La plateforme de messagerie s’avère être un lieu de partage parfait pour la pornographie infantile. Une nouvelle enquête a permis de dévoiler des dizaines de groupes partageant des contenus pédopornographiques.

Ce n’est pas la première fois que WhatsApp est pointé du doigt concernant la présence de contenu à caractère pédopornographique sur sa plateforme. Selon le Financial Times, l’application de messagerie serait devenue en très peu de temps un lieu de rencontre pour les amateurs de pornographies enfantines, s’échangeant des photos ou vidéos affichant des enfants abusés sexuellement.

Le journal met en lumière une enquête réalisée par un groupe de chercheurs israéliens qui a découvert plusieurs dizaines de groupes WhatsApp très actifs, partageant des contenus d’abus sexuels sur des enfants. Les chercheurs ont également souligné que plusieurs groupes et profils affichaient clairement leur intention via des noms de conversations ou des photos de profils explicites. Selon eux, la pornographie enfantine est ouvertement partagée sur le réseau social, sans peur d’être censuré par WhatsApp.

En cause, la politique de cryptage des conversations de WhatsApp. L’application applique effectivement un cryptage de bout en bout des conversations, ce qui empêche à la fois la société et les autorités à mener des enquêtes et à identifier les individus qui participent à ses échanges illégaux.

Les chercheurs israéliens ont affirmé au journal Financial Time qu’ils avaient contacté Facebook à ce propos, propriétaire du service de messagerie, en septembre dernier. Or, aujourd’hui encore, plusieurs groupes sont encore actifs. « C’est un désastre : ce type de matériel [contenus pédopornographiques] a déjà été trouvé pour la plupart sur le darknet, mais maintenant il est sur WhatsApp », a déclaré l’un des chercheurs au journal.

WhatsApp s’est défendu “nous déployons notre technologie la plus avancée, y compris l’intelligence artificielle, pour scanner les photos et les images des profils signalés et bannir activement les comptes suspectés de partager ce contenu ignoble”, a assuré un porte-parole de la société. Pourtant, les chercheurs israéliens ont assuré que les groupes qu’ils ont réussi à dénicher et rejoindre facilement indiquaient explicitement leur orientation.

Le Financial Times pointe également du doigt le manque de modérateurs chez WhatsApp. En comparaison, Facebook emploie des milliers de modérateurs, alors que WhatsApp en compte seulement 300 pour modérer 1,5 milliard d’utilisateurs à travers le monde.

WhatsApp n’est pas la seule plateforme à être pointée du doigt en ce qui concerne le manque de moyen mis en place pour lutter contre la présence de ce genre de contenus. Tumblr s’est vu éjecté de l’AppStore après que des contenus de ce genre aient été trouvés sur le site.