Le dossier avait fait beaucoup parler de lui, on connait désormais sa date d’entrée en vigueur. Le 15 juillet prochain, le Royaume-Uni imposera la vérification de l’âge des internautes pour accéder aux sites pornographiques.

À partir de cette date, tous les sites Internet ayant un rapport avec le marché de la pornographie devront mettre en place le dispositif « pass porno », à savoir un système de vérification d’âge. Celui-ci permettra de bloquer l’accès des personnes mineures aux contenus pornographiques. Les adultes qui souhaiteraient se rendre sur ces sites devront prouver leur âge.

Ce pass-porno passera par une plateforme dédiée, AgeID, qui sera imposée sur tous les sites à caractères pornographiques disponibles au Royaume-Uni. Dans les faits, les utilisateurs devront créer un compte sur AgeID et confirmer leur âge grâce à leur passeport, permis de conduire ou carte bancaire. Les informations personnelles ne seront pas traitées par AgeID, mais par un fournisseur tiers, histoire d’éviter qu’un piratage de la plateforme ne puisse diffuser les informations sensibles des utilisateurs.

La plateforme AgeID ne reçoit que la validation – ou non – de la majorité de l’utilisateur. Une fois que cela est fait, l’utilisateur pourra naviguer comme bon lui semble sur les sites protégés par ce système sans devoir se connecter à chaque fois.

Si ce filtre entre seulement en vigueur cet été, le sujet est déjà sur la table des débats britanniques depuis 2015. Il a d’ailleurs connu plusieurs versions, notamment le filtrage pur et simple des sites pour adultes, ainsi que l’obligation de vérification de l’âge des visiteurs par les sites pornographiques avec une fermeture du site en cas d’infraction.

En cas d’infraction, les sites Internet encourent tout de même une amende de 290.000 € (250.000 livres sterling), ainsi que le blocage de sa plateforme. La loi britannique s’applique autant aux sites nationaux qu’étrangers, ceux-ci devront se conformer à la législation.

Un encadrement imparfait

Comme le souligne Wired, cette législation comporte tout de même de nombreux soucis. Tout d’abord, le nombre gigantesque de sites pornographiques rend presqu’impossible leur contrôle. Nombreux seront ceux qui n’auront d’ailleurs aucune connaissance de cette loi et système AgeID.

De plus, Internet regorge déjà d’astuces pour contourner une limite géographique ou censure, notamment les VPN.

Enfin, cela pose de nombreuses questions concernant la protection des données personnelles. Les différents sites Internet pourront tout bonnement constituer des bases de données de leurs utilisateurs et leur identité pourrait même être connue. Un piratage n’est jamais exclu.

Selon plusieurs études (Université de Middlesex et NSPCC), 48% des enfants et adolescents entre 11 et 16 ans ont déjà regardé de la pornographie sur la toile. Or, être confronté à des contenus pornographiques peut avoir des conséquences sur les plus jeunes, notamment sur leur sensibilité et leur représentation de la sexualité.