Présentée lors de la dernière conférence de Google, la Nexus 9 est la réponse du géant du Web à la tablette Windows de son éternel rival, Microsoft. Vendue avec un clavier détachable, la Nexus 9 semblait bien partie pour faire de l’ombre à la Surface 2. Dans la pratique pourtant, le constat est loin de faire pencher la balance en faveur de la tablette de Google…

La Nexus 9 dispose de l'un des plus beaux écrans qu'il nous ait été donné de voir - © E.F.
La Nexus 9 dispose de l’un des plus beaux écrans qu’il nous ait été donné de voir – © E.F.

On l’attendait de pied ferme, cette Nexus 9. Sur le papier, la nouvelle tablette de Google avait tout pour séduire : l’un des plus beaux écrans du marché, un processeur de nouvelle génération et surtout Android 5.0 sous le capot. Mais c’était sans compter sur le manque d’expérience de HTC dans le domaine, qui profite de la popularité de la gamme Nexus pour se relancer sur un segment qu’il ne maîtrise pas encore. Et de fait, plusieurs choix apparaissent pour le moins discutables.

Tout d’abord, est c’est sans doute le plus frustrant, si la Nexus 9 embarque l’un des processeurs les plus puissants du marché, le fameux Tegra K1 de Nvidia, on remarque dès les premières minutes d’utilisation que celui-ci a été très mal optimisé. Si l’interface et la plupart des apps tournent avec une fluidité extraordinaire, ce n’est pas le cas des dernières grosses productions vidéoludiques. L’aliasing est partout, les textures passent très mal à l’écran, et les graphismes manquent cruellement de détails. Difficile de dire si le problème vient de Nvidia ou HTC, mais à priori, la puce K1 n’était pas le choix le plus approprié pour contenter les gamers. Vu le prix de la Nexus 9, on est donc en droit de se poser quelques questions sur les choix de HTC, d’autant plus que l’autonomie de la machine se retrouve affectée par la puissance de son processeur. Alors que la dernière tablette de Sony et la Galaxy Tab S tiennent facilement plus de 10 heures avec une seule charge, la Nexus 9 passe péniblement le cap des 8 heures d’autonomie. Certes, c’est loin d’être catastrophique, mais pour un produit de la gamme Nexus, qui nous avait habitués à placer la barre très haut, on est visiblement très loin des objectifs fixés.

Fort heureusement pour HTC, la Nexus 9 se défend plutôt bien sur d’autres points. Notamment au niveau de son écran, de 8,9″, au format 4:3, capable d’afficher des images en très haute résolution (2048×1536), avec un très haut contraste et une haute luminosité. Véritable régal pour les yeux, l’écran de la Nexus 9 n’a rien à envier à celui du Galaxy Tab S ou de l’iPad Air 2. On notera par ailleurs que HTC en profite pour glisser deux haut-parleurs de haute qualité, capables de produire un son riche grâce au système Boomsound du fabricant. Cette caractéristique fait de la Nexus 9 la tablette idéale pour regarder des films dans le train et enchainer les pilotes de séries sur Netflix.

Côté design, le constat est également plutôt positif malgré la sobriété naturelle de la gamme Nexus. Le cerclage métallique qui entoure l’écran donne un design premium à la petite tablette de 8,9″, qui se manipule avec aisance. Sa coque en plastique reste très élégante elle aussi, même si elle a tendance à se griffer facilement et à se salir également, si vous optez pour le modèle blanc. Globalement, le constat reste donc positif. D’autant plus que la présence d’Android 5.0 Lollipop reste un sérieux argument de vente. La nouvelle version de l’OS de Google adopte le “flat design” si cher aux internautes et intègre quelques refontes au niveau du menu déroulant, la gestion du multicompte, l’amélioration du multitâche et de nouveaux menus, plus agréables à manipuler. Globalement, c’est surtout au niveau des visuels que l’OS évolue, se rapprochant un peu plus d’iOS…

On notera par ailleurs que le fameux clavier Bluetooth du fabricant, censé permettre à la petite tablette de se transformer en un véritable ordinateur portable est vendu séparément au prix de 129 euros, un tarif particulièrement élevé pour un accessoire qui aurait clairement dû être livré avec la machine. Etrangement, Google avait très clairement mis en avant cet accessoire lors de cette présentation. Aujourd’hui, le clavier en question reste difficile à trouver. Difficile donc de voir en cette tablette une réelle concurrente à la Surface 2 de Microsoft, qui souffrait d’ailleurs elle aussi d’un prix de vente trop élevé lors de son lancement mais pouvait néanmoins se reposer sur la suite bureautique Office et l’écosystème Windows pour convaincre les professionnels à la recherche d’une machine d’appoint. Loupant quelque peu le coche, la Nexus 9 reste une tablette grand public qui ne séduira ni les étudiants ni les geeks, mais trouvera une place de choix dans le coeur des gros consommateurs de films et de séries télévisées.

Si possible, évitez le modèle "blanc" - © E.F.
Si possible, évitez le modèle “blanc” – © E.F.

Conclusion

Bien qu’affichant de très belles caractéristiques techniques sur le papier, la Nexus 9 de Google peine à convaincre dans la pratique, la faute à un manque flagrant d’optimisation. Décevante au niveau de son autonomie et de l’aspect Gaming, la Nexus 9 séduit heureusement grâce à la qualité de son écran et de ses haut-parleurs, qui en fait l’une des meilleures machines actuellement disponibles pour regarder un film dans le train ou écouter de la musique dans sa chambre. Vu le prix de l’engin, on était sans doute en droit d’en attendre plus. Reste que, de manière générale, la Nexus 9 reste une bonne tablette pour le divertissement, qui loupe certes sa cible, mais qui devrait néanmoins satisfaire une vaste majorité d’utilisateurs.

3 Commentaires

  1. Euuuh c’est plutôt IOS qui se rapproche d’Android, d’un point de vue fonctionnel. Quant au “flat-design” c’est plutôt l’air du temps…

  2. Produit intéressant, et qui confirme la politique “commerciale” de google qui tend de plus en plus vers le modèle Apple:

    Proposer un produit premium (ici en terme de MaJ/experience utilisateur), à un prix “premium”.

    Ce n’est qu’un avis personnel, mais je la trouve “proportionnelle” par rapport à Apple: le prix est respectivement à la hauteur de la finition…

    A quand google en tout alu au prix d’Apple?

  3. Un CPU, ça se bride lorsqu’il faut économiser la batterie à tout prix. De même pour la luminosité de l’écran.
    Que ce soit sur android avec l’accès root et une appli comme SetCPU, ou sur windows en modifiant certaines clés registre pour activer plus de paramètres dans les options d’alimentation, une tablette (/un laptop) avec un gouverneur CPU correctement réglé peut tenir 30~60 min en plus.

    Une définition d’écran assez haute pour une tablette 9″, du “simple” fullHD n’aurait-il pas été suffisant? A force de faire la course aux chiffres pour allécher les nigauds, ils en oublient les problèmes que ça peut engendrer: Augmentation de l’utilisation du CPU/GPU, et donc, de la batterie.

    Quand à la comparaison avec la surface, il n’y a pour ainsi dire aucune tablette qui lui soit comparable, principalement au niveau de l’OS.
    iOS et android restent des OS mobiles (et le retrait de la tabletUI sur android en est un signe clair), tandis que windows, même en version RT, est un OS de bureau, auquel on a ajouté des fonctions tactiles.

    Par contre, je me demande quel est l’intérêt de créer un clavier bluetooth pour une tablette, il en existe déjà tellement… Un dock avec batterie/stockage intégré aurait été compréhensible, mais bluetooth… ?

Comments are closed.