Cause de la fermeture des administrations américaines et source du conflit qui déchire actuellement les démocrates et les républicains, le mur de séparation entre le Mexique et les États-Unis pourrait-il être virtuel?

Nous sommes entré dans la vingtième journée de shutdown aux États-Unis, en route vers la plus longue mise à l’arrêt du gouvernement fédéral américain à ce jour. En cause : la question du mur à la frontière américaine, promesse électorale du président américain dont il ne démordra pas.

S’il s’est déjà montré conciliant en acceptant d’ériger une barrière en acier plutôt qu’un mur de béton, Donald Trump exige malgré tout 5,7 milliards de dollars pour l’édifice.

Un mur de radars plutôt qu’une frontière physique

Il existe toutefois des solutions moins coûteuses mais tout aussi efficaces, comme un mur virtuel composés de radars, de capteurs et de caméras, rapporte l’Obs.

Présente au CES de Las Vegas, la firme Quanergy travaille avec le Lidar, un système utilisé dans la conduite autonome qui permet d’évaluer la distance avec les objets par projection laser. La start-up américaine est venue au salon pour présenter un système de surveillance basé sur cette technologie et déjà testé actuellement sur un petit segment de la frontière entre le Mexique et les USA.

Le Lidar permet de détecter avec précision la présence de personnes qui tentent de franchir la frontière de jour comme de nuit, quelle que soit la météo, et peut transmettre leur position GPS aux autorités.

Éviter une balafre dans le paysage

Louay Eldada, la femme à la tête de Quanergy, estime que ce mur virtuel coûterait environ “un milliard et demi de dollars pour toute la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique“. Mais ce n’est pas tout, le système serait moins coûteux en termes de frais de fonctionnement et éviterait de barrer la nature d’un trait de 3200 km.

Le gouvernement américain avait déjà écarté un projet de ce genre il y a une dizaine d’années, jugé inefficace, mais le développement des intelligences artificielles et du Lidar permettrait aujourd’hui d’atteindre un niveau de surveillance suffisant.

D’autres firmes oeuvrent également pour le développement des technologies de surveillance. C’est notamment le cas d’Anduril, une start-up spécialisée dans la réalité virtuelle  qui travaille sur des pylônes capables de détecter des objets à 3 km à la ronde, tout en distinguant s’il s’agit d’un être humain, un animal ou une voiture.