Dans la ligne de mire de l’Union européenne pour abus de position dominante et après avoir écopé d’une troisième amende, portant le montant total à 8,3 milliards d’euros, Google annonce qu’il laissera le choix aux utilisateurs Android quant au navigateur web et moteur de recherche. 

À l’avenir, le géant américain se montrera plus ouvert à la concurrence sur son système d’exploitation Android. En effet, le mastodonte américain vient d’annoncer sur son blog qu’il allait proposer des alternatives à son navigateur web, Chrome, et à son moteur de recherche, Google, sur mobile.

Une décision qui rappelle forcément le cas de Microsoft qui, en 2009 et sous la pression de l’Union européenne, a été contraint de proposer plusieurs alternatives de navigateurs de recherches lors du lancement de Windows 7. À l’époque, l’UE avait accusé Microsoft de mettre trop en avant son propre logiciel Internet Explorer.

L’annonce de Google, faite par le directeur juridique et vice-président senior chez Google, Kent Walter, est de taille et arrive en réponse à la pression que l’Union européenne met depuis quelques années déjà sur Google. Dans son long poste titré « supporter les choix et la concurrence en Europe », le directeur juridique annonce une ouverture à la concurrence sans en dévoiler les détails. On notera d’ailleurs que cette nouvelle stratégie n’est destinée qu’au marché européen.

En 2017, après avoir infligé une première amende de 2,24 milliards d’euros pour abus de position dominante sur le marché des comparateurs de prix, la Commission européenne avait fait appel à un groupe d’experts pour enquêter sur les agissements abusifs de Google quant à son système d’exploitation Android. Des accusations qui lui valu une nouvelle amende de 4,3 milliards d’euros pour avoir poussé les fabricants de smartphones à préinstaller le navigateur web et moteur de recherche Google.

Dans les faits, il a toujours été possible d’installer des navigateurs et moteurs de recherches alternatifs sur son smartphone Android, mais Google s’est arrangé pour ne pas l’ébruiter. La marche à suivre est d’ailleurs plutôt fastidieuse. Ceux qui étaient au courant n’avaient pas forcément envie de s’embêter avec les démarches.

Une annonce sans détail

Dans son poste,  le directeur juridique Kent Walter assure que les utilisateurs pourront faire leur choix parmi « un large choix de navigateurs et de moteurs de recherches disponibles au téléchargement sur mobile », sans plus de détails. On ne sait d’ailleurs pas quand cette ouverture à la concurrence sera mise en place ni qui fera partie des élus. Internet Explorer ? Mozilla Firefox ? Ecosia ?

Si Google montre patte blanche, le géant américain devrait éviter de se jouer de la Commission européenne. Microsoft avait déjà tenté l’expérience après l’affaire d’Internet Explorer et avait écopé d’une amende de la part de l’UE de 561 millions de dollars pour non-respect de son engagement. Un montant bien moindre que ce qu’a reçu Google, mais la sanction pourrait bien être revue à la hausse.