Créateur de la saga Rayman, Michel Ancel est également à l’origine de Beyond Good and Evil 1 et 2. 

C’est par le biais d’une publication Instagram que Michel Ancel a annoncé la « triste » nouvelle à ses fans. « Après plus de 30 ans, j’ai décidé d’arrêter de travailler sur les jeux vidéo et de me consacrer à ma deuxième passion : les animaux sauvages ! Mon nouveau projet se passe dans le monde réel, et prend la forme d’un sanctuaire dédié à l’éducation, aux amoureux de la nature … et aux animaux sauvages », s’est ainsi livré le créateur de l’une des sagas vidéoludiques les plus célèbres au monde, Rayman.

Une démission qui pose question, et ce à plusieurs niveaux. Le premier concerne le développement de Beyond Good and Evil 2, suite du jeu éponyme, très attendu par les fans depuis de nombreuses années. Ce départ va-t-il ralentir le développement du jeu ? À priori, non.

Plusieurs employés d’Ubisoft ont confié à Numerama que Michel Ancel s’était déjà détaché depuis longtemps du projet. L’homme l’a lui-même avoué dans sa vidéo Instagram, indiquant que les équipes de développement de Beyond Good and Evil 2 étaient autonomes depuis plusieurs mois.

Une démission qui tombe à pic

Le second concerne évidemment les nombreuses polémiques auxquelles fait face Ubisoft depuis plusieurs semaines. Durant l’été 2020, l’entreprise de jeux vidéo a en effet fait l’objet de nombreuses critiques concernant le fonctionnement en interne. Plusieurs témoignages récoltés par Libération et Numerama mettaient effectivement en cause les agissements de plusieurs dirigeants, mais aussi des personnes des ressources humaines. Certains dirigeants auraient développé une atmosphère toxique au sein de l’entreprise, où le harcèlement moral et sexuel était monnaie courante. Des accusations qui ont poussé le directeur créatif Serge Hascoët et son bras droit Tommy François à démissionner.

Si le départ de Michel Ancel n’est pas officiellement relié à ces événements, certains employés ont confié à Numerama qu’il avait pris les devants, alors que son nom commençait à être cité pour des faits similaires. Libération avait en effet indiqué dans son enquête sur Ubisoft que l’homme, très proche du PDG de l’entreprise, Yves Guillemot, profitait d’un statut spécial au sein de l’entreprise.

Récemment, en amont de la dernière conférence en ligne d’Ubisoft, son PDG avait pris la parole pour dénoncer le harcèlement sexiste et sexuel qui a eu lieu au sein de l’entreprise. « Nous n’avons pas réussi à protéger les victimes, et je suis sincèrement désolé. Nous avons pris les mesures nécessaires pour licencier ou sanctionner les personnes qui n’ont pas respecté notre code de conduite », a-t-il assuré. Cette prise de parole précède le pas de côté de Michel Ancel, laissant effectivement suggérer que les deux affaires puissent être liées.