nécessite pas l’original pour être lancé), son contenu est beaucoup plus léger que celui du jeu originel. Comptez 5 à 6h pour finir l’aventure en ligne droite et jusqu’à 15h pour boucler toutes les missions secondaires. Des missions secondaires qui ne sont malheureusement guère plus passionnantes que dans le premier volet puisqu’il sera question de retrouver des collectibles ou d’empêcher des crimes.

Les combats sont extrêmement intenses.

On ne va pas vous le cacher, au niveau de son contenu, ce second volet ressemble plus à un grosse extension qu’à une véritable suite. Insomniac ne s’est d’ailleurs pas gêné pour recycler le contenu du premier volet. Ne vous attendez pas à de nouveaux environnements dans cette suite, on restera à New-York. Un très fin tapis de neige vient toutefois couvrir les décors du jeu. Si l’aventure n’en reste pas moins plaisante, on ne peut s’empêcher de penser qu’Insomniac s’est contenté du minimum syndical. On dénombre seulement trois boss en tout et pour tout, six ou sept ennemis différents et une quinzaine de missions principales.

La bonne nouvelle, c’est que l’aventure se laisse déguster avec plaisir. La mise en scène du jeu est digne d’une grosse production hollywoodienne et à ce titre parfaitement maîtrisée. Le scénario du jeu nous place dans la peau de Miles Morales, le nouvel allié de Peter Parker, déjà croisé dans le premier jeu Spiderman, qui hérite de certains pouvoirs de Peter, tout en développant ses propres capacités. De ce point de vue là, Miles Morales est une très belle réussite : le personnage se dirige comme Spiderman, mais dispose de pouvoirs électrisants qui ajoutent une nouvelle dimension au gameplay puisqu’il est désormais possible de charger ses coups avant de les porter, pour briser notamment la garde d’un adversaire. Au fil de l’aventure, Miles découvrira également de nouveaux pouvoirs, comme l’invisibilité, qui lui permettra de jouer davantage la carte de l’infiltration, ou l’attaque de zone, qui lui permettra de faire le ménage autour de lui en effectuant une attaque au sol.

Les ennemis manquent clairement de diversité…

Le gameplay du jeu s’inscrit dans la lignée du précédent volet et reste à ce titre la plus belle réussite d’Insomniac. Les séquences de survol de Manhattan sont grisantes, les sensations lors des plongeons de Spidey incroyables, les combats extrêmement dynamiques, nerveux et techniques, et les séquences d’infiltration tout autant réussies. Lors de certaines missions, le joueur aura d’ailleurs le choix de son approche : il pourra opter pour une approche frontale pour des affrontements dantesques ou une approche infiltration, auquel cas il devra éliminer chaque ennemi sans être repéré. Les deux approches ont le mérite d’être aussi fun l’une que l’autre.

Si le jeu est extrêmement scripté et dirigiste dans son scénario, il prend place dans un monde ouverte qui laisse une certaine liberté au joueur mais qui manque cruellement de profondeur. On retrouve là un peu le symptôme d’un Mafia : un jeu à l’univers grandiose malheureusement totalement sous-exploité.

Certaines séquences de jeu sont dignes d’un film à gros budget.

L’open-world de Spider-Man: Miles Morales est plein de vie. Les quartiers de Manhattan sont remplis de passants, des pigeons survolent régulièrement la foule, au loin, on peut apercevoir des avions dans le ciel. Les couchers de soleil couplés au ray-tracing et à la fine couche de neige donnent à la ville une allure de carte postale. C’est beau, très beau même, au point qu’on en vient à se demander pourquoi le studio n’a pas fait plus d’efforts pour exploiter davantage cet univers.

L’intrigue principale du jeu manque d’ailleurs elle aussi cruellement d’ambition, avec un scénario hyper-local, une menace minimaliste et un casting finalement très léger, qui gravite uniquement autour des proches de Miles Morales. Ce dernier se révèle également moins drôle mais également moins charmant que Peter Parker. Rien de très surprenant puisqu’on n’a finalement pas vraiment droit à une véritable introduction au personnage.

Les séquences de jeu les plus impressionnantes sont totalement scriptées.

Autre vilain défaut du jeu : ses combats de boss, non seulement peu nombreux (4 dont une redite) mais pas tous très maîtrisés. La séquence d’intro face à Rhino vous en mettra plein les yeux, mais les autres affrontements de boss manquent cruellement de saveur et de subtilité. De surcroit, on a trop souvent l’impression que ces boss ne sont finalement que des variantes des bidasses qu’on a affronté durant toute l’aventure…

Très clairement, Miles Morales aurait dû être vendu au prix d’une extension – à 20 ou 30€, mais certainement pas 59,99€. L’édition spéciale à 79,99€, qui comprend ce nouvel épisode, le remaster du premier et ses extensions est à l’inverse plutôt une bonne affaire pour ceux qui étaient passés à côté du premier volet. Le remaster du jeu reste minimaliste, mais il a le mérite de rendre le titre légèrement plus joli.

Pour autant, il serait injuste de condamner cette “suite” qui n’a finalement qu’un seul vice : celui d’avoir été présenté comme un jeu à part entière alors qu’il ne s’agit que d’une grosse extension. Spider-Man: Miles Morales reste un très bon jeu d’aventure en open-world, d’une rare fidélité au matériau de base, fun et décomplexé dans sa mise en scène, absolument superbe esthétiquement et très joliment optimisé.

Un très gros travail a été réalisé au niveau de l’immersion.

Certes, le titre est encore loin d’exploiter toutes les capacités de la PS5. Il utilise d’ailleurs le même moteur graphique que son ancêtre, mais les jolis effets visuels apportés par la nouvelle génération de consoles le rendent plus stylé encore. Dommage en revanche qu’il faille choisir entre le Ray-Tracing et le 60 FPS. Sur PS5, les joueurs devront en effet choisir entre un mode Performances et un mode Graphismes. Esthétiquement, le titre est incontestablement une jolie réussite. Il ne faut toutefois pas s’attendre à une claque complète puisqu’il tourne également très bien sur PS4 Pro.

Côté bande son, le résultat est également très satisfaisant avec des doublages français d’excellente facture et des musiques qui supportent parfaitement l’action. La B.O. du jeu n’a peut-être pas le niveau de celle d’un film des Avengers, elle n’en reste pas moins très réussie et immergera parfaitement le joueur au cœur de l’action.

Conclusion

Si Spider-Man: Miles Morales n’est pas la suite de Spider-Man qu’Insomniac Games prétendait préparer, le nouveau jeu des créateurs de Sunset Overdrive n’en reste pas moins un formidable jeu d’aventure, d’une rare intensité. Miles Morales s’inscrit dans la continuité de Spider-Man avec son vaste open-world et ses missions principales admirablement mises en scène. Si le nouveau personnage que l’on incarne manque un peu de charme, ses nouveaux pouvoirs le rendent plus fun encore à jouer que ce bon vieux Spidey. Le jeu d’Insomniac mêle d’ailleurs toujours aussi brillamment combats, infiltration et survol de Manhattan dans un cocktail explosif, qui reste malheureusement de très courte durée. Et c’est bien là que le bas blesse car en ligne droite, le jeu se boucle en 5 heures top chrono. Son scénario n’est pas forcément très excitant, il n’y a pas vraiment de surprise à attendre au niveau de l’univers du jeu et les combats de boss sont non seulement peu nombreux mais également pas forcément très excitants. A 59,99€, l’addition est salée. Mieux vaudra à ce titre opter pour l’Ultimate Edition, qui donnera accès au jeu originel remasterisé et à ses DLC, pour 20€ de plus. 

Spider-Man: Miles Morales

7.3

Gameplay

8.0/10

Contenu

4.5/10

Graphismes

8.5/10

Bande son

8.0/10

Finition

7.5/10

Les + :

  • Miles et ses nouveaux pouvoirs
  • Une mise en scène très soignée
  • Une bande-son de haute volée
  • Une réalisation très solide
  • L'Ultimate Edition, qui comprend le jeu d'origine et ses DLC

Les - :

  • Un scénario qui manque vraiment d'ambition
  • Un personnage peu charismatique et pas très drôle
  • Seulement 3 boss, en tout et pour tout
  • C'est court, très court : 5h en ligne droite, 15h avec les missions secondaires (peu intéressantes)
  • La version de base, beaucoup trop chère au vu du contenu (59,99€)