Signal est inviolable, mais pas ses utilisateurs. Des hackers russes liés au FSB ont trouvé la faille, et Washington met 10 millions de dollars sur la table pour les identifier. Dix millions de dollars : c’est la somme que Washington promet à quiconque aidera à identifier les membres d’UNC5792, un groupe de pirates informatiques russes à l’origine d’une vaste campagne de phishing. Celle-ci a lieu sur Signal, pourtant réputée pour sa sécurité et son chiffrement de bout en bout. “Le phishing reste l’un des moyens de compromission les plus rudimentaires, et pourtant les plus efficaces, rendant souvent inutiles les autres protections, y compris le chiffrement de bout en bout”, explique alors le FBI. L’agence de renseignement américaine suivrait en effet de très près l’UNC5792, rattaché à des officiers du FSB russe. La récompense promise par le FBI. Dans un rapport publié en mars, le FBI expliquait notamment que les processus utilisés par les Russes étaient diablement efficaces. D’une part, l’attaquant se ferait passer pour un proche de la victime et lui enverrait un lien ou un QR code piégé. La victime lierait alors sans savoir l’appareil de l’attaquant à son compte, lui donnant accès à des informations capitales. L’autre méthode identifiée s’apparenterait à une simple attaque de phishing, dans laquelle la victime reçoit un message lui demandant PIN et code d’authentification. Si celle-ci mord à l’hameçon, alors bingo. Une autre méthode a été découverte par les experts américains dernièrement et consisterait à obtenir la clé de récupération des sauvegardes Signal. Une fois ladite clé en main, l’attaquant peut restaurer la sauvegarde du compte et accéder à l’historique des conversations. L’intégrité de Signal préservée Avec ces attaques de phishing, difficile pour les experts en sécurité de Signal d’agir directement à l’encontre des pirates. Il ne s’agit en effet pas d’une cassure du chiffrement de la messagerie ni d’une compromission de sa sécurité. Le FBI ajoute également que tout le monde n’est pas concerné par la menace. En effet, les cibles sont des individus à forte valeur de renseignement, comme des fonctionnaires américains ou occidentaux, des militaires, des responsables politiques, des journalistes et des cadres ukrainiens.