L’application de messagerie ToTok serait utilisée par les Émirats arabes unis pour espionner ses utilisateurs.

Une enquête du très respecté New York Times a révélé que l’application ToTok serait permettait au gouvernement des Émirats arabes unis d’espionner ses utilisateurs. Des révélations qui ont poussé Google et Apple à supprimer l’application de leur boutique respective d’applications.

Lancé aux Émirats arabes unis, ToTok est rapidement devenu très populaire auprès de la population locale, habituellement privée de ce type d’applications, avant de s’exporter aux États-Unis. Au cours de ces dernières semaines, ToTok a réussi à se hisser au sommet des applications de messagerie les plus téléchargées aux États-Unis. Elle a également été téléchargée de nombreuses fois en Europe, Asie et Afrique.

Selon le New York Times, l’application permettrait au gouvernement des Émirats arabes unis d’avoir accès aux contenus des messages échangés par les utilisateurs, et ce, malgré que ToTok assure appliquer un chiffrement de bout en bout des conversations. En plus d’avoir accès aux messages, le gouvernement émirati pourrait suivre la localisation des utilisateurs, mais aussi avoir accès aux photos et vidéos stockées sur leurs téléphones.

Il est courant que ce genre d’applications de messagerie demande à avoir accès à ces données et fichiers, cela permet de faciliter le partage de photos, vidéo et localisation. Mais dans le cas de ToTok, ces accès seraient partagés avec le gouvernement des Émirats arabes unis.

Selon l’enquête du journal américain et celle d’experts américains en cybersécurité, il y aurait effectivement un lien entre l’application et le gouvernement émirati. L’éditeur de l’application, Breej Holding, serait lié à DarkMatter, une société de cyberespionnage et de piratage basée à Abu Dhabi dans laquelle travaillent des responsables du renseignement des EAU, ainsi que d’anciens agents des services de renseignement militaire israéliens et des employés du renseignement américain (NSA). La société DarkMatter fait actuellement l’objet d’une enquête du FBI.

À l’heure actuelle, la société mère de ToTok n’a pas encore réagi aux accusations du New York Times. Prévenus de la situation, Google et Apple ont préféré supprimer l’application du Play Store et de l’App Store. Elle n’est donc plus disponible au téléchargement depuis ces plateformes.