Le prochain smartphone de Huawei, le Mate 40, sera le dernier à être équipé d’un processeur Kirin.

Depuis un peu plus d’un an, Huawei subit un bannissement américain qui l’empêche d’intégrer le Play Store et les Google Mobile Services (Maps, YouTube, etc.) sur ses smartphones, mais les restrictions des États-Unis à l’encontre du constructeur chinois ne s’arrêtent pas là. À compter du 15 septembre prochain, les fournisseurs de semi-conducteurs ne pourront plus travailler avec Huawei ce qui implique que l’entreprise chinoise ne pourra plus faire fabriquer ses puces Kirin, essentielles à ses smartphones.

À première vue, cette relation de cause à effet n’est pas forcément évidente. Pourquoi Huawei ne pourrait plus compter sur ses propres puces ? La raison à cela est que, bien que le constructeur chinois développe ses propres puces, il les fait fabriquer par son partenaire TSMC qui dispose d’usines aux États-Unis. Or, les autorités américaines ont récemment modifié une loi afin d’interdire les entreprises non américaines de commercer avec Huawei.

Cette loi interdit ces entreprises de vendre « des semi-conducteurs qui sont le produit direct de certains logiciels et technologies américains » à l’entreprise chinoise. Le fait est que les SoC HiSilicon Kirin qui équipent les smartphones Huawei sont fabriqués par l’entreprise taïwanaise TSMC qui utilise effectivement des technologies américaines. Elle est donc impactée par l’interdiction des États-Unis.

Plus de puces, plus de smartphones ?

Selon les analystes, Huawei aurait pu se tourner vers Semiconductor Manufacturing International Corp (SMIC), le plus grand fabricant de puces sous contrat en Chine, mais il semblerait que l’entreprise ne soit pas capable de fabriques les puces Kirin. Il est également question que le constructeur se tourne vers MediaTek, mais cela doit encore être confirmé.

Huawei pourrait donc se retrouver sans fabricant à compter de la mi-septembre ce qui pourrait entraîner la mort de sa filiale HiSilicon qui conçoit les puces Kirin.

En septembre prochain, quelques jours avant la date butoir du 15 septembre, Huawei devrait présenter son nouveau smartphone, le Mate 40. Il s’agira du dernier modèle à intégrer une puce Kirin (1020).

Et si Huawei commercialise de nombreux autres produits (ordinateurs portables, montres, etc.), il est assez difficile d’imaginer que l’entreprise puisse tirer un trait sur ses smartphones. Elle occupe en effet une place de choix sur ce secteur. Selon Counterpoint, Huawei est l’entreprise qui a vendu le plus de smartphones au cours du second trimestre 2020.

Des smartphones Huawei avec des puces américaines ?

La situation de Huawei pourrait connaitre un dénouement plutôt ironique puisque l’entreprise chinoise pourrait trouver son salut dans l’équipementier Qualcomm. L’entreprise américaine pourrait en effet obtenir une dérogation de la part des États-Unis pour fournir l’entreprise chinoise en processeurs.

Ainsi, les smartphones Huawei embarqueraient une puce américaine, bien que, comme le fabricant chinois, Qualcomm fait appel à TSMC pour fabriquer ses processeurs. Mais en tant qu’entreprise américaine, Qualcomm pourrait bel et bien obtenir une dérogation de la part des autorités américaines. À l’heure actuelle, rien n’est encore décidé. Huawei va donc se retrouver sans processeurs durant un certain temps. Le PDG du Business Group de Huawei, Yu Chengdong, a reconnu que l’entreprise ne pourrait plus fabriquer ses puces à compter du 15 septembre. Reste à voir comment Huawei – qui a démontré un certain talent à s’adapter – va faire pour continuer à proposer des smartphones. Affaire à suivre.