Pour la première fois en Belgique, un internaute a été condamné pour avoir tenu des propos sexistes et racistes sur Internet, notamment sur le réseau social Twitter.

La toile donne à certains un sentiment de toute-puissance, caché derrière un pseudonyme, protégé par l’anonymat. Mais Internet n’est pas, comme on pourrait le croire, une zone de non-droit. Bien que les réseaux sociaux permettent facilement de véhiculer des messages de haines, xénophobes ou sexistes, leurs auteurs ne sont pas intouchables. Le cas de « Fidelio » en est d’ailleurs la preuve.

Cet internaute sévissait principalement sur Twitter où il partageait des messages de haines et racistes sans retenue. L’individu utilisait plusieurs comptes Twitter pour brouiller les pistes et propager ses publications néfastes. Or, en Belgique, la loi protège toute personne contre la haine, le mépris ou l’hostilité en raison de ses origines ethnique ou nationale, sa couleur de peau ou de sa prétendue race.

Plusieurs plaintes ont été déposées à l’encontre de cet internaute et, sur demande des autorités judiciaires belges, Twitter a entamé des recherches pour retrouver l’identité de la personne qui se cachait derrière le pseudo « Fidelio ».  L’individu a été poursuivi et condamné par le Tribunal correctionnel d’Anvers pour incitation à la haine et à la violence envers les personnes d’origine étrangères.

Condamnation pour cyberharcèlement sexiste

Au-delà des commentaires racistes, l’individu avait également tenu des propos sexistes à l’encontre de la directrice néerlandophone d’Unia, Els Keytsmann, en 2016. Les messages d’insulte à caractère sexiste étaient réguliers. Deux à trois fois par semaine, l’internaute Fidelio lui adressait des messages violents et insultants.

Face à ce cyberharcèlement et ce sentiment d’insécurité dans lequel elle vivait, Els Keytsmann décide de porter plainte. « J’ai dénoncé les faits à la police afin de dire que ce n’est pas acceptable. C’est très important de signaler de tels agissements et dire stop », a déclaré la directrice néerlandophone d’Unia.

L’identification de Fidelio dans le cadre de ces messages violents à caractère raciste a permis de le condamner dans le cadre de cette affaire de harcèlement. Il a été condamné à 10 mois de prison avec sursis, 750 euros de dommage et intérêts. Il doit également verser 500 euros de dommages et intérêts à une autre collaboratrice d’Unia envers laquelle il avait aussi tenu des insultes sexistes.