Sorti au Japon depuis quelques mois, le jeu arrive ce 20 janvier en Europe sur PS Vita et PS4.

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Les muso ou musou constituent un genre assez peu représenté sur la scène vidéoludique. Ce type de jeu, clairement plus répandu au Japon, est comparé à son chef de file, à savoir Dynasty Warriors. Il s’agit de titres mêlant quelques scènes de dialogues à des phases de beat’em all où le joueur affronte des vagues d’ennemis. Et c’est Fate/Extella qui vient s’ajouter à la courte liste des jeux de ce type sortis en Europe.

La série des Fate existe depuis 2004, année qui a connu la sortie du premier volet : Fate/Stay night. Si ce jeu était à classer dans la catégorie des visual novel, “The Umbral Star” est le premier de la franchise à faire la part belle à l’action. En effet, il est ici question d’un jeu d’action/RPG clairement orienté beat’em all.

De la lecture, encore et encore

Pour les joueurs non-avertis, il est évident que ce Fate/Extella : The Umbral Star pourra rendre perplexe. Après une brève cinématique où des personnages anonymes lancent des déclarations incompréhensibles pour tout nouveau venu, un écran bleu accueille le joueur avec quelques lignes de texte. Très vite, on comprend que c’est de cette façon que le jeu narre son histoire. En effet, les scènes d’action sont entrecoupées de dialogues entre les protagonistes et de moments où c’est le personnage secondaire ou le narrateur qui livre ses pensées. Et cela se concrétise à l’écran par la juxtaposition de texte sur un écran bleu, tout simplement. Autrement dit, le jeu ne fait pas la part belle aux cinématiques et c’est dommage tant le système aura le don de ralentir le rythme du jeu, voire d’ennuyer complètement le joueur lors de dialogues un peu longuets. De plus, certains d’entre eux insistent sur les sentiments du personnage, ce qui aura pour conséquence de lasser. A tel point que l’on se demande si le joueur ne passera pas plus de temps à lire qu’à… jouer.

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Le synopsis de la série des Fate est le suivant : un super ordinateur installé sur la lune a créé un monde virtuel dans lequel s’opposent des Servants et leurs maîtres. Lors des phases de dialogues, vous êtes le maître et lors des combats, vous contrôlez le Servant.

Il s’avère que vous êtes le maître qui a gagné la bataille du Saint Graal et que l’on vous a récompensé, vous et votre Servant, en vous offrant la Regalia, un anneau de pouvoir. Dans The Umbral Star, vous vous réveillez amnésique, un processus souvent utilisé dans les jeux. Celui-ci offrant une justification au rappel des faits antérieurs : le héros ne s’en souvenant plus, il faut les lui remémorer. C’est donc à votre Servant, Nero Claudius, de vous conter les différentes péripéties qui ont marqué la guerre du Saint Graal. Et dans les faits, après une grosse heure de jeu, vous aurez acquis les connaissances nécessaires afin de ne pas être trop déboussolé si ce soft constitue le premier jeu estampillé “Fate” sur lequel vous posez les mains.

Seulement voilà, des événements étranges viennent perturber votre quiétude : le royaume virtuel que vous avez conquis lors de la bataille du Saint Graal est attaqué et à la tête de cette invasion, on retrouve une adversaire qui possède elle aussi une Régalia. On constate donc que l’histoire a été travaillée et ne cesse de renvoyer à des événements antérieurs. Cependant, si le procédé utilisé (l’amnésie) est très classique, il permet aux nouveaux joueurs de ne pas être trop perdus.

Précisons également que le gamer pourra découvrir l’histoire à partir de différents points de vue puisqu’il est possible de parcourir l’aventure avec des Servants différents. Mais si on pouvait espérer une vraie revisite du jeu et un haut degré de rejouabilité, ce n’est pas le cas puisque vous aurez affaire au même contenu quel que soit le personnage choisi. En d’autres mots, les différences ne sont pas assez flagrantes.

L’ambiance, quant à elle, rappelle certains mangas. Ainsi, le Servant que vous contrôlez lors des combats peut se transformer en changeant de tenue, un peu à l’image de Sakura dans “Card Captor Sakura” ou encore de Usagi Tsukino dans “Sailor Moon”. D’ailleurs, le design des personnages renvoie directement aux graphismes de certaines productions japonaises. Le tout offre ainsi un ensemble cohérent qui permet de s’immerger dans le titre.

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Seuls les décors viendront rappeler que le jeu a plusieurs années de retard sur son époque. Les textures sont laides, les quelques bâtiments sont des plus fades et même les ennemis sont banals au point qu’il devient habituel de foncer dans le tas sans prendre le temps de regarder ce qui s’offre à nos yeux.

Un système répétitif mais bien huilé

Si les dialogues et les tutoriels sont nombreux, il est évidemment aussi question de combats dans ce beat’em all. Comme le veut la tradition, votre personnage, le Servant, sera opposé à des dizaines d’adversaires classiques parmi lesquels on retrouvera des protagonistes un peu plus puissants. Tuer ces opposants offrira le luxe au joueur de prendre le contrôle d’un territoire et de forcer l’apparition d’un boss.

Pour ce faire, les mécanismes de jeu sont assez basiques : une touche pour frapper, une autre pour réaliser une attaque lourde, et une autre pour foncer. Cependant, chaque niveau confère de l’expérience et autres boni. Parmi ces derniers, on retrouve des combos qui ajouteront un peu de variété au titre.

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De niveau en niveau, le joueur pourra obtenir des points qui lui permettront de crafter des objets. Il pourra dès lors choisir de porter une tenue qui, à l’aide d’une touche, peut lui offrir un regain de santé ou une autre qui augmente sa défense. Mais il ne sera par contre pas possible de personnaliser visuellement son Servant.

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De plus, Nero n’est pas le seul Servant qu’il est loisible de contrôler. D’ailleurs, il est conseillé de combattre avec les autres qui sont sous vos ordres afin d’augmenter vos liens avec eux : plus les liens sont forts, plus le nombre de compétences que vous pouvez leur inculquer est élevé.

Aussi, un autre détail positif est à mettre au crédit des équipes de développement : si dans certains jeux, les déplacements entre les champs de bataille sont une plaie tant ils demandent du temps, ce n’est pas le cas ici puisqu’on retrouve en bordure de chaque terrain de combat une sorte de couloir dans lequel notre Servant est propulsé à la vitesse grand V.

On regrette cependant un manque d’explications quant à certains faits et mécanismes. Par exemple, il vous sera demandé de vaincre des machines qui produisent de nombreux ennemis. D’où viennent-elles ? Pourquoi créent-elles ces ennemis? Autre exemple : si vous collectez trois fois tel objet, vous pourrez activer tel compétence. Pourquoi ? Aucune explication. Le jeu se repose un peu trop sur le lieu où se déroulent les combats : un environnement créé par un ordinateur. A partir de cet état de fait, les développeurs ont décidé qu’il n’était pas nécessaire de fournir des explications, tout résultant de cette intelligence artificielle. Dommage car ces éléments supplémentaires auraient permis de renforcer un peu plus l’immersion.

Enfin, on se doit de préciser que le jeu est en japonais sous-titré anglais.

Les + :

– Un récapitulatif au cours de la première heure de jeu des aventures précédentes.
– Possibilité de refaire l’histoire avec un autre personnage.
– Animations de qualité notamment lorsque le Servant “se transforme”.
– Le gain d’expérience dont découlent les possibilités de craft, d’ajouts de combos…
– Le système de déplacement rapide.

Les – :

– Trop de textes.
– Dialogues régulièrement monotones et sans intérêt.
– Graphismes des décors très en retard sur l’époque.
– Pas de version française.
– Un manque d’explications concernant certains détails du jeu.
– Le principe vu et revu du personnage amnésique afin de rappeler les événements antérieurs.
– La répétitivité inhérente à ce type de jeu.

Conclusion

Quoi qu’il en soit, la série des Fate s’est déjà forgé un nom au Japon, notamment grâce à son premier visual novel, un genre très apprécié en Asie. Ici, la franchise a opéré un changement radical puisque pour la première fois, elle intègre la catégorie des beat’em all. A cet égard, le jeu ne s’en tire pas trop mal. Il a le mérite de proposer une évolution de personnages, une histoire qui suit l’aventure des précédents opus tout en introduisant l’univers aux nouveaux joueurs. Cependant, certains faux pas privent le titre d’une meilleure note comme son absence de cinématique ou encore ses graphismes en retard sur son temps. De plus, des dialogues monotones ralentiront le rythme à plusieurs reprises. Fate/Extella : The Umbral Star est donc à réserver aux fans de la série et/ou aux inconditionnels des beat’em all qui estiment ne pas avoir assez de jeux de ce type à se mettre sous la dent.

10/20