On a joué à Fatekeeper, un FPS-RPG dark fantasy qui coche presque toutes les cases

13 développeurs, 10€ et une promesse qui tient ses débuts : Fatekeeper est peut-être l’héritier de Dark Messiah que les fans attendaient depuis 20 ans. L’accès anticipé donne envie d’en voir davantage, et c’est tout l’enjeu.

Depuis Dark Messiah of Might & Magic, le RPG d’action en vue à la première personne cherche un successeur. Fatekeeper pourrait bien prétendre à occuper ce statut. Cette nouvelle production signée THQ Nordic via son studio satellite Paraglacial arrive sur PC dans l’espoir de s’imposer comme la nouvelle référence du genre. Il est pour cela proposé dans un premier temps en accès anticipé, dans le but de recueillir l’avis des joueurs avant la sortie en grande pompe à l’hiver 2027.

Avant toute chose, il est important de comprendre dans quel contexte Fatekeeper est développé. Il s’agit en effet de la première production du studio allemand Paraglacial, fondé par les anciens développeurs de Spellforce 3. Au total, ce ne sont “que” 13 personnes qui composent aujourd’hui le studio, et qui se sont lancées dans l’aventure Fatekeeper. Le jeu qui nous est fourni est une early access, et l’on comprend rapidement pourquoi. “Pour limiter les risques, recueillir des commentaires le plus tôt possible et pouvoir modifier l’orientation du jeu selon les retours des joueurs, nous avons opté pour l’accès anticipé”, se justifie le studio. “Notre but n’est pas de faire de vous des bêta-testeurs, mais plutôt de comprendre quels aspects du jeu vous plaisent le plus afin d’adapter notre feuille de route en conséquence.” Ceci étant dit, intéressons-nous à cette toute nouvelle IP qui impressionne.

Pour un jeu en cours de développement, le rendu visuel est franchement impressionnant.

Dans Fatekeeper, le joueur incarne un guerrier qui doit rejoindre Haven, un ancien sanctuaire fortifié sur l’île de Solace. Accompagné de Muran Tor, un rat parlant qui fait office de mentor et assez sympathique, le héros devra alors affronter des créatures corrompues on ne sait par quoi et accomplir sa destinée. L’early access est pour l’instant limitée au tout premier chapitre de l’aventure. Il nous sert d’introduction aux mécaniques et à l’univers, et reste volontairement mystérieux sur ce qui nous attend par la suite. Comptez donc pour l’instant 2 à 3 heures de jeu disponibles sur les 15 à 20 heures prévues pour la version finale.

Il s’agit donc d’un pur action-RPG à la première personne, offrant des combats au corps-à-corps et par magie dans un monde linéaire façonné à la main. C’est somme toute assez logique vu la petitesse de l’équipe de développement. Celle-ci a visiblement privilégié des zones “couloirs” assez denses et bien façonnées à un large monde ouvert qui pourrait être relativement vide et sans intérêt. Et au final, Fatekeeper fait assez bien ce qu’il propose, et on ne lui en demande pas plus. Il adopte même une boucle plutôt traditionnelle dans le gaming : avancer, lire les patterns ennemis, combattre, looter et progresser. Et dans ce gameplay, les références à Dark Messiah sont assez évidentes et difficilement ignorables. Il est possible de donner un coup de pied à un ennemi pour l’envoyer dans un piège, de se servir de l’environnement et du décor comme d’une arme…

Les combats sont sympathiques, mais mériteraient d’être améliorés, ne serait-ce qu’au niveau de la mobilité.

Pour progresser, les développeurs ont misé sur un arbre de compétences sacrément impressionnant. Bien qu’on regrette qu’il ne soit pas possible de varier les spécialisations à cause du système de verrouillage par paliers, il se montre très ambitieux et vraiment très fourni. Au niveau des combats également, le titre mériterait à gagner en justesse. L’impact des coups est vraiment jouissif, avec des membres qui s’envolent et des ennemis qui réagissent aux blessures avec un comportement altéré, mais on notera une certaine rigidité dans les mouvements qui rendent certains affrontements de masse plus brouillons. La magie sert quant à elle de technique d’apparat, le corps-à-corps étant plus convaincant en l’état. Il n’empêche que les fondations de combat sont très solides et qu’elles méritent d’être approfondies d’ici à la sortie finale.

Comme tout bon RPG qui se respecte, Fatekeeper propose une personnalisation très complète de l’attirail du héros afin d’en modifier les attributs.

Pour développer leur titre, la quinzaine de développeurs de Paraglacial se sont reposés sur l’Unreal Engine 5. Le moteur de jeu d’Epic a fait ses preuves, et démontre encore avec ce Fatekeeper qu’il reste le top du top aujourd’hui. Les développeurs font preuve d’une maîtrise assez impressionnante de ce moteur de jeu et nous proposent un rendu du plus bel effet qui ne donne clairement pas l’impression de jouer à un jeu qui n’est pas fini. Les environnements sont très réussis avec de superbes effets de lumière et l’optimisation très solide permettant à des configs plus modestes de profiter d’une belle fréquence d’images. L’on applaudira également la qualité de la direction artistique et la variété du bestiaire, bien que celui-ci mérite d’être approfondi et mieux animé. Il y a enfin un véritable chantier à mener sur le mapping de la manette. Le jeu est difficilement jouable avec un controller, il faut en effet revenir à la souris dans les menus et le mapping des touches n’est vraiment pas adapté au titre sans modification au préalable.

Early access oblige, le jeu est amené à énormément évoluer d’ici à la fin 2027, quitte à ce qu’il ne ressemble plus du tout à la proposition actuelle. Les développeurs demandent actuellement 10€ pour leur titre, avec un prix qui est bien sûr destiné à augmenter au fur et à mesure du développement et de l’ajout de contenus.

Fatekeeper arrive en accès anticipé avec quelque chose de rare : une identité claire dès les premières minutes. L’hommage à Dark Messiah est assumé, mais le projet de Paraglacial ne se contente pas de la nostalgie. La direction artistique impressionne, le combat engage, et la transparence du studio inspire confiance. Pour moins de 10€, la proposition est honnête et le potentiel indéniable. Mais Fatekeeper est avant tout une promesse. Deux à trois heures de contenu ne suffisent pas à laisser les systèmes se déployer et la rigidité des combats rappelle que le jeu n’est pas encore abouti. On quitte l’accès anticipé avec la frustration d’arriver exactement là où le voyage commence vraiment. C’est peut-être le meilleur signe possible, à condition que Paraglacial tienne la cadence des 18 prochains mois.

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