La 1ère édition des Garages Numériques, festival des cultures digitales, à Bruxelles jusqu’au 3 juillet

Bruxelles prouve depuis longtemps que les arts numériques et la musique électronique sont pour tous les yeux et toutes les oreilles. Il y a 13 ans, le Cimatics, festival international de VJ’ing, semait déjà 150 artistes pendant 10 jours dans toute la capitale. L’an dernier, le Festival des Arts Numériques a démarré à iMAL – fabuleux Centre des Cultures et Technologies digitales à Bruxelles – et revient du 22 septembre au 30 novembre 2016. D’ici là, ce sont Les Garages Numériques qui s’installent dans les sous-sols du cinéma Galeries.

N-Gon et Martin Pirson (BE) jouent sur l’équilibre d’hypnotiques barres de LEDs © DR
N-Gon et Martin Pirson (BE) jouent sur l’équilibre d’hypnotiques barres de LEDs © DR

Pas besoin d’être un fondu d’ordinateurs, de pixels et de musique électro pour apprécier les cultures digitales. Pas besoin d’avoir vu Tron ou d’avoir fini Final Fantasy. D’ailleurs, cette semaine, dans les Galeries de la Reine, certaines œuvres exposées ne sont même pas reliées à l’électricité. Une petite explication s’impose.

«C’est exactement comme au début de la photographie, décrypte Juliette Bibasse, productrice d’art digital et commissaire de l’exposition. Le numérique, ces dix dernières années, a été considéré comme un art à part entière. Et puis, peu à peu, voilà qu’il commence à devenir un médium. Comme la peinture, la terre glaise ou le métal sculpté, il est aujourd’hui un outil qui permet une expression artistique et n’est plus une fin en soi. La plupart des artistes de la scène digitale actuelle, et tous les émergents, le considèrent comme tel.»

Ne soyez donc pas surpris par le travail de Joanie Lemercier. L’artiste français basé à Bruxelles, qui a notamment bossé avec Portishead, Flying Lotus et JayZ, expose trois pièces, dont une qui n’est qu’un grand mur, recouvert de dessins sur des feuilles de papier. Rien d’électronique ou de numérique en apparence. Sauf que tous ces dessins ont été réalisés par un petit robot programmé et que les innombrables motifs qu’il a effectués ont été générés par un algorithme…

Un enchaînement de performances et de DJ sets

Pareil pour les imprimantes du Belge Lionel Maes. Deux étagères dans l’espace d’exposition. Chacune contenant 20 imprimantes de bureau, par rangées de quatre. A priori, toute la journée, elles balancent simplement des dépêches de l’agence Belga. A priori. Parce qu’en réalité, de petits ordinateurs cachés passent cet énorme flux d’infos à la moulinette et le remettent en forme à sa manière…

Chaque démarche artistique est expliquée au visiteur. Pourquoi, comment, pas moyen de se sentir largué. La musique est aussi présente durant tout le parcours – à la base, les fondateurs des Garages Numériques viennent de la scène musicale et ce sont eux qui ont eu l’envie de mêler DJ sets et pièces de galeries – et relève de la même approche: on ne fait pas, ici, de l’électronique pour l’électronique.

Enfin, cocorico, il y a du belge, beaucoup de belge. Du belge né ici (comme le collectif verviétois Hermutt Lobby, le studio bruxellois Mental…) ou du belge d’adoption (comme le Français de Mons Alexis Choplain ou le Français de Bruxelles Gauthier Roumagne…). Au départ, pour une question de sous: le festival étant autofinancé, pas évident d’aller chercher des œuvres et des artistes trop loin à l’étranger. «Mais surtout, poursuit la Parisienne Juliette Bibasse, il y a énormément de choses qui se passent sur le territoire belge. Et en matière de digital, Bruxelles est bien plus active que Paris. Ce qui est triste et me choque toujours, c’est qu’un artiste comme Filip Sterckx, qui vient de Louvain, cartonne aux quatre coins du monde et soit inconnu du grand public dans son propre pays.»

Hop, réparation. Une grosse dizaine d’artistes belges et français enchaînent conférences, nocturnes, performances audiovisuelles et purement musicales dans pas moins de huit espaces dans le sous-sol du cinéma Galeries (là où un tram 81 était enterré autrefois, dans un petit musée souterrain méconnu de tous), dans une déco sous le thème de la «nature numérique»: l’ensemble des salles de projections, de concerts, d’exposition et les pièces dites «chill-out» ont été transformées en lieux naturels envahis par un monde numérique omniprésent. Dépaysement délicieusement garanti.

JULIE HUON

Les Garages Numériques, jusqu’au 3 juillet, du lundi au samedi de 10 à 19h, Galeries Cinéma, 26 Galerie de la Reine, 1000 Bruxelles. Entrée: 5 euros. Toutes les infos sur les DJ sets, les nocturnes, les conférences et les participants sur la page Facebook de l’événement, au 0471-38.50.15 ou à contact@galeries.be/

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