En attendant les véhicules autonomes, les voitures communicantes vont débarquer prochainement sur les routes américaines pour décongestionner le trafic et éviter des accidents: c’est l’objectif de l’administration Obama, qui veut promouvoir cette technologie centrée sur la sécurité.

En attendant les véhicules autonomes, les voitures communicantes vont débarquer prochainement sur les routes américaines pour décongestionner le trafic et éviter des accidents ©Dudarev Mikhail/shutterstock.com
En attendant les véhicules autonomes, les voitures communicantes vont débarquer prochainement sur les routes américaines pour décongestionner le trafic et éviter des accidents
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Le gouvernement américain veut accélérer l’examen réglementaire d’un texte imposant l’installation dans tous les véhicules neufs de la technologie V2V (vehicle-to-vehicle), qui permet aux automobiles d’échanger automatiquement des informations entre elles via des réseaux sans fil.

Cette proposition sera soumise à examen d’ici la fin de l’année, soit un an avant le calendrier prévu, a indiqué le secrétaire aux Transports Anthony Foxx en visite la semaine dernière dans la Silicon Valley.

“Nous allons dans l’ensemble réexaminer notre cadre règlementaire et nous assurer que nous allons accélérer et non pas ralentir la mise en place des technologies de sécurité”, a souligné le ministre.

Le principe du V2V est simple: grâce aux ondes radio à courte portée, les voitures qui en sont équipées échangent des informations sur la vitesse, la distance, la présence de véhicules ou d’obstacles.

– Prévention –

Les véhicules pourraient prendre en charge certains aspects de la conduite ou même accomplir des actions que le conducteur ne pourrait pas effectuer lui-même, par exemple estimer la situation au niveau d’un carrefour sans visibilité avant que le véhicule ne s’y engage, souligne un rapport de l’agence de sécurité routière NHTSA publié en août 2014.

Cette technologie, qui coûterait environ 350 dollars par véhicule selon les calculs de la NHTSA, offre aussi une assistance dans deux types de situations: quand un véhicule doit tourner à gauche (Left Turn Assist) et avant de s’engager sur un carrefour sans visibilité (Intersection Movement Assist).

Selon la NHTSA, ces deux systèmes pourraient éviter jusqu’à 592.000 accidents et sauver 1.083 vies par an car ils sont conçus pour éviter les collisions au niveau d’une intersection en avertissant le conducteur des comportements potentiellement à risque des autres usagers (feu rouge grillé à un carrefour ou dépassement par un véhicule qui se trouve dans l’angle mort).

“Nous pensons que cette technologie peut avoir un impact important dans la prévention des accidents et pour aider à produire un véhicule qui pourrait se conduire seul et avec moins de risque que si un humain était au volant”, assure Anthony Foxx.

Aucune règle n’impose ce type de dispositif actuellement aux Etats-Unis mais certains conducteurs ont commencé à prendre les devants. La Cadillac CTS 2017 du conducteur General Motors en sera équipée.

– Vie privée –

Le groupe qui représente les grands constructeurs étrangers présents aux Etats-Unis (Toyota, Nissan, Honda ou encore Ferrari) Global Automakers, a salué un coup d’accélérateur vers une “technologie sauvant des vies”.

Seul hic, pour fonctionner sur tous les véhicules quel que soit le constructeur, le V2V dépend des réseaux Wi-Fi utilisant une bande de fréquences qui se situent entre 5.85 GHz et 5.9 GHz.

Or d’autres systèmes comme ceux permettant de se garer en utilisant une caméra et des capteurs utilisent déjà la bande passante réservée à la V2V par la Federal Communications Commission (FCC).

Pour s’assurer qu’il n’y a pas d’interférence avec ces systèmes existants ou à venir le ministère des Transports promet d’en accélérer les tests. Les délais pour obtenir le feu vert vont passer de deux voire trois ans à un an.

Global Automakers indique pour sa part avoir noué un partenariat avec Denso International et Cisco Systems pour tester un système de partage de bande passante compatible avec la technologie V2V.

Si nombre des analystes reconnaissent que la V2V pourrait aider à vaincre les appréhensions sur la sécurité des voitures autonomes et en faciliter l’acceptation, ils sont tout autant à redouter les problèmes d’intrusion dans la vie privée qu’elle suscite.

Les autorités vont pouvoir “surveiller et contrôler quand et où vous voyagez”, fustige Randal O’Toole du Think Tank Cato Institute.

La NHTSA assure que la V2V sera dotée de couches de sécurité et d’une technologie de protection de la vie privée.

AFP