Présent depuis deux ans dans notre capitale, Zipcar indiquait encore en septembre vouloir étendre sa présence en Belgique. Quatre mois plus tard, les choses semblent avoir changées. La société qui vient d’annoncer la fermeture de son service à Bruxelles.

Prévenus par mail, les utilisateurs ont de quoi être étonnés. Rien ne présageait la disparition de Zipcar à Bruxelles. Apparu en 2016, ce service proposait de louer un véhicule dit en « free-floating », ou partagé, depuis une application. Après s’être inscrit et avoir introduit ses données bancaires, l’utilisateur pouvait réserver une voiture, l’utiliser comme il le souhaitait et la déposer n’importe où dans la zone géographique supportée par Zipcar. Mais le 28 février prochain, cela ne sera plus possible.

Zipcar affichait une belle progression ces derniers mois. Dans son bilan 2018, la société annonçait une croissance du nombre de trajets de 75 % par rapport à 2017. Son nombre de clients avait également augmenté l’année dernière. En septembre, la société annonçait vouloir s’étendre dans la capitale.

La responsable des communications publiques nous explique que la société mère de Zipcar, Avis Budget group, a pris cette décision suite à une analyse régulière des opérations. Un discours qui ne donne pas vraiment d’explication. Le service client s’est montré plus loquasse envers un utilisateur.

En effet, sur Twitter, l’utilisateur partage la réponse qu’il a reçue de la part du service client : « le démarrage du covoiturage dans certaines villes à un niveau industriel s’est avéré difficile (…) Comme pour tous les produits, le démarrage et la prestation du service peuvent varier entre les marchés ».

Il s’agirait donc d’un souci de marché, d’autant que Zipcar continue de se développer ailleurs. Le service vient en effet de s’implanter au Costa Rica et en Islande. Les Bruxellois ne seraient peut-être pas friands de ce genre de concept de voitures partagées. Une explication qui est facilement démentie vu le nombre important de services de voitures partagées à Bruxelles – vous pouvez trouver plusieurs alternatives ici. Le problème se poserait peut-être là. Les services « free-floating » seraient-ils en surnombre dans la capitale belge ?

Victime de son succès, le concept des voitures partagées aurait du mal à être rentable pour les sociétés qui le proposent. En effet, il s’avère compliqué pour une société de ce genre d’investir dans une flotte de véhicule et d’arriver à les rentabiliser. Selon Quentin Lestavel, directeur de Drivy, « posséder sa propre flotte crée une tension sur le modèle économique, puisque s’ils ne remplissent pas ces voitures suffisamment, ces voitures font perdre de l’argent », explique-t-il à la RTBF.

Un autre élément a pu influencer la future disparition de Zipcar. En effet, l’action de la société mère du service, Avis Budget group, a encaissé une chute de 40% de sa valeur au cours des six derniers mois. Les mauvais chiffres de la société mère pourraient donc expliquer pourquoi Zipcar se retire du marché belge.