Votre langue maternelle vous manque ? Vous voulez en apprendre une nouvelle ? Ou tout simplement pratiquer votre anglais ? Tout ça sans même bouger de chez vous ? Speaky est la réponse à ces questions née dans la tête de trois étudiants de Louvain-la-Neuve.

Les frères David et Benjamin Defrenne, deux ingénieurs civils, s’associent à Ludovic Chevalier dans l’optique de monter leur propre boîte. Les trois jeunes ont une idée précise en tête, ils veulent créer une plateforme d’échange linguistique.

Tous trois se souviennent de leur propre voyage avec le programme Erasmus qui leur ont permis de progresser rapidement dans les langues. “Qu’est-ce qui fait la différence ?“, interroge Ludovic Chevalier, “On est entouré par la langue et on parle de choses qui nous intéressent.

Voilà comment est née l’idée de mettre Speaky sur pied, une plateforme en ligne qui met en relation des personnes d’un bout à l’autre du monde autour de sujets d’intérêt commun. Une sorte de réseau social axé autour de l’apprentissage des langues. La motivation est bien présente, les idées sont mises à plat, ne reste plus au trois jeunes ambitieux qu’à monter l’entreprise. Le trio est boosté par son passage à NEST’up, l’accélérateur de startups initié par la Région wallonne.

Au plus près des utilisateurs

L’Union européenne graisse les rouages et fournit les boulons : une bourse de 90.000€ est versée pour monter l’entreprise, Speaky SPRL naît en septembre 2014. Un mois plus tard, l’application Speaky voit enfin le jour dans sa version la plus basique. Malgré une version 1.0, celle-ci se devait de toucher le plus grand monde dès son entrée sur les stores Android et Apple, 110 langues sont donc directement proposées à l’emploi.

L’application a besoin de trouver un public, les trois fondateurs retroussent leurs manches : “On a nous-mêmes lancé des conversations”, raconte Ludovic. Il fallait que la communauté soit active et échange rapidement. Le co-fondateur de Speaky estime que ces premières démarches ont sans doute été au service de ce qu’est devenu Speaky aujourd’hui : une plateforme où les échanges démarrent au bout de seulement cinq minutes.

La communauté est essentielle au bon fonctionnement du réseau, c’est pourquoi ses créateurs gardent un contact avec plusieurs professeurs très actifs dans les conversations. C’est aussi le cas avec les utilisateurs, les trois hommes aux manettes de l’appli s’intéressent aux retours statistiques de Speaky, mais aussi au retour qualitatif. Un contact permanent avec les quelque 350.000 utilisateurs actifs que compte la plateforme pour écouter leurs doléances et leurs conseils est donc privilégié.

Des tests utilisateurs sont parallèlement organisés : “On fait venir des gens qui ne connaissent pas Speaky au bureau et ils nous disent ce qu’ils en pensent“, explique Ludovic. Une demande revenait souvent parmi les utilisateurs : instaurer de véritables cours de langues.

De nouveaux bureaux pour un nouveau projet

Aujourd’hui, Speaky n’est plus seule dans son projet. L’idée d’un apprentissage des langues par des voies nouvelles a bien vite intéressé Altissia, un organisme de Louvain-la-Neuve lui aussi, “qui développe des solutions d’apprentissage académiques des langues“, précise Ludovic Chevalier. Les deux entités se rapprochent, puis finissent par se marier. Speaky trouve une place dans les bureaux d’Altissia début 2018.

Le partenariat entre les deux est synonyme de nouveautés pour Speaky. L’application va pouvoir coupler un programme d’apprentissage linguistique complet au réseau social déjà en place. “Le réseau social reste au centre de tout, c’est la marque de fabrique de Speaky“, rassure Ludovic. Malgré un désir d’évoluer vers un apprentissage académique, l’appli n’éclipsera pas ce qui constitue sa base.

L’entreprise veut intégrer des tests de niveau dans 24 langues, avec une expertise académique, “un objectif d’apprentissage à 360 degrés” qui ne s’imposera pas aux utilisateurs lambdas qui se content des discussions instantanées, mais s’offrira à ceux qui veulent aller plus loin.

Grossir les rangs de la commnauté

Malgré son importante communauté, 2 millions et demi d’utilisateurs, Speaky n’est aujourd’hui pas rentable “et ce n’est pas le but aujourd’hui”, affirme Ludovic. L’entreprise a entamé les partenariats commerciaux il y a deux ans et poursuit sa recherche d’investisseurs continuellement. Ses fondateurs envisagent de monétiser l’apprentissage des langues qui sera implanté dans l’appli.

Les ambitions des trois jeunes créatifs sont à la hauteur du potentiel de Speaky, “on vise les 20 à 30 millions d’utilisateurs“, affirme Ludovic sans ciller. L’évolution du réseau est aujourd’hui très encourageante : chaque mois, plus de 100.000 nouveaux utilisateurs rejoignent la plate-forme. 

L’évolution tient aujourd’hui plus dans le grossissement de la communauté, majoritairement comprise entre 17 et 25 ans, que dans sa diversification : les demandes pour d’autres langues sont très peu nombreuses et parmi les 110 langues de la plateforme, toutes ne sont pas très actives. Ce qui n’est pas le cas d’une part de la communauté qui se plaît à enseigner le Klingon – la langue de Star Trek. 

L’application Speaky est disponible gratuitement sur l’App Store et le Play Store.