Test – Project Cars 3 : un changement de cap pour séduire le grand public

Slightly Mad Studios revoit la recette de sa série de jeux de course avec ce troisième épisode, qui lorgne de plus en plus du côté de l’arcade. Un changement de cap qui rapproche la série des Forza et Gran Turismo pour toucher un plus large public…

La cuvée 2020 de Project Cars risque bien de faire couler beaucoup d’encre. Car avec et épisode, les développeurs de Slightly Mad Studios n’hésite pas à proposer une expérience très différente de celle des précédents épisodes, avec une conduite beaucoup plus arcade que dans le second volet et une prise en main qui rapproche un peu plus Project Cars de Forza et Gran Turismo. Exit la simulation, place à un jeu plus grand-public. Une approche qui déplaira sans doute aux puristes mais qui a le mérite de rendre la franchise accessible à un beaucoup plus large public.

La vue cockpit est toujours aussi immersive.

Dès le premier contact, le ton est donné. Non seulement le joueur peut choisir le niveau d’accessibilité du jeu en optant pour les réglages Débutant, Novice, Joueur expérimenté et Professionnel, mais en plus le mode Carrière a eu droit à une refonte intégrale. Si la construction reste plus ou moins la même, avec des épreuves et championnats à compléter pour passer aux épreuves suivantes, on sent qu’un gros travail a été réalisé pour rendre le tout le plus sexy. La présentation est soignée, les menus sont clairs, le tout très coloré et le premier tracé nous montre le potentiel du jeu, qui est loin de se limiter à des courses sur des circuits puisqu’il nous emmène ni plus ni moins qu’à Monument Valley, pour nous en mettre plein les yeux.

Dans ce nouveau mode Carrière, les joueurs devront accumuler des crédits pour acheter de nouveaux véhicules – parmi les 210 (!) bolides proposés -, remplir des défis lors des courses pour débloquer d’autres compétitions, et avancer petit à petit dans les classes. On commence le jeu avec un véhicule aux performances relativement limitées et on le finit au volant de très grosses cylindrées. Globalement, ça fonctionne plutôt bien même si l’on regrette que la mise en scène reste minimaliste. Si la structure du jeu reste très classique, on a beaucoup moins l’impression d’être dans une simu que dans les deux premiers volets, et mine de rien, ces quelques changements pourraient amener de nombreux joueurs à s’intéresser à ce nouveau volet, beaucoup plus accessible que ses ancêtres.

Plusieurs nouveaux types d’épreuves sont au programme.

Côté conduite, l’expérience dépendra bien entendu des réglages que vous aurez choisi. En mode Débutant, toutes les aides à la conduite sont accessibles. En Professionnel, elles sont désactivées. On se rapproche d’un jeu de course Arcade en facile et d’une simu en difficile. Quelques éléments restent toutefois communs. On pense par exemple au comportement général du véhicule, qui se comporte différemment selon la surface sur laquelle il roule. Une sortie de piste dans Project Cars 3 vous fera perdre du temps – inutile d’espérer couper un tracé. Les conditions météorologiques dynamiques viennent également impacter directement les courses, un véhicule ne se dirigeant pas de la même façon sous le soleil et sous la pluie. Globalement, Project Cars 3 est un peu plus permissif que ses ancêtres. On peut facilement jouer des auto-tamponneuses pour gagner des places. Le jeu reste toutefois très exigeant. Inutile d’espérer la jouer Burnout. A titre de comparaison, on se rapproche de plus en plus d’un Forza Motorsport.

Là où les développeurs marquent des points, c’est justement dans le fait que l’IA réagit de façon beaucoup plus réaliste à votre conduite. Elle est moins agressive que dans Project Cars 2 et sait faire preuve de réserve. Son comportement varie en fonction du vôtre. De façon générale, l’IA se défend plutôt bien et semble parfaitement paramétrée par défaut. Elle est très loin aussi de suivre un tracé prédéfini puisqu’elle s’adapte très bien à votre conduite.

Les puristes regretteront en revanche l’absence de dégâts sur les véhicules et la disparition des arrêts aux stands. Un choix des développeurs qui impacte forcément le réalisme sans toutefois réellement entraver l’expérience de jeu. De façon générale, le pilotage est extrêmement précis dans Project Cars 3. Le moindre faux pas peut conduire au dérapage et gâcher votre course toute entière. Pas de rewind ici. Il faudra faire preuve de persévérance. Que ce soit au volant ou à la manette, le jeu est très agréable à prendre en main.

La modélisation des véhicules est irréprochable.

Du côté du contenu, on déplore la disparition des courses de rallye-cross, l’un des ajouts prometteurs du second volet. Slightly Mad Studios introduit plusieurs nouveaux types de courses en remplacement, avec Best Lap, Pace Setter et Breakout. Le premier est somme toute classique, puisqu’il consiste à tenter de faire le meilleur temps en un seul tour. Pace Setter est similaire à Best Lap, mais a lieu en trois tours avec une régularité à avoir. Enfin, Breakout est le plus intéressant et original des trois. Totalement à l’opposé du principe des jeux de simu, ce mode vous demandera de foncer à toute allure dans des blocs de polystyrènes parsemés ici-et-là sur le circuit. Le but consiste à récupérer le plus de points possible, tout en parcourant des zones habituellement évitées : gazon, graviers, … C’est fun et plutôt bien fichu.

Côté réalisation, le constat est plus contrasté. Certains éléments visuels sont très réussis, à l’image de la modélisation des véhicules, des effets météorologiques ou des tracés en général. La végétation en revanche, s’intègre assez mal aux décors. Sur PS4 et Xbox One, le jeu a également du mal à montrer son plein potentiel. Quelques ralentissements sont à noter et les textures bavent abondamment. On y jouera donc de préférence sur PS4 Pro, PC ou Xbox One X. Même sur des bécanes plus puissantes, quelques bugs subsistent. Le jeu n’a pas été parfaitement optimisé et cela se ressent.

La bande son en revanche signe un tiercé gagnant avec des bruitages réalistes, des musiques d’ambiance efficaces et d’excellents doublages.

Conclusion

Beaucoup plus accessible que ses ancêtres, Project Cars 3 pourrait bien séduire un nouveau public avec sa conduite un peu plus arcade, son mode Carrière retravaillé et son contenu très généreux. Niveau conduite, le jeu de Sligthly Mad Studios se rapproche un peu plus d’un Forza ou d’un Gran Turismo. Le studio de développement a rangé au placard les arrêts au stand et réduit l’impact des collisions. En résulte un jeu plus fun à prendre en main, mais forcément moins réaliste. Un choix qui devrait déplaire aux puristes. Que ceux-ci se rassurent toutefois, la conduite reste exigeante. Avec ses 210 bolides, sa centaine de circuits, ses dizaines de compétitions et de défis, Project Cars 3 n’en reste pas moins un jeu de course très solide, qui épouse aujourd’hui brillamment le meilleur des deux mondes. Compte tenu des faiblesses de la PS4 et de la Xbox One, il vaudra toutefois mieux y jouer sur PC, PS4 Pro ou Xbox One X. 

Project Cars 3

Gameplay 8.5/10
Contenu 9.0/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 8.0/10
Finition 7.5/10
8.1

On aime :

Un contenu très généreux (+ de 200 bolides, des dizaines de circuits et d'événements)

Un mode carrière plus dynamique

Une prise en main plus arcade, qui rend le jeu accessible à un plus large public

Le comportement de l'I.A.

La conduite, à la fois fun et exigeante

On aime moins :

Le grind pour obtenir les nouveaux véhicules

Pas très stable sur Xbox et PS4 (beaucoup plus sur PC, One X et PS4 Pro)

La partie simu subit un ravalement de façade

La gestion des dégâts minimaliste