Si de nombreuses questions restent en suspens, le Parlement Européen vient d’adopter un texte qui prévoit la fin des frais d’itinérance -le fameux roaming – au sein des pays de l’Union Européenne. Un vote “historique” par les supporters du texte, qui devrait entrer en application d’ici la fin de l’année 2017.

Crédit photo : AFP
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Cheval de bataille de Neelie Kroes, la commissaire chargée de l’agenda numérique de l’Union Européenne, la disparition du roaming – ces frais d’itinérance qui gonflent artificiellement la facture des citoyens européens aussitôt qu’ils mettent le pied en dehors de leur pays – avait provoqué quelques tensions au sein du Parlement Européen. Au cours des derniers mois, le projet avait même pris du plomb dans l’aile. Sous la pression des lobbys, l’opposition était parvenue à reporter la suppression des frais d’itinérance à fin 2017, alors que ceux-ci étaient initialement censés disparaître avant la fin de l’année 2015. Un échec cuisant pour Neelie Kroes et toute son équipe, qui n’avaient pas pour autant abandonné leur bras de fer.

Aujourd’hui, vers midi, le Parlement Européen s’est finalement déclaré en faveur du texte, qui avait été remanié par ses auteurs pour satisfaire certains élus dubitatifs sur la question de la neutralité du web. Finalement, ce sont deux principes de base que le Parlement Européen a validé, en soutenant ouvertement la fin des frais d’itinérance et la neutralité des réseaux.

Dès le mois d’avril 2016, les 28 pays membres de l’Union Européenne devront donc se plier à la nouvelle loi qui interdira les opérateurs locaux à facturer des frais de roaming. Dans la pratique, un Belge en voyage en Espagne pourra passer des appels, envoyer des SMS et surfer sur le net sans devoir payer de frais supplémentaires. Une petite révolution pour le marché des télécoms, qui imposait jusqu’à présent des tarifs abusifs poussant les utilisateurs à couper leur smartphone une fois à l’étranger.

La suppression des frais d’itinérance devrait par ailleurs avoir un impact considérable sur le tourisme et l’économie locale. Avec un marché unique, Neelie Kroes espère enfin encourager les startups européennes à déployer leurs services et applications au sein des 28 pays de l’Union Européenne.

Notons tout de même que si la suppression des frais d’itinérance est désormais votée, plusieurs questions subsistent en ce qui concerne la gestion du réseau. Les opérateurs demandent en effet à l’Union Européen à pouvoir gérer “de manière raisonnable” le réseau lorsque celui-ci est saturé.