L’unité fédérale de lutte contre la cybercriminalité met en garde les parents et adolescents contre l’application TikTok. Véritable phénomène auprès des plus jeunes, le réseau social permet à de nombreux pédophiles de sévir.

Avec ses 700 millions de membres, TikTok décroche la place du réseau social le plus populaire chez les adolescents. Une popularité qui s’explique par son concept réuniant ce qui a fait le succès de ses concurrents : poster des petits clips vidéo de soi en train de chanter ou de danser. Un concept qui plaît au public cible, mais qui entraîne également des dérives inquiétantes.

Selon Olivier Bogaert, commissaire de la Computer Crime Unit, TikTok représente un vrai danger pour ses utilisateurs. Si l’application prône un âge minimum de 13 ans, la réalité est autre. En effet, les enfants de 8 et 9 ans sont nombreux à se trémousser sur de la musique et à poster leur vidéo sur le réseau social.

Les vidéos intègrent souvent une part sexuelle ou érotique, car les utilisateurs “font comme leurs idoles“, explique Oliver Bogaert au micro de l’émission de radio de la RTBF, Surfons Tranquille. “Comme eux, ils prennent des positions sensuelles“, poursuit-il.

Cette exposition virtuelle peut entraîner des commentaires haineux et exposer à la cyberintimidation, mais il y a également un risque de recevoir des propositions sexuelles malveillantes.

Ce n’est pas la première fois que l’application TikTok est pointée du doigt par rapport à la présence de pédophiles sur sa plateforme. Le commissaire Olivier Bogaert, ainsi que d’autres, avait déjà évoqué les risques du réseau social. En novembre dernier, le YouTubeur “Le Roi des Rats” avait également démontré les dérivés de l’application dans une vidéo, ainsi que la méthode utilisée par les pédophiles pour entrer en contact avec les jeunes adolescents et adolescentes. 

Les pédophiles utilisent Internet, et les réseaux sociaux plus particulièrement, pour entrer en contact avec des jeunes victimes, avec l’idée de leur demander des photos à caractère pornographique, voire de les rencontrer dans la vie réelle. Pour y arriver, ils se font passer pour une personne de leur âge et leur envoient un message privé. Ils peuvent également se cacher dans un flux de commentaires postés sous des photos ou, dans le cas de TikTok, des vidéos. Comme le souligne le site de la Computer Crime Unit, ces individus imitent la manière de parler des jeunes pour s’attirer la sympathie de leur victime et pour les pousser à leur envoyer des photos à caractère pornographique.

Selon l’agent Olivier Bogaert, il ne faut toutefois pas pointer du doigt l’application, mais bien sensibiliser les plus jeunes à l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux. “Les parents doivent se document et parler à leurs enfants. Ils ne devraient pas répondre aux propositions des étrangers“, insiste-t-il.

La plateforme ClickSafe de Child Focus propose également des conseils à l’attention des parents et des enfants pour une navigation sur Internet sûre et responsable. 

En cas de problème, il est conseillé de s’adresser à la police pour dénoncer ce genre de comportements, en précisant le nom de l’utilisateur, voire apporter des captures d’écran.

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