C’est au CES de Las Vegas que l’ancien patron de Disney Studios a présenté Quibi, le service de streaming pensé pour le mobile.

Face aux mastodontes que sont Netflix, Disney + et les plus modestes Apple TV+ et HBO Max, difficile de se faire une place sur le marché des services de streaming. Et si la solution n’était pas de lancer une énième plateforme de SVOD, mais plutôt de proposer un nouveau concept de visionnage ? C’est le créneau choisi par Quibi, un nouveau service de streaming qui sera lancé en avril prochain, aux États-Unis.

La future plateforme de streaming incarne un concept très particulier. Celle-ci se destine uniquement aux smartphones. Une stratégie déjà testée par Netflix avec son abonnement exclusivement mobile, mais la particularité de Quibi – pour « quick bites », un en-cas rapide – ne s’arrête pas là. En effet, le réel pari du service est qu’il va proposer des séries et des films coupés “en en-cas” de dix minutes maximum. Les abonnés pourront ainsi profiter d’une pause de divertissement entre deux dossiers ou travaux. Plus encore, les contenus seront pensés pour être visionnés en mode paysage ou portrait. C’est très certainement la plus grande révolution que propose Quibi.

Mode portrait ou paysage

Une adaptabilité qui repose sur le mode Turnstyle qui permet de voir un film ou une série en plan large à l’horizontale ou un gros plan sur un visage en vertical sans interruption. Les vidéos s’adaptent parfaitement puisqu’elles ont été tournées avec deux caméras distinctes.

Cela permet d’avoir deux perspectives pour une même scène ; une vision classique du cinéma et une vision plus proche. Cela peut être le point de vue du personnage, notamment ce qu’il voit sur son smartphone, comme dans l’exemple ci-dessous.

Si le concept a de quoi surprendre et intriguer, son modèle économique choisi a de quoi inquiéter quant à la viabilité du projet. En effet, à partir du 6 avril, les Américains pourront profiter de Quibi pour 4,99$ par mois. L’abonnement de base contiendra des publicités, pour en être débarrassé, il faudra débourser 7,99$/mois. La présence de publicité pourrait en rebuter plus d’un.

La plateforme proposera des contenus 100%, notamment des séries, films, documents ou encore du sport. Tous les programmes seront découpés en « chapitres » de dix minutes chacun.

Une équipe de choc

À l’origine de cette plateforme, on trouve Jeffrey Katzenberg, celui qui a relancé avec brio Disney Studios dans les années 90 et cofondé DreamWorks avec Steven Spielberg, et Meg Whitman, ex-dirigeant d’eBay et de HP. Des personnalités fortes qui ont réussi à lever plus d’un milliard de dollars d’investissement auprès des majors d’Hollywood (NBCUniversal, Sony, Warner et Disney).

Ces derniers se sont également entourés de grands noms d’Hollywood, notamment Guillermo del Toro, Steven Spielberg, Sam Raimi, les frères Russo, ainsi que d’acteurs tels que Idris Elba, Reese Whiterspoon, Sophie Turner, etc.

Quibi proposera 175 programmes inédits dès sa première année, soit plus de 7.000 épisodes de 10 minutes. Selon The Verge, les coûts de production sont colossaux, de l’ordre de 125.000 dollars la minute, soit 7,5 millions par heure.

Sur le papier, Quibi a de quoi séduire. La plateforme se rapproche des applications les plus populaires auprès des jeunes (Snapchat, Vine, TikTok), ses contenus sont pensés pour de courtes pauses de divertissement et ils proposent également une double perspective, de quoi offrir de nouvelles expériences interactives. À l’heure actuelle, difficile de savoir si Quibi rencontrera ou non un succès aux États-Unis, mais son concept pourrait intriguer plus d’un abonné.