Basé à Bruxelles, le petit studio Exiin a travaillé quatre ans sur sa dernière création. 

Ary and the Secret of Seasons sortira ce premier septembre sur PC, Xbox One, PS4 et Switch. Il s’agit du premier projet réellement ambitieux du petit studio bruxellois Exiin, mais pas du premier jeu de son fondateur, Sébastien Le Touze.

Pour mon tout premier gros projet, je voulais un jeu qui se joue en solo” explique le créateur. “Avec un jeu multi, il faut pouvoir maintenir les serveurs après la sortie du jeu, et c’est un risque pour un studio.” 

“On retrouve du Mario, du Tomb Raider, du Soul Reaver dans Ary. J’ai tiré mon inspiration dans les jeux avec lesquels j’ai grandi” explique Sébastien Le Touze. S’il a l’apparence d’un jeu d’aventure, Ary and the Secret of Seasons emprunte à différents genres, du jeu de plates-formes au puzzle-game, en passant par les beat them all. La grande particularité du jeu, c’est que son personnage peut créer des sphères de saison qui altèrent son environnement. Il peut par exemple geler l’eau en changeant la saison, et créer ainsi une plate-forme qui lui permettra d’atteindre une zone précédemment inaccessible. “Le jeu a commencé avec le concept des saisons, c’était le concept que je voulais développer. J’avais l’envie de développer un jeu autour d’énigmes à résoudre.”

Financé par un éditeur américain

Créer son propre studio et développer son propre jeu est un défi que peu de Belges ont tenté. “En Belgique, ce n’est pas évident” nous confirme le créateur d’Ary. “Il faut beaucoup de supports pour financer un jeu. En Belgique, il y a eu de mauvaises décisions qui ont été faites à ce niveau.” Beaucoup d’argent a été investi dans la réalité virtuelle, et “ça n’a pas marché.” Si le projet a pu voir le jour, c’est principalement parce que son créateur est parvenu à faire le buzz sur les réseaux sociaux durant le développement du jeu, et à attirer ainsi l’attention de quelques éditeurs. Modus, un éditeur américain, responsable de la distribution de jeux comme Trine ou Rock of Ages 3, a rapidement signé avec le studio belge.

Pour pouvoir livrer le jeu dans les temps sur tous les supports, Exiin a collaboré avec plusieurs autres studios belges. Demute s’est occupé du son, Fishing Cactus des portages du jeu sur consoles. Une dizaine de personnes a travaillé sur le projet en tout. “Il n’y a pas de gros studios en Belgique, à part Larian. Il faut avoir les épaules solides.”

Le créateur d’Ary l’assure toutefois, il y a des talents en Belgique. “Il y a de très bonnes écoles en Belgique. La plupart des étudiants formés chez nous partent toutefois à l’étranger, car il y a très peu de studios. On n’est pas du tout aidé ici – le coût du travail est très élevé, et les aides au niveau de l’état ne sont jamais suffisantes. Le VAF fait un travail admirable, mais ils auraient besoin de plus de budget.” La plupart des revenus générés par le secteur des jeux-vidéo en Belgique le sont par un seul studio : Larian, auteur de la série des Divinity.

De la suite dans les idées

Sébastien Le Touze a toutefois bon espoir pour la suite. “On va vraiment se mettre à l’écoute des joueurs les deux prochains mois. Ensuite, on va voir ce qu’on va faire. Ca me plairait vraiment de travailler sur une série animée et si le jeu se vend bien on pourrait travailler sur des suites.” L’objectif des ventes pour le studio est fixé à 50.000 copies, en cumulant ventes physiques et numériques. Un objectif ambitieux pour un petit studio, mais loin d’être irréalisable avec le support de l’éditeur américain.