Les voyageurs qui refusent de donner leur mot de passe peuvent se voir confisquer leurs appareils, et écoper d’une amende salée.

En arrivant dans le pays, les douaniers sont autorisés à demander le mot de passe de votre téléphone. Les personnes qui refusent se verront écoper une amende de 5.000 dollars néo-zélandais, soit environ 2.800€. Cette nouvelle législation de “fouille digitale” est entrée en vigueur ce vendredi 5 octobre.

La règle ne se limite d’ailleurs pas aux téléphones, tous les appareils électroniques sont concernés. En plus de l’amende, ceux-ci seront détruits pour les voyageurs qui refusent d’obtempérer. Cette mesure découle du “Customs and Excise Act of 2018”. Les douaniers ne demanderont bien évidemment pas systématiquement de déverrouiller les appareils électroniques, le texte de loi explique que les douaniers doivent avoir un « motif raisonnable ».

« Des éléments tels que les téléphones mobiles, les iPad, les tablettes Android, les disques durs, les ordinateurs portables et les appareils photo numériques peuvent être examinés. Un agent peut vous demander votre mot de passe ou vous demander de l’entrer. Nous ne conservons pas votre mot de passe et ne modifions pas vos données personnelles. Avant qu’un agent puisse fouiller un dispositif électronique, il doit être en mesure de signaler des faits ou des circonstances qui permettent de soupçonner que la personne en possession du dispositif est impliquée dans une infraction criminelle », indique le site de la douane néo-zélandaise.

Le conseil pour les libertés civiles du pays a aussitôt tiré la sonnette d’alarme en déclarant que la mesure porte de « graves atteintes à la vie privée » et dénonce les pouvoirs « largement excessifs » donnés aux douaniers. « La réalité de cette loi est qu’elle donne aux agents des douanes le pouvoir de forcer le déverrouillage d’un smartphone sans justification, et sans recours possible pour son propriétaire », explique Thomas Beagle, président du conseil.

C’est la première fois qu’une telle mesure est inscrite dans la loi, mais d’autres pays, comme les États-Unis, ont également recours à ce procédé.