En France, des applications à la rescousse des automobilistes en quête d’essence

Face au spectre d’une pénurie d’essence, les Français se sont tournés massivement vers des sites et applications sur smartphone où les internautes signalent les stations-service en rupture de stock.

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“Indiquez-nous les carburants en rupture!”, demandait dès le 20 mai l’application française “Essence” à ses utilisateurs, qui avaient commencé à mettre d’eux-même des zéros à la place des prix du carburant dans les stations aux cuves vides.

L’application était montée en tête des téléchargements mercredi midi sur les smartphones Android, selon le classement Google Play, et sur les terminaux Apple, selon le site App Annie, alors que les blocages de dépôts de carburants perturbent depuis le début de la semaine l’approvisionnement de plusieurs régions.

D’autres applications gratuites ou payantes comme Zagaz, Mobicarbu, Gasoil Now, qui permettent de consulter des cartes de stations-service ou de se géolocaliser pour connaître la plus proche, étaient également téléchargées en masse.

Le site belge Carbeo, qui publie habituellement les chiffres fournis par les exploitants de stations-service et les compagnies pétrolières, a lui aussi proposé à ses utilisateurs de signaler les stations en pénurie. Depuis dimanche, l’audience du site a doublé en France, selon le porte-parole du site.

Outre ces applications, les automobilistes peuvent consulter le site du gouvernement “prix-carburants.gouv.fr”. Il n’indique pas directement les stations en rupture, mais si un carburant n’est plus disponible à la pompe d’une station, elle n’apparaît plus dans les résultats de recherche. Si un prix est affiché, il y a encore potentiellement du carburant dans la cuve.

A chaque changement de prix, les gestionnaires de stations-service sont tenus de mettre à jour ce site lancé par le gouvernement en 2006 pour comparer le prix des carburants à la pompe.

Compte tenu du contexte, le ministère de l’Economie réfléchirait à mettre en avant et rendre plus lisibles le statut des stations, approvisionnées ou en rupture, a indiqué une source proche du dossier.

Ce foisonnement d’informations sur les stations est un phénomène nouveau, qui n’avait pas été observé lors des dernières crises liées au carburant, estime le cofondateur de l’application “Essence”, Pierre Auclair.

“Lors de la précédente crise en 2010, il y avait assez peu de smartphones en circulation. Aujourd’hui les utilisateurs peuvent nous faire remonter des informations”, a-t-il expliqué à l’AFP.

En 2010, une impopulaire réforme des retraites avait provoqué un mouvement massif de manifestations et de grèves, générant d’importantes pénuries de carburant.

Ces derniers jours, l’équipe de l’application “Essence” a dû augmenter “considérablement” la bande passante du site pour faire face à l’afflux de visiteurs, selon Pierre Auclair. Fondée en 2008, l’application qui se finance par la publicité compte habituellement entre 350.000 et 500.000 utilisateurs réguliers mensuels.

La carte des stations en état de pénurie, issue des données fournies par les utilisateurs de l’application et publiée vendredi sur le site de l’application, est consultée chaque jour par 1,5 million d’internautes, selon son éditeur. Elle a également été reprise par de nombreux médias.

AFP

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