Suite à la crise sanitaire, 10 millions de Russes supplémentaires se sont tournés vers les plateformes d’e-commerce pour faire leurs achats.

En Europe, Amazon est sans conteste le leader des sites de vente en ligne. Il occupe la première place du classement depuis de nombreuses années, et ce, même s’il n’est pas très populaire dans le plus grand pays du vieux continent, la Russie. Là-bas, c’est Wildberries, la réponse russe à Amazon, qui occupe la première place des sites d’e-commerce et pourtant, il ne détient que 13% du marché. En comparaison, aux États-Unis, Amazon occupe 50% du marché des ventes en ligne. Comment expliquer cette différence ?

De nombreux défis

Si la pandémie de coronavirus a poussé les Russes à se tourner vers les sites d’e-commerce avec +44% de ventes en ligne pour l’année 2020, les habitudes des consommateurs russes ont été jusqu’ici un frein au développement des plateformes de ventes en ligne. Si l’e-commerce connait une véritable explosion depuis plusieurs années, le volume des ventes reste tout de même loin derrière celui de la France par exemple, de l’ordre du tiers en 2017.

Outre les habitudes des consommateurs, la taille du pays a également eu un impact sur le développement du marché de l’e-commerce. Avec ses quelque 17,1 millions de km², la Russie est le pays avec la plus grande superficie au monde. Assurer des livraisons rapides sur l’ensemble du territoire représente un défi… de taille. Cela a d’ailleurs eu un impact important sur les acteurs internationaux qui ont eu du mal à s’adapter à la spécificité du pays. Mais au-delà de la livraison, la population s’est montrée quelque peu réticente au concept de payer à l’avance pour un produit que l’on n’a pas encore entre les mains, comme le soulignent nos confrères de chez BNN Bloomberg.

Beaucoup (trop) de vendeurs

Outre les défis logistiques, la Russie compte également de très nombreux sites de vente en ligne. Trop. Le marché est en effet fortement fragmenté, là où un Amazon ou un AliExpress domine largement sur plusieurs marchés. En Russie, les 4 plus grands sites d’e-commerce – Wildberries, AliExpress, Ozon et Yandex NV – ne représentent qu’un tiers du marché global. Et bien qu’il y ait une tendance vers les sites spécialisés de type Amazon, les magasins traditionnels disposent presque tous de leur boutique de ventes en ligne. La Russie compte donc à elle seule plusieurs milliers de sites de vente en ligne ce qui empêche – pour l’instant – certains de rafler une majeure partie du marché.

Cependant, la crise sanitaire pourrait changer cela. « La concurrence s’intensifie et à l’avenir, deux ou trois domineront », a déclaré Marat Ibragimov, analyste chez Gazprombank.