L’épidémie de coronavirus qui touche actuellement la France serait à l’origine de ce report.

Annoncé il y a deux ans, le concurrent français de Netflix devait débarquer en version bêta publique le 3 juin prochain, avec un lancement commercial grand public prévu pour le mois de septembre. Malheureusement, la situation actuelle à laquelle fait face le pays oblige TF1, France Télévisions et M6 à repousser leur projet commun.

L’ouverture de la bêta en juin pourrait être maintenue, mais sous la forme d’une bêta privée. Quant à son lancement grand public, il pourrait se faire au début de l’automne, sans plus de précisions, rapporte Les Echos.

La raison de ce report est évidemment liée à l’épidémie de coronavirus. Le fait est que le confinement en vigueur en France a mis à l’arrêt la production audiovisuelle dans le pays. Une grande majorité des tournages ont tout simplement été stoppés. Salto ne peut donc pas compter sur les programmes originaux qu’il avait commandés pour son lancement.

Or, les contenus exclusifs sont cruciaux pour pouvoir espérer s’imposer sur le marché du streaming, à l’exception du mastodonte Disney qui n’a proposé qu’une seule série exclusive à son lancement. Et si le service de streaming français peut toujours compter sur le contenu des chaînes participantes, ce n’est évidemment pas suffisant pour séduire les abonnés ni pour faire un minimum d’ombre à Netflix, leader sur le marché et tout particulièrement avec le confinement.

Si le coronavirus a également un impact sur les productions des autres services de streaming – la production de nombreux programmes a été mise à l’arrêt -, ces derniers sont établis depuis plusieurs années et ont en stock de nombreux contenus qui leur permettront de divertir leurs abonnés jusqu’à la reprise des productions.

Même en repoussant son lancement, Salto pourrait se retrouver avec beaucoup moins de programmes que prévu. Ces dirigeants pourraient tenter de séduire les abonnés en proposant des tarifs particulièrement bas, affirme Les Echos, mais cela pourrait coûter cher à la plateforme sur le long terme. Le directeur général de la plateforme, Thomas Follin, évoquait un abonnement « entre 5 et moins de 10 euros », mais il pourrait être revu à la baisse pour pallier la pauvreté du catalogue.

Le manque de contenus originaux disponibles est un coup dur pour Salto, car sur le plan technique tout semblait prêt. La plateforme de streaming aurait pu profiter du confinement pour se lancer et profiter de la consommation particulièrement accrue de programmes en streaming pour séduire de nombreux abonnés, à l’image de Disney +, tout juste lancé dans l’hexagone.