Sorti d’abord sur PC en accès anticipé, le très étrange The Blackout Club a eu droit cet été à une sortie en catimini sur consoles. L’occasion de se pencher sur ce titre complètement à part… 

Noyé dans le flot ininterrompu des sorties estivales, The Blackout Club n’aura décidément pas beaucoup fait parler de lui dans la presse. Le titre du petit studio indépendant Question Games est pourtant l’une des bonnes surprises de cette année…

Le jeu a entièrement été pensé pour être joué en coop’.

Jeu d’horreur coopératif se jouant entièrement à la première personne, The Blackout Club tire son inspiration des Left-4-Dead et autres World War Z. L’approche est toutefois radicalement différente ici, car si l’aventure se joue de préférence à 4 (on peut également y jouer en solitaire), le focus n’est pas mis sur l’action mais sur l’infiltration. Dans The Blackout Club, vous n’incarnerez pas un soldat des forces spéciales mais un adolescent qui enquête sur d’effrayants événements qui se déroulent dans sa ville.

Chaque nuit, tous les habitants de la petite bourgade se lèvent et errent, contrôlés par une force mystérieuse. Un petit groupe d’adolescents découvre l’étrange machination et décide d’agir, formant le Blackout Club. La nuit, ils se lèvent et mènent l’enquête. Les parties prennent la forme de courtes missions au cours desquelles il faudra rassembler des preuves, coller des affiches ou récupérer le téléphone d’un membre du club disparu.

Le joueur part à l’aventure avec trois autres adolescents, qui se répartissent les tâches en début ou en cours de partie. La zone de jeu étant assez vaste, il faudra être capable d’agir en synergie pour avancer dans le jeu… D’autant plus que les dangers sont nombreux. Car les adultes possédés rôdent en nombre dans la petite bourgade. Des drones de surveillance sillonnent également la ville à la recherche d’intrus. De façon générale, ces ennemis ne sont pas excessivement dangereux, mais ils vous donneront tout de même de jolies frayeurs. Dans Blackout Club, le danger n’est pas tant de se faire voir mais plutôt de faire du bruit. Les possédés se rueront en masse vers vous s’ils vous entendent, ne laissant que peu de chances à une échappée. Heureusement toutefois, vous aurez une arme à votre disposition, qui vous permettra de mettre K.O. un possédé durant la partie.

Pour venir à bout des “sleepwalkers”, il faudra agir en équipe.

Bien rôdé, le concept fonctionne à merveille. Les missions vous forceront à explorer toute la carte, à entrer par effraction dans des propriétés et à prendre parfois de très gros risques. L’ambiance mystérieuse qui règne sur la petite ville rappelle également à sa façon la série Stranger Things.

Difficile de ne pas tomber sous le charme de The Blackout Club, avec sa direction artistique inspirée, ses bruitages inquiétants, ses idées intelligentes et – surtout, surtout – ce stress qui s’installe petit à petit au fil des parties. Les frayeurs sont nombreuses dans The Blackout Club et les amateurs de jeux d’horreur en auront largement pour leur argent, en particulier avec “la forme”, une étrange créature qui vous traquera sur la carte et que vous ne pourrez voir qu’en fermant les yeux. Celle-ci apparaîtra lorsque vous commettrez trop de péchés durant une partie. Le gameplay changera alors radicalement puisqu’il ne sera plus question de partir en infiltration mais de se cacher. Le joueur se ruera dans une habitation, cherchant désespérément un placard dans lequel se cacher pour éviter la mort.

La direction artistique du jeu est superbe.

Les mécanismes du jeu sont bien huilés. Chaque partie est unique, de par la direction qu’elle va prendre. Et le joueur peut de surcroît personnaliser l’expérience en choisissant ses talents avec l’expérience gagnée dans le jeu et en choisissant son arme. Au Q.G., il pourra personnaliser l’apparence de son personnage et améliorer ses compétences à l’aide des points d’expérience gagnés. Il va de soi qu’il est beaucoup plus efficace de recruter un groupe de compagnons aux talents distincts puisque certains vous tireront de situations dangereuses en percutant vos ennemis, tandis que d’autres passeront plus facilement inaperçus, selon les compétences acquises…

Les joueurs les plus intelligents sauront tirer parti de leur environnement, que ce soit en créant une diversion avec une théière sur le feu ou en crochetant une porte plutôt qu’en l’enfonçant. Le gameplay du jeu est d’une richesse surprenante.

L’intro du jeu vous donnera vos premiers frissons!

Malheureusement, si le concept est très séduisant, le titre a tendance à être un poil répétitif, avec ses décors forcément très sombres et ses missions qui vous feront explorer intégralement une zone avant de passer à la zone suivante… Et puis, bien sûr, il y a la question de la communauté, très réduite. En soirée, vous trouverez seulement une ou deux parties sur consoles – c’est peu, même un mois après le lancement. Certes, The Blackout Club mérite ses 30€, mais le jeu de Question Games aurait gagné à être free-to-play ou au moins à être vendu à un tarif inférieur avec un modèle économique différent. Noyé dans le flot des sorties estivales, le titre souffre de son impopularité et sera très certainement complètement déserté d’ici quelques mois.

Ceci étant dit, rappelons-le, il est possible de jouer au titre seul. L’expérience n’en est que plus stressante puisque personne ne pourra vous sauver. Mais la possibilité d’y jouer en solitaire reste très appréciable dans la mesure où il est plutôt rare de trouver cette fonctionnalité dans un jeu coop’.

Conclusion

Parmi les bonnes surprises de cet été, The Blackout Club est assurément l’un des titres coopératifs les plus intelligents de ces dernières années. Dans la peau d’un adolescent, le joueur devra tenter de découvrir les mystères qui entourent la disparition de l’un de ses amis en rassemblant des preuves au cours de raids dans une petite bourgade la nuit, avec 3 autres joueurs. Terriblement stressant, le jeu joue la carte de l’infiltration et des sueurs froides. Le concept fonctionne à merveille. Les amateurs de frisson en auront donc largement pour leur argent, d’autant plus que malgré son statut de titre multijoueur, la narration est au cœur de l’expérience. Sous son air de Left-4-Dead à la sauce teenager, The Blackout Club est donc une vraie bonne surprise qui ne déçoit que par la relative répétitivité de ses raids et sa communauté, très fragile à ses débuts. 

The Blackout Club

7

Gameplay

7.0/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

6.5/10

Les + :

  • Une direction artistique somptueuse
  • Des mécanismes de coop' bien huilés
  • L'atmosphère unique, façon 80's
  • Vendu moins de 30€
  • Egalement jouable en solo

Les - :

  • Une communauté très fragile...
  • Quelques traductions françaises absentes
  • Quelques petits bugs
  • Des raids assez répétitifs