Test – Yakuza 0 : une plongée à la fois réaliste et loufoque au coeur de la mafia nippone

Un concept original est à la base des jeux de la franchise Yakuza.

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Si la série Yakuza existe depuis 2006, elle a toujours éprouvé des difficultés à parvenir jusqu’à nos contrées. Cependant, une nouvelle direction semble se dessiner puisque le sixième opus est annoncé en Europe pour l’an prochain et surtout parce que l’épisode “0” vient d’y être commercialisé sur PS4 et PS3. Néanmoins, tout n’est pas parfait au pays des Yakuza puisque les joueurs devront encore s’accommoder de la langue de Shakespeare ou du… japonais pour comprendre l’entièreté de la trame. Précisons tout de même qu’il ne faut pas être un expert en anglais pour profiter du scénario.

Il faut savoir qu’un jeu Yakuza est un mélange d’action et d’exploration. Vous y contrôlez un membre de la mafia japonaise et vous pouvez librement circuler dans des quartiers inspirés notamment de Tokyo ou encore d’Osaka. La particularité est que le personnage incarné se fera attaquer, provoquer et menacer par des voyous, civils ivres ou encore par d’autres Yakuza, ce à quoi il répondra via ses poings. Et c’est là le premier point fort de la saga : à la manière de certains jeux de combats, les coups du personnage sont dévastateurs et le gameplay est jouissif. Et ce Yakuza 0 ne déroge pas à la règle.

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Un Yakuza au pays de la vengeance

Dans cet opus, vous commencerez par incarner un personnage bien connu de la saga : Kazuma Kiryu. Celui-ci, dès le début de l’aventure, se fera piéger et c’est son maître qui devra prendre la responsabilité des actes de son protégé. Ce dernier prendra alors la décision de se retirer de son clan afin de ne pas mettre encore plus sa famille dans l’embarras et décidera donc de partir à la recherche de celui qui l’a piégé. La quête principale est prenante, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, le synopsis en lui-même offre sans cesse au joueur des éléments lui donnant envie d’aller plus loin encore. Le seul défaut à ce niveau concerne les dialogues qui sont parfois un peu longuets. Deuxièmement, la mise en scène est remarquable. Dans les faits, Yakuza 0 alterne entre cinématiques classiques, phases de jeu animées où le joueur ne contrôle pas le protagoniste et plans fixes où seuls quelques éléments sont animés comme la fumée qui s’échappe d’une cigarette. Le tout, accompagné de prises de vues cinématographiques, immerge le joueur dans une aventure de qualité.

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Et à cet égard, cette dernière prend place dans un univers unique ou presque. Dans les faits, hormis quelques rares jeux, peu mettent en scène le Japon des années 80. Et si le cadre peut déstabiliser, c’est au plus grand bonheur des joueurs. Ceux-ci évolueront dans des rues typiques de Tokyo et d’Osaka où ils trouveront des supérettes, des boîtes et autres restaurants pour ne citer que ces trois exemples. Chaque élément contribuant à l’univers présenté. D’ailleurs, le son fait également partie des points forts de ce Yakuza 0 puisque les coups comme les compositions musicales sont en accord avec ce qui est présenté à l’écran.

Pourtant, deux caractéristiques viennent ternir le tableau. Tout d’abord, on aperçoit de temps en temps du clipping même si celui-ci est moins visible que dans d’autres jeux. Ensuite, défaut bien plus important : les graphismes. Kyriu a un visage travaillé et certains personnages secondaires que le joueur croisera à de multiples reprises ont bénéficié des mêmes soins. Cependant, force est de constater que pour le reste, la production n’est pas à la hauteur. Si le jeu peut se cacher derrière le fait qu’il est sorti il y a deux ans au Japon, son moteur graphique accuse tout de même le coup et aurait mérité une remise à niveau.

C’est le même constat, malheureusement, pour les animations : alors qu’il n’y a rien à redire pour certaines, d’autres interpelleront le joueur tant elles se révèlent datées d’un autre temps.

Un gameplay qui fait office de défouloir

Il n’est pas rare de contrôler différents personnages dans les épisodes de la franchise des Yakuza. C’est encore le cas ici avec Kiryu Kazuma et Majima Goro. Les deux hommes ont leurs propres spécificités et le joueur devra passer de l’un à l’autre au fur et à mesure qu’il avance dans l’histoire.

Et comme dit plus haut dans cet article, l’un des attributs de cette saga repose sur son gameplay, et plus précisément, sur les combats. Chacun des deux hommes susmentionnés possède ses propres styles de combats et donc, ses propres coups. Et ces derniers sont tellement ravageurs que le joueur n’hésitera pas à passer du temps à en apprendre de nouveaux afin de pouvoir les expérimenter. Et pour ce faire, il faudra gagner de l’argent. Argent qui peut être dérobé à tous les protagonistes se dressant sur la route des personnages principaux. Ensuite, il sera possible d’investir cet argent dans un arbre de compétences. Une idée originale pour le coup.

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Sans oublier que chacun des deux héros possède quatre styles de combats qui demanderont au joueur de travailler ses combinaisons de touches dans le but de devenir un expert en la matière.

Évidemment, un peu à la façon d’un beat’em all, il existera de nombreuses occasions de s’entraîner puisque la plupart des ennemis rencontrés ne sont là qu’en tant que chair à canon et font donc office de punching ball d’entraînement. Ce qui permet de gagner assez rapidement beaucoup d’argent tout en essayant de nouveaux coups mais qui, d’un autre côté, pourra lasser certains joueurs.

Deux personnages, deux lieux, deux vies

Les deux personnages permettent à Sega de varier le contenu de son jeu. Effectivement, ceux-ci n’ont pas les mêmes objectifs et il en découle que les quêtes qui leur incombent sont diversifiées. Concrètement, l’aventure de Kyriu Kazuma le poussera à devenir agent immobilier et à acheter des immeubles dans la ville de Tokyo tandis que Goro Majima fera tout pour faire de son établissement un lieu de la nuit incontournable à Osaka.

Si les deux aspects semblent anodins, il n’en est rien, chaque entreprise des deux protagonistes proposant son lot d’originalité. Par exemple, pour Majima, il sera question d’engager des filles selon différents critères et ensuite, d’envoyer la bonne fille au bon client.

Et puis, l’originalité du soft se ressent aussi, et même surtout, au travers des quêtes annexes. Si certaines demanderont d’aller à un endroit X pour acheter ou prendre un objet à rapporter, les autres seront, pour la plupart, des plus rafraîchissantes. Et par “rafraîchissantes”, il faut comprendre “originales” et surtout “drôles”, voire complètement loufoques. Pour preuve, il suffit de participer à une “Dance Battle” pour rire devant les chorégraphies des personnages qui y participent. Autre exemple ? Il vous sera demandé au cours d’une quête de mettre fin à un trafic de sous-vêtements féminins : des étudiantes vendant leurs culottes portées à des pervers…

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Et cet ensemble de quêtes annexes allonge considérablement la durée d’un titre pour lequel il faudra tout de même compter environ trente heures pour en voir le bout en ligne droite, soit en ne se focalisant que sur la quête principale.

Quoi qu’il en soit, c’est une bonne nouvelle de voir ce Yakuza débarquer enfin en Europe tant il réserve de bonnes surprises, à commencer par son histoire captivante tournée comme un film et au cours de laquelle se battre n’aura jamais été aussi jouissif.

Les + :

– Un univers prenant
– Une bande son en accord avec le Japon représenté
– De nombreuses quêtes annexes drôles et fun
– La mise en scène cinématographique
– Des combats jouissifs
– Des personnages charismatiques

Les – :

– Des graphismes datés
– Des animations pas toujours top
– Certaines quêtes sans originalité
– Le côté répétitif ?
– Quelques dialogues trop verbeux
– Pas de sous-titres en français

En définitive, ce Yakuza 0 est sans conteste un très bon cru qui mérite de trouver sa place dans les étagères vidéoludiques. Dans ce titre, le joueur a l’opportunité d’incarner deux personnages aux styles différents dans le milieu des Yakuza et dans le Japon des années 80. A ce propos, l’univers dans lequel ils évoluent est cohérent, plein de vie et donne sans cesse l’envie de s’y engouffrer. En fait, seuls les graphismes et certaines animations sont en deçà du niveau général affiché par le soft. Dommage car son histoire prenante, ses personnages charismatiques, son système de combats très jouissif associé à l’exploration en monde ouvert et à la diversité des quêtes annexes laissaient présager un must-have.

15/20