Meero, la start-up qui met en relation des photographes et des entreprises se développe à la vitesse grand V. Mais cette levée de fonds de 204 millions d’euros fait craindre le pire aux photographes.

On connaît Uber et les problèmes que cela a enclenchés en Belgique, notamment. Les chauffeurs de taxi, mécontents de voir des concurrents voler leur travail, ont pris les rues de Bruxelles d’assaut. Cela ne risque pas d’arriver avec Meero, mais les photographes frémissent déjà. La start-up française qui veut “disputer le monde de la photographie“, selon les dires de son fondateur, Thomas Rebaud, vient en effet de faire une levée de fonds record de 204 millions d’euros. Meero vient donc de rejoindre le cercle très fermé des licornes, ces start-ups qui pèsent plus d’un milliard d’euros.

Un savoir-faire vu au rabais

Meero, c’est une plateforme qui met en relation des photographes et des entreprises afin qu’ils collaborent. Lorsqu’une entreprise veut passer une commande, elle poste simplement une mission à laquelle les photographes peuvent répondre. Une idée somme toute pas mauvaise, mais qui ne plaît pas aux photographes. À l’instar de Uber, Meero proposerait des tarifs en dessous de ceux du marché, ce qui favoriserait la précarité du métier.

Candice Laurent, photographe belge qui travaille ponctuellement avec Meero a répondu aux questions du magazine l’ADN concernant le prix d’un shooting pour une agence immobilière. Ces dernières sont de gros clients de la plateforme. “On est généralement payé 30€ pour une heure. Très rarement, on passe à 40 ou 50€ si le client a besoin de beaucoup de photos. C’est en dessous des prix que nous demandons lorsque nous traitons directement avec un client. J’ai par exemple facturé une heure de shooting 150€ récemment“, explique-t-elle au magazine français.

Pourtant, dans une interview accordée au magazine économique Les Echos, Thomas Rebaud se défend : “Les 10.000 photographes qui travaillent avec nous gagnent en moyenne 1.000$ par mois, pour 7 ou 8 missions“.

Arrivée sur le marché des particuliers

Parti comme c’est parti, Meero va élargir son champ d’activité en s’attaquant au marché des particuliers. Au micro d’Emmanuel Duteil sur Europe 1, Thomas Rebaud explique que sa plateforme offre une garantie de qualité à ses clients. “Les photos pour les particuliers, c’est pour la fin d’année. En France, du moins. Nos objectifs sont effectivement, dans un premier temps, de développer nos services à d’autres clients. Jusqu’à présent, on ne ciblait que les entreprises, mais fin d’année, on ouvrira la plateforme aux consommateurs“, explique-t-il.

Un développement rendu possible à cette start-up grâce à l’incroyable levée de fonds, certes, mais un développement qui ne va pas plaire davantage aux photographes.