QuickLyric, c’est une application dont le principe est très simple : proposer à son utilisateur d’afficher automatiquement les paroles de la chanson qu’il est en train d’écouter. Pas besoin de s’encombrer d’une recherche sur Google en tapant le nom de l’artiste, puis du morceau, à chaque fois. Une manipulation qui prend 30 à 40 secondes. Très long, trop long pour Guillaume Hachez, alors étudiant en informatique.

La naissance d’une idée

Cette opération, il la répète de nombreuses fois jusqu’à ce que l’idée émerge : pourquoi ne pas simplement développer un programme qui affiche directement les paroles ? Aussitôt dit, aussitôt fait, Guillaume se lance dans la programmation et sort un premier prototype après seulement une semaine. “C’était simplement pour le fun, un plaisir en tant que développeur“, commente-t-il.

Guillaume Hachez présente l’application à ses proches qui l’encouragent à aller plus loin. L’étudiant se penche à nouveau sur son programme, le peaufine semaine après semaine, mois après mois, et décide de le mettre à disposition sur le Store Android.

Le succès est fulgurant : 100.000 téléchargements en 2 mois. Le seul bémol, c’est que le développeur ne s’était pas acquitté des droits d’auteurs inhérents aux paroles des chansons. L’appli est rapidement effacée du Store Android.

Passer par la case entrepreneur

C’est à ce moment-là qu’il réalise qu’il va falloir s’attaquer au problème autrement, de manière légale, en créant une société, et ce, sans la moindre envie d’entreprendre. Guillaume suit un coaching pendant plusieurs mois, avant de rencontrer Ludovic Urbain, qui trempe déjà dans la semoule entrepreneuriale depuis des années.

Les deux hommes vont s’allier, l’un s’occupant principalement du développement informatique de son bébé, l’autre s’occupant de démarcher auprès des investisseurs et de construire un business plan solide pour QuickLyric.

À la fin de l’année 2016, le duo décide de pitcher son application auprès de W.IN.G, une plateforme de financement wallonne qui investit dans les sociétés numériques par un système de prêt convertible en part dans la société. À l’heure qu’il est, QuickLyric n’a toujours pas converti son prêt en actions. Le cofondateur de QuickLyric précise : “L’idée, c’est de le faire quand la société se porte bien.” De cette manière, la part détenue par la Région wallonne sera la plus faible possible.

L’heure du lancement

2 mars 2017. Ça y est, QuickLyric peut enfin être hébergée sur Google Play. Guillaume Hachez est désormais entrepreneur et développeur à plein temps. L’application s’envole, franchit les paliers : 100.000, 200.000, 500.000, 1 million de téléchargements. Le développeur reste discret sur son nombre de téléchargements, mais il assure que “le million est largement dépassé“.

L’application emporte un large succès dans des pays tels que l’Indonésie, l’Inde, les États-Unis, le Brésil ou encore les Philippines. 200.000 utilisateurs bénéficient des services offerts par l’appli tous les mois. Pour faire rentrer l’argent dans les caisses : des publicités, évitables par un abonnement mensuel à 2€ ou annuel à 5€. “Toujours pas rentable“, déclare Guillaume Hachez, “mais on est bien meilleurs aujourd’hui qu’il y a un an.

QuickLyric est disponible dans pas moins de 34 langues, alimentée par des contributeurs sur la plate-forme Crowdin.

Des projets sur le feu

Face à ce qui peut ressembler à une véritable consécration à la belge, Guillaume nuance un peu. “Ce n’est pas si glorieux, c’est surtout qu’il manque vraiment de startups en Belgique“, selon le géniteur de l’appli. Celui-ci voit plus loin, plus grand.

Après un lancement sur Android, celui sur iOS ne devrait plus tarder, à l’automne 2018 tout au plus. QuickLyric aura enfin fait son nid sur les deux étalages d’applications majeurs. Le pendant iOS de QuickLyric, dont le succès est difficilement prévisible selon son cofondateur, servira également de laboratoire pour de nouvelles expériences sur l’application. La version web est toujours dans les cartons de QuickLyric, mais encore ensevelie sous bien d’autres idées.

Pour renforcer sa présence internationale, Guillaume Hachez veut grossir les rangs de son équipe, s’entourer de développeurs et de négociants plus divers. “On a un public international, ce ne sont pas deux petits belges qui parlent Français et Anglais qui vont toucher toutes les cultures“. Le jeune entrepreneur espère ainsi proposer une interface plus adaptée à certains pays, par exemple. “Le produit, c’est le reflet de l’équipe qu’il y a derrière.

Mijote également dans la casserole des projets l’intégration d’un système de traduction. “Ça nous a surpris mais ils sont nombreux à nous le demander“, s’étonne Guillaume Hachez. Outre cette fonctionnalité qui devrait arriver “très bientôt“, c’est l’intégration du système de contribution directement dans l’interface de QuickLyric qui est sur la table de la startup.

En mode débrouille

Pour l’heure, la startup fonctionne “en mode débrouille“, “avec des dépenses très mesurées, une croissance contrôlée“. Les fondateurs de QuickLyric polissent leur produit jusqu’à la perfection, attendent d’avoir des chiffres gonflés à bloc à proposer aux futurs investisseurs qui remplissent peu à peu le carnet de contacts de l’entreprise.