On ne connaît encore ni tout son potentiel, ni la complète étendue de ses effets. La 5G fait pourtant déjà couler beaucoup d’encre. Pour y voir plus clair, nous avons tenté de démêler le vrai du faux.

Aucun lien avec le coronavirus

Forcément, il fallait bien trouver un coupable à la terrible pandémie que nous traversons actuellement. Une théorie relatée par un certain Thomas Cowan, qui se dit médecin, veut que la 5G soit responsable du Coronavirus. L’idée se base sur le fait que la ville de Wuhan, d’où est partie l’épidémie en Chine, est l’une des premières a avoir été équipée d’antennes 5G. De là, plusieurs interprétations découlent. Certains disent que le virus aurait directement été créé par les radiations des antennes, qui viendraient infecter notre appareil respiratoire. D’autres, plus perverses, soutiennent que le virus n’est qu’un moyen utilisé par les gouvernements du monde pour camoufler le déploiement de la 5G, pour nous tuer à petit feu ou nous contrôler tous. On trouve aussi plusieurs discours qui font fi de toute rationalité et qui affirment que c’est Dieu qui aurait confirmé à quelques adeptes le lien entre la 5G et le Coronavirus, laissant bien évidemment aux élus touchés par la grâce le soin d’apporter des preuves de ces propos. Toutes ces théories du complot, plus ou moins alarmistes, circulent surtout par les réseaux sociaux. Certains groupes sur Facebook comptent plusieurs dizaines de milliers de followers et jouent sur la peur des gens pour les faire adhérer à leur cause. Le plus inquiétant, c’est toutefois que des groupes s’opposant au déploiement de la 5G comme le groupe “#stop5G”, qui comptabilise plus de 37.000 followers, relayent abondamment ces fakes news sur les réseaux sociaux.

Plusieurs faits indiquent pourtant qu’il n’y a pas de corrélation directe entre le Coronavirus et la 5G. D’abord, Wuhan n’est pas la première ville du monde qui a reçu des antennes 5G. Un réseau 5G a été déployé aux États-Unis bien avant, tout comme en Corée du Sud, dès avril 2019. Il va s’en dire qu’à l’époque, aucun cas de Coronavirus n’avait été détecté. Ensuite, la majorité des scientifiques, sans avoir forcément de liens entre eux, s’accordent à dire que la souche du virus est très probablement d’origine animale et que les humains en souffrent car il s’agit d’une nouvelle forme d’infection pour laquelle l’organisme n’a pas de défense immunitaire adaptée pour l’instant.

Un information moins relatée mais pourtant vitale en temps de crise sanitaire, c’est que les communications 5G sont bien utiles dans le domaine médical. Elle pourraient en effet d’harmoniser des diagnostics médicaux et faciliter les téléconsultations, tout comme les communications entre les différents hôpitaux et centres de santé. Dans la région de Wuhan, ZTE a mis en place plusieurs infrastructures en ce sens, et les premiers tests se sont montrés concluants.

Les théories du complot

Même si le Coronavirus fait invariablement la Une de tous les médias à l’heure actuelle, la 5G est malmenée par ses détracteurs depuis plusieurs années. Voici une petite liste de quelques théories du complot que nous avons compilé pour vous :

  • Les plus de 300 oiseaux mystérieusement morts aux Pays-Bas en 2018 ont été irradiés par des tests de 5G. L’intox a été relayée sur Facebook par un certain John Kuhles, qui affirmait que les ondes étaient néfastes. Après que la municipalité du parc où ont été retrouvés les volatiles sans vie a précisé qu’il n’y avait jamais eu de tests effectués à cet endroit, Kuhles est finalement revenu sur ses paroles en précisant qu’il n’émettait qu’une « hypothèse » et qu’il ne confirmait rien. Problème, ses propos ont entre temps circulé très largement sur Facebook, semant ainsi la confusion dans l’esprit de plusieurs internautes.
  • Les Américains veulent contrôler la météo avec la 5G. Certains disent que via un réseau de satellites interconnectés, les Américains veulent contrôler la météo en utilisant des ondes 5G pour influer sur les prévisions. C’est un peu un réchauffé des théories du complot qui entouraient déjà le projet gouvernemental HAARP à l’époque. Ce dernier a été mis en place en Alaska en 2007, pour étudier l’ionosphère, une partie de l’atmosphère située très approximativement entre 60 et 1 000 km d’altitude (certains scientifiques estiment qu’elle se situe plutôt entre 50 et 500 km). Le programme a officiellement fermé ses portes en 2014, puis une partie de ses recherches a été transférée à l’Université d’Alaska. Des chercheurs pensent qu’il serait théoriquement possible de déclencher des perturbations grâce à des satellites, mais dans les faits, le gouvernement US ne peut pas simplement décider d’abattre une tempête chez ses ennemis.
  • Les arbres meurent à cause de la 5G. L’histoire prend place en Angleterre, à Gateshead, où des riverains ont commencé à colporter toutes sortes de rumeurs alarmantes à cause des nouveaux lampadaires à LED qui ont été installées dans les rues. Lampadaires qui, selon les rumeurs, seraient bourrées d’antennes 5G, tueraient les arbres, provoqueraient des maladies etc. La municipalité a par la suite expliquée que non, elle n’avait jamais employé de technologie 5G, et que les éclairages publics étaient simplement équipés d’un petit émetteur 2G/3G classique pour les commander à distance et faire varier l’intensité de la lumière. De son côté, l’OMS estime qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve tangible d’effets nocifs dus à l’exposition à des fréquences radio.