Le recours aux micro-puces sous-cutanées permet de renforcer la sécurité dans les locaux des entreprises. D’un simple geste, les employés peuvent s’identifier, ouvrir les portes d’accès, enregistrer des documents importants. Un vrai plus pour éviter les intrusions. Mais si cela s’avère intéressant du point de vue des employeurs, cela pose tout de même de nombreuses questions côté employés. 

Les micro-puces prennent la forme d’un micro-tube contenant diverses informations, implanté sous l’épiderme de la main, entre le pouce et l’index. Une technologie pratique qui semble séduire en outre-Manche, tant chez les particuliers que les entreprises. Comme le rapporte le Guardian, des sociétés proposant cette technologie seraient sur le point de se développer en Grande-Bretagne, en réponse à la demande d’entreprises actives dans les domaines juridiques et financiers.

Au-delà de l’aspect pratique et sécuritaire, les syndicats tirent la sonnette d’alarme concernant la pression mentale que cette technologie impose aux employés « la micro-puce va donner aux patrons encore plus de pouvoir et de contrôle sur leurs travailleurs », affirme la secrétaire générale du Congrès des Syndicats (TUC), Frances O’Grady. Plus encore, cet outil pose des questions en termes de respect de la vie privée « la micro-puce donnerait aux patrons encore plus de pouvoir et de contrôle sur leurs travailleurs. Il y a des risques évidents, et les employeurs ne doivent pas les écarter ni faire pression sur le personnel pour qu’il accepte cette implantation ».

Mais les sociétés qui proposent ce genre de technologie se veulent rassurantes. Steven Northam, fondateur de BioTeq, explique que sa société a déjà implanté cette technologie auprès de ses propres employés et que près de 150 particuliers britanniques ont choisi d’avoir recours à cette technologie afin de déverrouiller simplement leur voiture ou maison. Le fondateur assure également être en discussion avec des entreprises britanniques pour en faire de même avec leurs employés. Une technologie que la société a déjà déployée dans d’autres pays tels que l’Espagne, la France, l’Allemagne, le Japon et la Chine.

Pour Jowan Ôsterlund, fondateur d’une autre société active dans les micro-puces (Biohax), cette technologie serait une alternative intéressante pour les entreprises qui traitent des sujets sensibles, notamment dans les domaines de la finance et juridique : « Ces entreprises ont des documents sensibles avec lesquels elles traitent. [Les puces] leur permettraient d’imposer des restrictions à quiconque ». La société technologique a déjà implanté 4.000 puces en Suède et des discussions seraient en cours pour proposer cette solution aux navetteurs, afin de remplacer les billets de train.

Il se pourrait donc que cette forme de technologie se propage dans les années à venir, tant chez les particuliers que dans le cadre professionnel, et ce, malgré les réticences des syndicats. Reste à s’assurer que ces puces n’empiètent pas sur la vie privée des employés.