L’arrivée de la 5G, on en parle depuis un moment dans notre pays et dans le reste de l’Europe. L’Italie fait figure de proue dans le secteur et teste déjà cette nouvelle technologie. Mais certaines voix s’élèvent, craignant des conséquences sur la santé.

En août 2018, une antenne 5G a été installée dans un village de la banlieue de L’Aquila. Depuis, certains habitants se plaignent de maux de tête. Un problème dont les habitants n’avaient pas besoin, alors qu’ils se remettent peu à peu des affres du séisme de 2009 qui avait fait 309 morts.

C’est pourquoi une pétition a très vite circulé pour demander à la municipalité de faire retirer cet immense pylône qui leur fait vivre un enfer aux habitants. Les signataires ont même été rejoints dans leur démarche par des ingénieurs et des docteurs. C’est dire à quel point la question de la dangerosité pour la santé de la 5G est vive.

Gain de cause pour le comité de résistance

Lors de son érection, personne ne s’était opposé à cette antenne, que ce soit l’Agence sanitaire ou l’Arta. La raison est simple, les relevés du niveau d’émission d’ondes faits par l’Arta n’avaient pas été réalisés correctement. Ceux-ci ont été faits durant une période inférieure à 24h, ce qui les rendait nuls.

Depuis, l’Agence sanitaire a appelé à la prudence en signalant qu’il ne fallait pas rester près de l’antenne plus de 4h. Il a ainsi été demandé de déplacer l’antenne, ce avec quoi la « Super-intendance » en charge de la protection du patrimoine a été d’accord. Dans un premier temps, cette dernière avait été favorable à l’arrivée de la 5G qui promettait le retour des communications dans ce village détruit par le séisme de 2009.

Le 28 février 2019, le conseil municipal a finalement voté le déplacement de l’antenne. Il a été contraint par le comité de résistance local qui a trouvé une faille dans le plan d’urbanisme. L’antenne n’y était pas prévue, ce qui rendait sa présence illégale.

Toujours plus d’antennes prévues

Il est difficile de concevoir un avenir européen sans la 5G, n’en déplaise aux détracteurs. La technologie est vue comme une extraordinaire opportunité de relance économique qui permettra la création de nouveaux emplois en Italie. C’est pourquoi les opérateurs du pays ont dépensé par moins de 6,5 milliards d’euros, soit plus de quatre fois ce qu’a déboursé le Royaume-Uni (1,36 milliard) ou l’Espagne (1,41 milliard).

Sept antennes du genre sont prévues à L’Aquila d’ici la fin de l’année. Les opérateurs italiens des télécoms se défendent en disant que ces celles-ci seront plus petites et serviront de relais. Un argument qui ne convainc pas et une aberration alors que les problèmes sur la santé sont au centre de tous les débats dans la région.

par Sarah Moran Garcia.