Parmi les premières exclusivités du catalogue des Xbox Series, The Falconeer est également l’un des premiers titres à nous montrer le potentiel des consoles next-gen. 

Le lancement des Xbox Series se sera fait dans la douleur. Sans aucune exclusivité first-party, Microsoft aura finalement dû se fier à quelques studios indépendants pour venir combler les trous, et notamment au prestigieux développeur indépendant Tomas Sala, qui s’était fait connaître notamment pour son travail sur le mod Moonpath to Elsweyr de Skyrim. L’homme s’était engagé sur le développement d’un shooter aérien ambitieux, qui s’inspirait ouvertement de Crimson Skies et Panzer Dragoon. Un peu plus d’un an après sa première apparition, le voilà enfin entre nos mains.

Esthétiquement, le jeu est une très jolie réussite.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en dépit de son statut de petit jeu indépendant, The Falconeer tire brillamment parti des capacités de la nouvelle console de Microsoft. Le jeu est visuellement bluffant. Outre sa direction artistique superbe, ce sont surtout les très jolis effets visuels qui lui donnent de caractère : la brume, les orages, la mer agitée, les effets de particules dans les nuages, les jolis couchers de soleil… The Falconeer est très clairement une très jolie démo technique pour la console. Alors certes, une grosse partie de l’aire de jeu dans laquelle vous parcourrez ici est immergée, et le monde ouvert de Falconeer n’est finalement pas bien grand, mais il est très difficile de ne pas être impressionné par le travail extraordinaire d’un seul homme.

Avant d’aller plus loin, il convient toutefois de faire les présentations. Car nous ne sommes pas là en face d’un “simple” shooter aérien. The Falconeer lorgne du côté de Crimson Skies pour son gameplay mais nous propose de nous immerger dans un univers atypique, imaginé de toute pièce par le développeur. Direction ici l’Ursée, un univers fictif englouti par les océans, dans lequel quelques alliances tentent de survivre en s’accrochant aux derniers lopins de terre. La piraterie fait part intégrante de ce monde. Et pour affronter les dangers en haute mer, les guildes locales s’en remettent aux falconiers, des guerriers aguerris qui chevauchent de gigantesques rapaces.

Le jeu prend place dans un monde ouvert.

D’entrée de jeu, on est marqué par le travail de conception de ce vaste univers, plein de charme. S’il séduit dès le premier contact, The Falconeer peine en revanche à nous immerger dans son scénario. Pas de cinématiques à l’horizon, des dialogues pauvres et une histoire qui n’est pas franchement passionnante à suivre… Très clairement, il aurait été possible de faire beaucoup mieux au niveau de la narration. On le devine toutefois, le manque de moyens a dû fortement réduire le spectre des possibilités. Il est toutefois vraiment regrettable que l’éditeur du jeu n’ait pas mis plus de moyens dans le projet pour le soutenir car très clairement, The Falconeer présentait un énorme potentiel. On notera d’ailleurs que la narration n’est pas le seul petit défaut du jeu puisque son interface pas très lisible et ses objectifs pas toujours très clairs ne facilitent guère l’immersion les premières heures.

Ceci étant dit, côté gameplay, le jeu s’en sort plutôt bien. Si au premier regard, The Falconeer semble tirer son inspiration d’un Panzer Dragoon, le feeling se rapproche en réalité davantage de celui d’un Crimson Skies ailé. On virevolte dans les airs pour affronter différents groupes d’ennemis. Un lock permet d’accrocher une cible. Le joueur n’est pas ici placé sur un rail puisque le jeu prend place dans un monde ouvert – il faudra aller chercher ses missions soi-même auprès des différentes factions, et puis se rendre à l’emplacement où la mission se déclenchera. La plupart du temps, il s’agira de défendre une position, d’accompagner un tiers ou d’attaquer un groupe d’ennemis. S’il manque de diversité et de grandiose, le titre n’en reste pas moins assez agréable à parcourir.

L’univers du jeu est vraiment plein de charme.

Si l’open world n’est pas très vaste, les mécanismes de jeu sont dans l’ensemble plutôt bien pensés et le titre se révèle même beaucoup plus profond qu’on l’aurait imaginé avec ses mécanismes de RPG. Durant l’aventure, le joueur pourra améliorer son fauconnier et acquérir une multitude d’objets qui simplifieront ou non le périple. Chaque mission bouclée lui rapportera également un certain nombre de crédits qui pourront être dépensés selon sa convenance…

A l’inverse, difficile de ne pas tiquer face à certains mécanismes qui ne fonctionnent tout simplement pas ou se révèlent vite très agaçants. On pense par exemple à la barre d’énergie du faucon. Celle-ci se videra de façon très rapide à chaque accélération. Pour la recharger, il faudra prendre de la hauteur et puis descendre progressivement d’altitude pour la recharger… Et ainsi de suite après chaque accélération… Même topo pour ce qui est des armes, qui se rechargent durant les tempêtes uniquement. Comprenez par là qu’il faudra veiller à se rapprocher des éclairs pour recharger les batteries de son arme, mais pas trop pour éviter une vilaine surchauffe… Amusant, mais encore une fois agaçant sur la durée.

Les combats sont souvent très acrobatiques.

Pour un titre qui est vendu une trentaine d’euros seulement, The Falconeer se révèle donc être plutôt une bonne surprise. Très clairement, le jeu offre aussi un contenu solide, malgré la taille relativement petite de son monde ouvert. La quête principale vous tiendra occupé 8 à 10 heures environ. Les missions ont tendance à être assez répétitives mais pour peu d’y jouer par petites sessions, on en verra le bout. Le titre est en tout cas agréable à parcourir, malgré ses petits défauts.

Au final, on est donc plutôt agréablement surpris par ce jeu indépendant d’une richesse étonnante, qui nous colle une jolie claque graphique dès les premiers jours des Xbox Series. Très clairement, il y a lieu à s’améliorer, mais pour un premier projet, The Falconeer dépasse très clairement toutes nos espérances. Les amateurs de shooters aériens en auront pour leur argent.

Conclusion

Parmi les premières exclusivités du catalogue des Xbox Series, The Falconeer est non seulement une très jolie démo technique des capacités des consoles next-gen mais également un très bon shooter aérien, qui marche sur les traces d’un Crimson Skies. S’il lui manque des relents épiques et une narration maîtrisée, le jeu de Tomas Sala n’en reste pas moins un titre étonnamment riche avec ses mécanismes de RPG, son univers fantasy plein de charme et son open-world à explorer librement. Les combats aériens sont intenses aux commandes de son fauconnier. Les objectifs ont en revanche la fâcheuse tendance à devenir vite très répétitifs. Tous les mécanismes de jeu ne fonctionnent également pas forcément. Si on lui pardonnera volontiers ses petits défauts au vu du prix auquel il est vendu (une trentaine d’euros), il est très clairement regrettable que tout le potentiel du jeu n’ait pas été exploré, faute sans doute de budget. Reste que pour les amateurs du genre, The Falconeer est très certainement une jolie découverte, et un très bon titre pour avoir un aperçu des capacités de sa nouvelle console!

The Falconeer

7

Gameplay

6.0/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Une direction artistique superbe
  • Un shooter aérien efficace, qui lorgne du côté de Crimson Skies
  • Plus profond qu'il n'y paraît avec ses mécanismes de RPG
  • L'open world plein de charme
  • Une réalisation splendide

Les - :

  • Un scénario et une narration ratés
  • Des quêtes vraiment trop répétitives
  • Certains mécanismes de jeu agaçants (la recharge des armes, l'énergie du rapace,...)
  • L'interface pas très lisible