Six ans après Metro : Last Light, 4A Games nous livre enfin la suite des aventures d’Artyom. Attendu au tournant, ce nouveau volet ne déçoit pas. Explications.

Metro 2033 était parvenu à surprendre les amateurs de FPS avec son univers sombre et sa direction artistique atypique. Sa suite directe, Last Light, corrigeait certains défauts du premier volet tout en suivant ses traces. Six ans plus tard, 4A Games nous livre enfin un troisième volet.

Le studio de développement ukrainien a pris son temps pour nous préparer cette suite. Il y a quelques mois, Koch Media nous confiait que ce troisième volet était un nouveau tournant pour la franchise. La série avait commencé sous la forme d’un petit projet indépendant. Avec Metro Exodus, elle s’est transformée en un véritable blockbuster. Le studio de développement est passé de quelques dizaines d’employés à plus de 150 personnes en une décennie. Rien de surprenant dès lors à ce que ce troisième volet prenne une direction différente de ses deux ancêtres.

Lors de la dernière Gamescom, les créateurs de Metro nous expliquaient avoir opté pour un open-world, ou en tout cas des niveaux plus ouverts, se déroulant principalement en extérieur. Une approche radicalement différente de celle des deux premiers volets qui nous faisaient essentiellement explorer des lignes de métro, dans les ténèbres. Moins effrayant que ses ainés, Metro Exodus propose davantage d’environnements baignant dans la lumière du soleil. Le joueur explorera des villes abandonnées, des villages regorgeant de vie, des zones désolées mais également des environnements plus sombres, allant de bunkers désaffectés à des souterrains. Beaucoup plus variés que par le passé, les environnements de Metro Exodus sont également beaucoup plus vastes. Contrairement à 2033 et Last Light, Exodus adopte une approche “ouverte”.

La plupart des niveaux traversés peuvent être considérés comme de petits mondes ouverts à part entière, que le joueur pourra explorer selon ses envies. Il pourra ainsi choisir de suivre la trame principale ou d’explorer les dizaines de missions secondaires. A l’aide d’une carte qui l’accompagne partout, il pourra sélectionner ses destinations, choisissant volontairement d’ignorer certains segments plus difficiles. Et c’est ce qui fait toute la richesse de cette suite, qui laisse un profond sentiment de liberté au joueur et n’hésite pas à prendre de très gros risques en changeant une recette qui fonctionnait plutôt bien jusqu’ici…

Sans entrer dans les détails du scénario pour éviter tout spoiler, on notera d’ailleurs que le jeu bouscule pas mal d’acquis niveau scénario, dès la première heure de jeu. Vous aurez ainsi bien vite compris pourquoi Artyom et sa bande explorent la surface, malgré tous les dangers qui la peuplent. Sur fond de scénario post-apocalyptique, Metro Exodus propose un road trip d’une grande intensité à travers la Russie. L’univers atypique du jeu lui permet de rayonner face aux productions américaines.

Metro Exodus se distingue également de ses ancêtres au niveau de la narration. Là où 2033 et Last Light ne faisaient parfois qu’égratigner certaines thématiques à travers des dialogues parfois très creux, Exodus propose un nombre impressionnant de dialogues – souvent très riche en informations, puisqu’ils permettront de mieux organiser ses raids. On sent qu’un énorme travail a été fait sur le plan narratif.

Ce qui marquera toutefois le plus les habitués de la franchise, c’est le talent avec lequel 4A Games parvient à surprendre sans cesse les joueurs avec des retournements de situation et une progression non-linéaire. On passe d’un vaste monde ouvert dans lequel on dézingue des monstres de tous genres à tour de bras à des hangars désaffectés dans lesquels il faudra venir délivrer des otages, en passant par des bunkers infestés de zombies. Plus intéressant encore – et c’est à cela qu’on reconnait généralement un grand jeu -, le joueur peut choisir sa voie dans la façon de résoudre une mission, en fonçant dans le tas armes au poing, en se la jouant infiltration ou en combinant les deux méthodes.

S’il se rapproche davantage d’un Half-Life au niveau du feeling et de l’approche du genre, Metro conserve toutefois une part de son ADN avec son univers crado et quelques séquences plus effrayantes, inspirées des Survival-horror. Les habitués seront un brin déroutés par ce changement de cap, mais force est de constater qu’Exodus prouve que l’univers de Metro a encore beaucoup à nous montrer!

S’il gagne beaucoup en profondeur niveau gameplay, Metro Exodus conserve l’un des défauts de ses ainés : le feeling avec les armes reste très moyen. C’est un fait, on a trop souvent la sensation d’utiliser un pistolet à punaises en lieu et place d’une bonne vieille AK-47. Regrettable, d’autant plus que les développeurs vont très loin dans le détail en permettant au joueur de crafter ses propres munitions à partir d’objets récupérés sur le terrain, d’améliorer ses armes avec différents kits, de les nettoyer pour éviter qu’elle ne s’enrayent et même de réparer son masque à gaz en cours de partie, en y appliquant du scotch temporairement, pour ensuite remplacer le verre, de retour au bercail.

Autre petit défaut du jeu qui affecte un peu l’immersion : Artyom, le héros, est toujours dépourvu de voix. Un élément qui commence à jurer avec le statut de grosse production du jeu. Si cela pouvait passer relativement inaperçu il y a une décennie, c’est aujourd’hui devenu un véritable boulet pour les interactions et l’univers du jeu.

Avec ses nombreuses quêtes annexes, ses vastes décors à explorer et son scénario très riche, Metro Exodus se positionne comme l’un des meilleurs représentants du FPS solo. Le titre vous tiendra en haleine de 20 à 25 heures de jeu. Exigeant, le jeu vous poussera à adopter des stratégies pour progresser. Il n’est en effet pas rare de mourir. La difficulté est au rendez-vous et le nombre limité de munitions pousse le joueur à explorer les environnements à la recherche de loot. Exodus a donc une approche beaucoup plus Survival que ses ainés.

Parmi les petits défauts pas trop gênants que l’on notera tout de même : quelques légers crashs rencontrés durant l’aventure, quelques problèmes de spatialisation du son (compensés par une bande son grandiose cependant!) et une I.A. relativement moyenne, qui aurait gagné à être plus alerte. De façon générale, il est beaucoup trop facile de passer inaperçu dans le jeu.

Côté réalisation graphique, Metro Exodus s’impose comme l’un des plus beaux jeux du moment. Visuellement, le titre est absolument superbe, d’une grande fluidité, avec des décors grandioses, des effets visuels magnifiques et des modélisations qui rapprochent certains panoramas d’un photoréalisme saisissant. Pour en profiter de façon optimale, on aura tendance à opter pour les versions PC, Xbox One X et PS4 Pro. On notera au passage que l’interface a été brillamment conçue pour les consoles aussi, avec une prise en main très ergonomique au pad.

Conclusion

Attendu au tournant par les fans des deux premiers volets, ce troisième épisode de la franchise du studio ukrainien 4A Games ne déçoit pas. Visuellement, il s’agit de l’un des titres les plus impressionnants de cette génération – qui se savourera de préférence sur PC, Xbox One X et PS4 Pro. Beaucoup plus ambitieux que ses deux prédécesseurs, Metro Exodus propose un univers qui est également beaucoup plus riche, avec de vastes zones ouvertes à explorer, des tas de missions secondaires et des environnements plus variés. Le jeu du studio ukrainien mélange brillamment les genres. Il parvient à tirer le meilleur de différents univers en mixant horreur, aventure, séquences de shoot intenses et infiltration. Incontestablement, l’un des meilleurs prétendants au titre très convoité du “jeu de l’année”.

Metro Exodus

9.2

Gameplay

9.0/10

Contenu

9.5/10

Graphismes

9.5/10

Bande son

9.0/10

Finition

9.0/10

Les + :

  • Un changement de recette qui fait mouche
  • Une réalisation graphique grandiose
  • Une solide durée de vie
  • Des décors beaucoup plus vastes
  • Un scénario en béton armé

Les - :

  • Le feeling des armes à feu
  • Quelques passages moins réussis
  • Une I.A. moyenne
  • Artyom, sans voix