Quentin Mulders est joueur d’airsoft, un jeu grandeur nature de simulation de combat avec des armes chargées de billes en plastique. Un passionné qui a eu du mal à trouver le matériel adéquat : un casque de protection intégral qui permette d’évacuer la buée. Puisque le commerce ne proposait pas ce dispositif, il a développé son propre casque de manière artisanale.

Selon lui, “dans le milieu de l’airsoft et du paintball un casque intégral, donc qui protège aussi bien le facial que la tête, ça n’existait pas du tout”. A noter que durant l’année de l’industrialisation de Warq, un casque intégral est sorti en même temps, mais qui n’est pas aux normes selon Quentin Mulders.

Un casque dédié au airsoft à l’origine

Les débuts de Warq se sont joués dans l’entourage proche du créateur. “J’en ai fait une vingtaine pour l’équipe” précise Quentin Mulders.

En plus d’un unique casque intégral qui évite les multiples équipements, Quentin Mulders veut améliorer les problèmes de buée dans ces casques. “C’est l’accumulation d’un air chaud et humide qui va condenser sur l’écran, c’est comme ça que la buée apparait”, explique le créateur de la startup.

Pour pallier à ce problème, il faut premièrement obtenir une aération maximum. Des trous pour évacuer la chaleur et des ailettes à l’arrière alliés à une tôle micro perforée permettent un passage de l’air optimum. Un genre de “double vitrage” est également installé pour améliorer l’isolement thermique (de la même manière qu’un casque de ski ou de moto par exemple). Les facteurs paraissent basiques au premier abord, mais c’est “tous ces points ensemble et bien paramétrés permettent d’avoir un casque intégral sans buée”.

Il s’agit d’un équilibre à trouver entre tous ces facteurs : “c’est beaucoup d’essai, de recherches et d’amélioration” avoue le créateur. Il aura fallu 4 prototypes pour obtenir un résultat optimum. Les retours ont été plus que positifs. Il décide, en duo avec Zoé Absil sa compagne, de concrétiser le projet pour de la vente.

Un projet lié au jeu qui a très vite révélé d’autres atouts. En faisant ses recherches, le créateur de Warq découvre “qu’il y avait un gros manquement de quelque chose d’efficace dans le milieu professionnel, donc utilisé par la police, les militaires, ce genre de service”.

Du jeu à la défense

L’ambition de Warq ne s’arrêtait pas au jeu : “c’était vraiment de pouvoir le rentrer dans un milieu professionnel, pour l’armée, pour la police, ce genre de choses”.

Mais les investisseurs ont tendance à reculer selon le créateur de la startup dans le cas du domaine de la défense. Il souligne qu’ils “ne veulent pas se rapprocher du milieu de la guerre et des armes”. Quentin Mulders et sa compagne ont donc rusé en axant le produit sur le paintball et l’airsoft.

Mais le produit est maintenant développé et il est viable : “on s’est rapproché du milieu de la défense” annonce l’entrepreneur. Les casques ont par exemple été présentés à la police locale belge, à la DSU et au GIGN français, comme casques d’entraînement (et seulement d’entraînement). “Les retours sont excellents” pour Quentin Mulders. Des commandes ont déjà été passée par la douane française et la DSU.

Allier le casque à la réalité augmentée

Le casque est développé, mais des améliorations sont prévues : “La vision qu’on a au sein de Warq c’est d’intégrer la réalité augmentée dedans”.

Le casque ne doit pas être un gadget, le côté technique et pratique est la priorité. Plusieurs options sont prévues comme la géolocalisation ou des caméras déportées. Pour l’utilisation dans le airsoft et le paintball, Warq s’inspire de tout ce qui est utilisé dans le jeu vidéo pour l’intégrer au casque. Du côté du milieu de la défense, la startup s’oriente vers des options techniques pour “faire de la transmission d’information, de données pour sécuriser le porteur du casque”. Quentin Mulders nous souligne par exemple que “dans une manifestation, il n’a pas le temps de sortir son smartphone pour vérifier des informations“. C’est à ce genre de problème que la réalité augmentée devrait répondre.

Warq est en phase de développement pour l’intégration de la réalité augmentée. Mais à long terme, le créateur veut “développer un casque de situation réelle : balistique au point d’être portée en situation réelle par les forces de l’ordre”.