La France s’apprête à se doter d’un drone dénué de moteur mais pourtant capable d’atteindre Mach 5. La Ministre des armées Florence Parly annonce le début des premiers tests dans le courant de l’année 2021.

Pour déjouer des missiles capables d’atteindre de très hautes vitesses, il faut se munir d’équipements plus rapides encore. D’où la naissance du projet V-Max (pour “Véhicule Manoeuvrant eXpérimental“), un planeur hypersonique brièvement évoqué par la ministre française des armées dans ses voeux pour la nouvelle année.

Alors que les forces armées américaines, chinoises, russes et britanniques sont d’ores et déjà en lice dans la course à l’armement hypersonique, la France veut s’aligner sur les acteurs étrangers pour ne pas être à la traîne.

L’appareil ne sera équipé d’aucun moteur mais propulsé par une fusée, les avions actuels n’étant capables que de franchir Mach 2. Il s’agira donc plutôt d’un planeur autonome manoeuvré à distance à très haute vitesse et “difficile à intercepter grâce à des manœuvres d’évitement“, précise la ministre.

Ce drone atteindrait donc les 6000 km/h, une vitesse plus qu’honorable mais qui reste bien en deçà des prouesses accomplies par certains équipements chinois et russes.

La course aux armements hypersoniques bat son plein

La Chine a déjà envoyé un planeur capable d’atteindre dix fois la vitesse du son avec une portée de 2000 kilomètres dans les airs.

De son côté, Moscou a testé Avanguard, un missile “pratiquement impossible à abattre“. Le Kremlin assure que le projectile a atteint Mach 27, soit environ 33.000 km/h. D’après Vladimir Poutine, l’arme pourrait entrer en service dès 2020.

Quant aux États-Unis, un programme de l’US Air Force est sur la table pour concevoir un missile HCSW (Hypersonic Conventional Strike Weapon) d’ici 2021 pour un budget total de près d’1 milliard de dollars.

Dans un rapport de 2017, la défense française estimait que les armes hypersoniques – dont la vitesse est supérieure à Mach 5 – feraient partie de l’arsenal de plusieurs puissances mondiales à l’horizon 2030.