L’objectif est de pouvoir suivre l’évolution du coronavirus.

L’Union européenne poursuit ses efforts pour lutter contre la propagation du coronavirus sur le territoire. Une lutte pour laquelle l’UE a demandé aux opérateurs de télécommunications de différents pays de lui transmettre les données de géolocalisation de leurs clients, rapporte ZDnet. Une demande à laquelle plusieurs opérateurs ont répondu, notamment Orange, Vodafone, Deutsche Telekom, Telefonica, Telecom Italia, Telenor, Telia et A1 Telekom Australia.

En accédant à ces données, l’UE souhaite évaluer l’effet des mesures de confinement prises dans plusieurs pays, notamment la Belgique, la France, l’Italie et l’Espagne, mais aussi suivre l’évolution du coronavirus au sein des pays membres.

Des données de localisation anonymisées

Le partage de ces informations personnelles pose évidemment question, mais le patron d’Orange l’assure, « la France n’est pas la Chine et l’Europe n’est pas la Chine. Les données sont agrégées et anonymisées, j’insiste parce que c’est important, il ne s’agit pas de suivre les individus, mais de savoir comment les moyens hospitaliers doivent être dimensionnés et adaptés à l’échelle du territoire en fonction des mouvements de population ».

Les données étudiées seront anonymisées et se résumeront uniquement à un code postal. De plus, le procédé se veut conforme au règlement général sur la protection des données (RGPD). Le recueillement, le stockage et l’utilisation des données de géolocalisation seront soumis au contrôle de l’autorité de protection des données des institutions européennes, à savoir le contrôleur européen de la protection des données (CEPD).

Une situation extraordinaire

Ce dernier souhaite d’ailleurs que la Commission définisse « clairement l’ensemble de données qu’elle souhaite obtenir et assurer la transparence vis-à-vis du public, afin d’éviter tout malentendu. Il serait également préférable de limiter l’accès à ces données à des experts autorisés en épidémiologie spatiale, en protection des données et en données scientifiques ». Le patron du CEPD, le juriste polonais Wojciech Wiewiorowski, souhaite également que la situation soit reconnue comme extraordinaire et qu’elle ne fasse pas l’objet d’une extension post-coronavirus.

Lorsque la crise sera passée, l’organisme regroupant les opérateurs de télécoms, la GSMA, assure que la Commission européenne procédera à la destruction des données récoltées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.