Développé par Petroglyph, 8-Bit RTS Series est un jeu de stratégie très accessible, pensé avant tout pour les consoles, qui est en réalité composé de 3 jeux complets, s’inscrivant dans un même univers.

Sorti il y a quelques temps déjà, 8-bit Armies n’avait pourtant pas beaucoup fait parler de lui. Le premier épisode de la trilogie de Petroglyph avait pourtant plus d’un atout pour séduire. A commencer par le fait qu’il s’agit de l’un des très rares jeux de stratégie qui a vu le jour sur consoles… Il faut l’avouer, les joueurs consoles ne sont souvent pas très gâtés. Ensuite, parce que le jeu de Petroglyph ose une approche différente, avec un gameplay simplifié et une prise en main accessible, qui le destine à une très large audience. Petroglyph souhaitait avant tout développer un titre fun et agréable à prendre en main. Enfin, parce que le studio a opté pour une réalisation graphique qui lui a permis de sortir des sentiers battus. Exit le photoréalisme et place à un univers pixélisé.

Malgré le succès mitigé d’8-bit Armies, le studio a suivi sur sa lancée et nous livrait il y a quelques semaines 8-bit Hordes, un jeu dérivé d’8-bit Armies, qui s’en distinguait principalement au niveau de son contexte. Exit la guerre moderne et place ici à l’univers fantasy, avec des hordes de dragons, morts-vivants et orcs en lieu et place des chars, bidasses et hélicoptères.

La boucle n’était toutefois pas encore bouclée. Car l’éditeur a mis en place avec cette franchise un business-model particulier. Chaque titre est vendu séparément – au tarif de 29,99€, mais est rassemblé sous une seule et même bannière. En d’autres termes, 8-bit Armies était le jeu de base, et Hordes sa première extension – même si le titre pourrait être considéré comme un jeu à part entière.

Petroglyph conclut aujourd’hui son triptyque avec la sortie d’8-bit Invaders, la déclinaison SF de son jeu de stratégie, dans lequel les space-marines affrontent les forces extra-terrestres. L’occasion pour nous de faire le point sur cette franchise…

Si le business model est bien pensé – l’acheteur peut choisir de ne faire l’acquisition que d’un seul des 3 titres ou de l’intégralité de la saga -, les tarifs ont tendance à être excessifs. Chaque titre est vendu 30€. Ce qui signifie que pour avoir le “jeu complet”, il faudra débourser pas moins de 90€… pour un titre, qui, vous allez le voir, n’a malheureusement rien d’exceptionnel.

Sur le papier, le titre de Petroglyph avait tout pour séduire. Dans la pratique, on se rend toutefois très vite compte que le projet n’a clairement pas bénéficié du budget qu’il aurait mérité. Côté contenu tout d’abord, on retrouve une campagne solo complète, qui n’est malheureusement qu’une succession de défis sans grande originalité. Pas de scénarisation, pas de cinématiques, ni de narration donc. Oubliez également d’éventuels dialogues ou doublages, il n’y en a pas. Le joueur est ici lâché sur une carte et doit développer sa base, générer des ressources et partir à l’assaut des troupes ennemies sans trop se poser de questions.

Si le titre est relativement simple à prendre en main, la police est beaucoup trop petite et il faudra se rapprocher un maximum de l’écran pour avoir un bon aperçu des menus du jeu. Le gameplay repose sur un système de raccourcis. Chaque troupe est assignée à une touche (X, Y ou B), et le joueur peut leur donner des ordres de déplacement ou d’attaque avec le bouton A. La construction de bâtiments et l’engagement de nouvelles unités se fait via les gâchettes gauche et droite.

Si le jeu est relativement fun à prendre en main, et peut même être franchement fendard à plusieurs, que ce soit en coop ou en multijoueur, il ne faut en revanche pas s’attendre à des miracles au niveau de la profondeur de jeu. Le gagnant sera généralement celui qui parvient à gérer au mieux la production de ressources et d’unités. Très clairement, 8-bit RTS Series est un jeu de stratégie pour les débutants, sans grande saveur ni profondeur. Les amoureux d’Age of Empires, Command & Conquer et Starcraft passeront donc leur chemin…

Si la direction artistique est plutôt réussie, et les trois univers du jeu suffisamment riches pour nous donner l’envie de s’y frotter, les décors sont d’une pauvreté navrante et le level-design simpliste. Pas vilain au regard, le jeu de Petroglyph ne surprend jamais. Les factions sont également peu nombreuses puisqu’il faudra compter sur un total de 6 factions seulement – sur l’ensemble des 3 titres.

Vous l’aurez compris, si les 3 titres qui composent ce jeu ne sont pas vilains, ils ne méritent pas forcément le détour au plein tarif. A un tarif inférieur, les 3 jeux peuvent représenter un joli tremplin pour ceux qui n’ont jamais touché à un jeu de stratégie en temps réel, et pourraient bien prendre goût au genre sur base de cette première expérience.

Conclusion

S’il avait tout pour séduire, le jeu de stratégie de Petroglyph ne réussit qu’à moitié son pari, la faute à un réel manque d’ambition de la part du studio, qui a été beaucoup trop loin dans la simplification des commandes et s’est montré très paresseux dans la construction de son jeu – démuni d’un véritable mode solo. Le triptyque adopte un business model intelligent. Petroglyph a en effet développé non pas un mais trois jeux différents, qui exploitent tous la même formule et le même moteur graphique. Chacun y trouvera chaussure à son pied. On regrettera néanmoins que la note soit aussi salée… Il faudra en effet débourser près de 90€ pour faire l’acquisition des 3 jeux. Certes, l’univers d’8-bit a son charme, et la prise en main accessible pourrait même séduire les débutants, mais le titre ne propose tout simplement pas l’expérience que l’on était en droit d’attendre d’un jeu facturé plein pot.

8-bit RTS Series

5.7

Gameplay

5.0/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

5.5/10

Finition

5.5/10

Les + :

  • 3 univers dans un seul jeu
  • De la coopération et du multijoueur
  • Une patte graphique sympathique
  • Un titre très accessible

Les - :

  • Graphiquement dépouillé
  • Une note salée (90€ pour les 3 jeux!)
  • Peu de profondeur de jeu
  • Zéro scénarisation, la campagne est une succession de "défis"
  • Une bande sonore générique