Nous baignons continuellement dans un bain d’ondes émises par les antennes-relais et par nos téléphones. Cette omniprésence soulève des questions mais les véritables risques pour la santé restent encore assez flous. Cependant, des chercheurs américaines ont démontré un lien entre l’émission d’ondes radio et le développement de tumeurs cancérigènes chez les rats.

Le Programme national de toxicologie des États-Unis (NTP) a finalisé son rapport, l’aboutissement de dix années de recherche. Celui-ci indique qu’il existe une “preuve évidente que les ondes électromagnétiques représentent un danger pour la santé.

Toutefois, l’étude n’a permis de démontrer ce lien que chez les rats et non chez l’homme. Un premier rapport provisoire avait déjà été déposé en février de cette année, mentionnant qu’il existait “quelques preuves“, mais les scientifiques ont durci leur diagnostic depuis.

Dans un message adressé à Bloomberg, John Bucher, scientifique au sein du NTP, indique que “le passage de certaines preuves à des preuves claires reflète une confiance accrue dans le fait que le cancer observé chez les rats mâles était associé à une exposition aux radiofréquences.

Au cours de leurs recherches, les scientifiques ont exposé les rongeurs à des radiations plus puissantes que d’ordinaire et plus longtemps que ce que les êtres humains endurent véritablement au cours d’une conversation téléphonique.

La communauté scientifique se divise

Bien qu’avérés sur les rats, ces résultats ne s’appliqueraient toutefois pas aux humains. Selon la Food and Drug Administration, les niveaux de rayonnements utilisés dépassaient de loin un usage normal de téléphone. Par ailleurs, certaines observations inexplicables ne permettent pas d’établir des liens clairs : les rats exposés vivaient plus longtemps que leurs pairs non exposés, seuls les mâles développaient des tumeurs cardiaques et les risques de dommages n’augmentaient pas avec la dose de radiation.

Bref, la communauté scientifique ne s’accorde pas sur ces résultats. Alors qu’un professeur de Berkeley indique que ceux-ci sont “à prendre très au sérieux“, le directeur d’un service de la FDA affirme quant à lui que “l’étude n’a pas été conçue pour tester la sécurité de l’utilisation du téléphone cellulaire chez l’homme“, celle-ci ne permettrait donc pas de tirer de conclusions sur les risques de l’utilisation des téléphones sur la santé.